Sáfrán, Györgyi: Lettres de Romain Rolland a Marianne Czeke dans la Bibliotheque de l'Académie des Sciences de Hongrie (A MTAK kiadványai 48. Budapest, 1966)
79 — 2. Je ne suis décidement pas convaincu par vos explications, au sujet de Goethe. Thérése est tout de mérne, un trop grand esprit pour fairé payer á un génié qu'elle admire (elle se compare parfois á des héro'ines de Goethe) les contrariétés de sa susceptibilité personnelle froissée. Ce que vous dites de Széchenyi se tourne justement contre votre raissonnement; car Thérése en parle, á diverses reprises, comme d'un dieu. (Lettre a Franz v. Schober, 14 mai 1836: „d e n grössten aller un g ar is ch en M a n n e r ..." Elle parle, pendant une heure avec lui, ou l'entend parler: — „D a s Entzü ckenl I ch w ar mit berauscht! unv er gleichlich s ch ön w ar e s." — Et derniéres pages des M é moires : „O V aterland! Ein S t e ph a n Széchenyi als N ar r eingesperrt!..." etc. — Ce qui est justement remarquable chez Thérése) et je le note aussi bien dans ses Mé m o ir e s que dans son Journal, c'est qu'á plusieurs pages de distance, elle peut dire tout le mai et tout le bien de la mérne personne; Stackelberg, la mére, Joséphine mérne, peuvent paraítre tour á tour antipathiques et attrayants. (Et c'est la vérité mérne de la vie: ils sont les deux!) Le plus frappant peut-étre est son portrait de' cette Sidonie, sa belle-soeur, qu'elle déteste; et quand Sidonie s'assied au piano, „m an glaub t einen v erklart en Eng el zu h ör en; P o é s i e und G e n i e .... sprühenaus ihr en Aug en...— Non! Son intuition de coeur et de l'esprit ne lui eüt jamais permis de „bouder" longtemps Goethe, si elle l'avait vu. Et plus elle l'eüt „boudé", plus son instinct refoulé l'éut forcée ensuite á reparler de lui. — Je ne conclus pas. Je me réserve et j'attends — 3. J'ai lu (relu) trés attentivement la page consacrée á (aux) demandes en mariage par le báron C. P. (je ne suis pas sür de l'ortographe de son nom): — „Ich war kait geblieben, eine frühere Leidenschaft hat t e mein H er z verzehrt."... II m'est difficile et impossible d'admettre qu'il s'agisse de T oni! Quand on a voulu ruiner l'hypothése, trop légérement acceptée, de l'inclination pour Beethoven, on a eu beau jeu á lui opposer l'autre „L o u i s" (Migazzi); et on lui a aussi opposé T oni. Mais m'est avis qu'on a agi avec la mérne légéreté. En 1814 nous n'avons aucune raison de erőire que le Toni de 1805 occupe sa pensée. Et Migazzi pas encore. Que rien dans cette phrase n'autorise á sous entendre le nom de Beethoven, sóit! Mais on n'a pas le droit d'en rien déduire de plus. Les historiens sont trop pressés de conclure. Thérése n'a pas livré tous ses secrets. — 4. Avez-vous noté (pour vous en autoriser, comme d'un voeu testamentaire, dans votre édition du Journal) qu'en 1850 Thérése se proposait, avec sa niéce Blanca, de fairé des Extr ait s du Journal, sans doute pour les publier? (p. 128). Ailleurs (p. 126): „K ann ich noch etwas beitragen dur ch H inweisung auf Ansichten und Grundsatze in m e in e n Schriften, s o m a cht e s mi ch glücklich. W ink e w ir d man au ch dar in f ind en , und darum s chr ieb ich di e s e M e m o ir en u m zu nüt z e n ." La volonté bien nette de Thérése était qu'on ne mit pas ses éerits autobiographiques sous le boisseau.