Marisia - Maros Megyei Múzeum Évkönyve 10. (1980)
I. Arheologie
9 LA ROMANISATION EN DACIE 61 (-Bendis?), Apollon, Esculape, Silvain, Hercule, Liber et Libera, Terra Mater, les génies et beaucoup d’autres par la romanisation rapide et profonde des autochtones.20 Les demieres etudes, adoptant une attitude critique vis-á-vis du phénoméne de l’interprétation religieuse gréco-romaine, admettent en principe la fusion des divinités indigenes avec celles romaines, mais on souligne que ce processus de melange dans le domaine religieux est plus difficilement a démontrer avec des exemples certes21. En tout cas, des épreuves materielles péremptoires concernant la continuity des divinités ancestrales daciques sous la domination romaine n’existent pas pour le moment dans la province trajane. Ni les nécropoles rurales appartenant certainement aux Daces (Lechinia, Soporu, Obreja, Locusteni etc.) n’ont rien apporté dans ce probleme. Par contre, dans tous les cimetiéres cidessus nommés qui ont été systématiquement fouillés, les inscriptions et les monuments sculpturaux manquent et les inventaires funéraires (y compris la céramique) sont, dans leur plus grande partié, de facture romaine provinciáié. Cette situation de Dacie, évidemment différente de celle des régions occidentales de PEmpire (la Gaule, la Hispanie, la Bretagne, la Germanie etc.) pourrait étre expliquée par le fait que la population indigene ait adopté ces coutumes et ces cultes religieux romains qui correspondent mieux a ses croyances traditionnelles. Dans ce sens, on pourrait parier mérne d’une synthese religieuse daco-romaine dönt 1’explication est possible par la romanisation rapide. Le fait ne semble pas tellement surprenant, si Гоп tient compte qu’aprés la conquéte, les Romains ont systhématiquement détruit les sanctuaires des autochtones et ont supprimé les organisations religieuses locales en réduisant au silence la population soumise, en annulant toute possibilité ou tendance de manifestation ä caractére éthnique dacique. Plus tárd, quand les adversités entre les vainqueurs et les vaincus ont disparu et quand la population indigene a pu exprimer librement ses sentiments religieux, eile a utilisé les formes, les noms et les représentations figurées des divinités gréco-romaines22. Dans son ensemble, la culture matérielle de la province de Dacie est romaine par excellence, avec certaines nuances locales, imprimées par le cőté autochtone, surtout dans la céramique, dans le caractére des établissements ruraux, dans le Systeme funéraire. A cet égard, la romanisation de la province apparait dans toute sa plénitude. Mais la romanisation ne se réduit pas aux changements dans la culture matérielle, quelque radicaux qu’ils soient, car eile est en plus grande mesure une mutation linguistique, éthnique, de habitus spirituel, fajon de pensée et de vie. Il est admissible que les autochtones daces qui employaient la culture 20 A. V. Domaszewski, Die Religion des römischen Heeres, Trier, 1895, p. 54; idem, Abhandlungen zur römischen Religion, Leipzig, 1909, p. 134; J. Toutain, Les cultes pa'ienes dans Vempire romain. Les provinces latines, Paris, I, 1907, p. 262—270 et 319—-326; V. Párvan, Getica, p. 145—163; C. Daicoviciu, op. cit., p. 153—155. 21 N. Gostar, AHA, II, 1965, p. 237—254; M. Macrea, op. cit., p. 378—379; M. Bärbulescu, Dacia, N. S., XVI, 1972, p. 203—223; S. Sanie, ActaMN, XI, 1974, p. 111—113; A. Bodor, Dacia, N. S., VII, 1963, p. 211—239, idem, ANRW, Bd. II,., 1979. 22 C. Daicoviciu, op. cit., p. 155.