Sáfrán, Györgyi: Lettres de Romain Rolland a Marianne Czeke dans la Bibliotheque de l'Académie des Sciences de Hongrie (A MTAK kiadványai 48. Budapest, 1966)

23 vik, de Thérése et surtout de Joséphine avec Beethoven. Ce n'est que peu á peu gráce aux documents découverts récemment ;l( i que l'on est en mesure d'y voir plus clair. Les premiers qui ont dépouillé les archives de la famille Teleki— Brunszvik á Pálfalva et Le Journal de Thérése, notamment André de Hevessy, 3 7 La Mara (Marié Lipsius) 3 8 et Marianne Czeke trouvérent effec­tivement des données relatives á ces relations. Marianne Czeke en fit part á Romáin Rolland qui voyait plus d'une de ses hypothéses psychologiques justifiées par les résultats des recherches. En 1804, aprés la mort du comte Deym, époux de Joséphine, les rap­ports de Beethoven et de la jeune veuve devinrent plus intimes. Cetté année lá — l'année de l'Appassionata — ils passérent l'été á des endroits assez proches l'un de l'autre. En hiver, les soeurs Brunszvik commencérent á s'inquiéter de cette intimité croissante. A cette époque Josepehine vit avec Caroline (Charlotte), plus tard Madame Teleki, qui ne manque pas de relater par lettre á sa soeur, que Beethoven vient tous les deux jours et passe des heures. avec Pepi (petit nom de Joséphine). Pepi „est la pre­miére á connaitre ses pensées les plus secrétes, la premiére á laquelle il joúe plusieurs magnifiques morceaux de l'opéra qu'il compose". II n'est pas difficile de deviner á qui Thérése qui adorait Joséphine avait pensé, en notant cette reflexion „Aprés les génies viennent immédiatement ceux qui savent reconnaitre leur prix". — Néanmoins les soeurs étaient d'accord pour décider que Joséphine dévait dire non. C'est ce qui arriva, s'il est permis d'en juger par le fait que le chant intitulé An die Hoffnung composé pour elle parut en septembre 1805 sans dédicace et qu'en automne de cette anné-la Joséphine est maiadé, mélancolique. Ainsi s'acheva la premiére phase de leurs relations. Lorsque en 1840 parait la biographie de Beethoven par Schindler qui identifie l'inspiratrice des lettres écrites á 1' „Immortelle Bien-aimée" avec Giulietta Guicciardi, Thérése note dans son Journal que les lettres étaient probablement adressées á Josephine que Beethoven aima „passionément". 3 9 Une autre notice nous dit qu' „ils étaient nés l'un pour l'autre", et ailleurs on lit cette phrase se prétant á deux interprétations différentes et qui de ce fait avait mérne provoqué une discussion entre Romáin Rolland et Marianne Czeke: „und lebten beide noch, hátten sie sich vereint". En effet le sens peut en étre que „s'ils vivaient encore ils se seraient unis" ou qu' „ils vivraient tous les deux s'ils s'étaient unis". De quelle maniére qu'on l'interpréte, il reste 3 6 Siegmund Kaznelson: Beethovens Ferne und Unsterbliche Geliebte. Zü­rich, 1954. 3 5 André de Hevesy: Petites amies de Beethoven. Paris, 1910. — Beethoven vie intimé. Paris, 1927. 3 5 La Mara (Marié Lipsius): Beethoven und die Brunsviks. Leipzig, 1920. 3 9 Romáin Rolland: Beethoven. („Les soeurs Brunsvik et leur cousine du »Clair de lune«, dans Beethoven.") Les grandes époques créatrices. De l'Héroique a l'Appassionata. Paris, 1928. pp. 313—370.

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