Sáfrán, Györgyi: Lettres de Romain Rolland a Marianne Czeke dans la Bibliotheque de l'Académie des Sciences de Hongrie (A MTAK kiadványai 48. Budapest, 1966)

76 petit tyran, qui défend á sa soeur ainée de révondre aux lettres de Pesta­lozzi et de Mme Pestalozzi (je viens de lire celles-ci, si affectueuses, si simp­les, dans une copie du Pestalozzianum de Zürich)! — Et cette grandé Sotte (pardon!) de Thérése qui se soumet á cette injonction, aussi absurde qu'impolie! — Et ces perpétuelles legons de distinction aristoc­ratique, de noble maintien dans la vie! — Elle a bien le droit de parler! Quant a Thérése, je ne trouve pas du tout qu'elle exagére, en se trai­tant de „gemein" (et mérne d'autres noms plus sévéres). Oui, elle a aussi en elle beaucoup de traits de caractére ou de fagons, non-aristocra­tiques (au sens d'aristocratie de sálon), „communs", petit-bourgeois, ou populaires. Et cela se heurte en elle á la réelle aristocratie du coeur et de l'esprit, qui en a parfois la conscience orgueilleuse. — Je Ven aime mieux ainsi. Elle est plus vivante et plus riche. — Et nos grandes dames de l'aristocratie frangaise des fortes époques ne craignaient pas ce mélange d'énergique distinction et de familiarité un peu vulgaire avec les autres classes. Non, ne m'envoyez plus de journal á lire! Mon temps n'y suffit plus. Mais je vous serai infiniment reconnaissant, si vous voulez bien me signaler les passages qui vous frappent et les difficultés qui vous arrétent. Quant á mes letres, vous étes trop aimable de m'offrir de les fairé copier; mais c'est tout á fait inutile. Quand je voudrai écrire un article sur Thérése, il me faut revoir, avec des yeux neufs, toutes les notes que j'ai prises du journal. Mes lettres me géneraient pour l'impression d'en­semble. Mme de Szirmay s'est donné beaucoup de peine, en transcrivant pour­ci la Caractériologie. Je m'en excuse et la remercie infiniment. Je vais maintenant lire attentivement le volume de La Mara, qui m'a été confié (je l'ai déja lu jadis, mais j'avais besoin de prendre des notes); et je vous le retournerai. Pardon de cette longue lettre, et croyez-moi, je vous prie, votre trés amicalement dévoué Romáin Rolland Je regois, á l'instant, le volume de P app Viktor, que vous avez l'obligeance de me communiquer. Merci beaucoup! — Dommage que je ne puisse lire le hongrois! — Du moins je lirai les lettres de Beethoven. Mais la grandé révélation beethovenienne peut étre l'ouverture (que vous annoncez) des Archives E r d ő dy. Avec aucune femme Beetho­ven n'a dü étre aussi intimé. — Mais aura-t-on conservé tout? J'en doute.

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