A Veszprém Megyei Múzeumok Közleményei 11. (Veszprém, 1972)

Poór Ferenc: A közigazgatási nyelv ügye Zala vármegyében a XVIII. század végén és a XIX. század elején

La langue de l'administration publique à la fin du XVIIP siècle et au commencement du XIX e dans le comitat de Zala La crise du feudalisme s'annonçait par des symptômes vi­goureux, et même en Hongrie il n'y avait d'autre solution que la transformation bourgeoise et — pour créer la con­dition de cette transformation — la conquête de l'indépen­dance du pays. A la fin du XVIII e siècle les partisans du mouvement nobilitaire n'estimaient pas que l'indépendance dût être conquise par la lutte, ils espéraient y parvenir par des réformes économiques et politiques. Mais ils accueilli­rent avec sympathie l'activité visant le développement, la renovation de la langue. La lutte menée pour les «droits civils» de la langue hon­groise connut un essor nouveau quand ce problême se trans­mettait sur le plan politique, à la suite du décret de Joseph 11 portant sur la langue administrative. Et l'usage de la langue hongroise dans l'administration arriva au centre d'intérêts lors des préparatifs de la dicte de 1790-91, quand les comitats libellaient les mandats impératifs pour leurs délégués. Depuis cette date, nous pouvons suivre l'évolution de ce mouvement, à partir des recherches dans les archives, dans le comitat de Zala. C'est ce comitat qui devint initiateur à la fin du XVIII e siècle et au début du XIX e . Dans le comitat de Zala, la langue administrative dans la grande majorité des documents écrits était le latin avant le décret portant sur l'usage de langues, et les délégués du co­mitat — tout comme les délégués des autres comitats — étaient pour la langue hongroise à la diète de 1790-91. La loi XVI de l'an 1790 apporta de la détente, mais celle-ci n'était que transitoire, puisque en répondant à l'action hos­tile des organes du gouvernement, les comitats organisèrent, par une vive correspondance, une contre-offensive en faveur de la langue nationale. Un des organisateurs de cette contre­offensive était le comitat de Zala. Depuis mai 1791, l'usage de la langue hongroise devint de plus en plus fréquent dans les documents, et les assemblées aussi s'occupaient de la question. Nous pouvons observer la vive lutte que le comi­tat mène, de concert avec les autres comitats, contre les or­ganes de la cour impériale et royale, au sujet des notes, ca­hiers et mémoires rédigés en hongrois et au sujet des répon­ses à donner à ces transmissions. Pendant que cette lutte allait son train, à l'intérieur du comitat on bénéficia de toute occasion pour favoriser l'évolution de la langue. Dans le comitat de Zala une des personnalités de ce mou­vement était János Spissich, alispán (sous-préfet), connu partout dans le pays pour sa conviction progressiste. Lors du procès d'Ignác Martinovics, il fut inculpé, lui aussi, mais son affaire fut jugé avec indulgence. En revanche, en 1797, après qu'il eut refusé d'appuyer la cause de l'insurrection de la noblesse, une enquête sévère fut ouverte, et après la destitution de Spissich et de ses compagnons d'armes prog­ressistes, l'usage de la langue hongroise fut relégué au second plan, et toute pensée, toute iniciative progressistes s'amuïrent pour quelque temps. A part quelques sporadiques iniciatives privées, la cause de la langue hongroise ne progresse plus, et nous pouvons constater le retour du latin dans l'administration de cette époque. Dans les documents de l'assemblée de 1802 nous retrouvons de nouveau des allusions à l'usage du hongrois, mais cette fois d'autres comitats sont les iniciateurs. Outre les nombreux documents en hongrois de l'administration de première instance, même à l'assemblée, réapparaissent des documents rédigés en hongrois. Un nouveau succès est la loi IV de l'an 1805, à la suite de laquelle le comitat de Zala ordonna, au mois de juin déjà, parmi les premiers dans le pays, l'usage obligatoire de la langue hongroise. Les comitats insistaient sur l'emploi du langage administratif uni, mais cette tendance ne s'affirmait qu'à la suite d'iniciatives privées. En 1806, le comitat de Zala décida d'élaborer un vocabulaire administratif et, de concert avec les autres comitats, en soumettant leurs vues les uns aux autres, en janvier 1807 l'assemblée approuva ce vocabulaire. Cette oeuvre est très importante, on en envoya les exemplaires partout dans le pays. Son effet était revigo­rant. Après ce succès, il fallait beaucoup de menues activités pour que l'usage de la langue nationale, et la langue hongroise elle-même développe. Auprès d'autres manifestations mineu­res, une belle épisode de ce mouvement est l'activité de la troupe de comédiens hongrois qui bénéficient de la protec­tion du comitat. Il est arrivé le moment que le hongrois devienne langue de l'État, mais cette revendication ne se réalisera pas dans l'époque examinée, mais seulement après beaucoup de lut­tes, à la suite de la loi II de l'an 1844. C'est l'activité du comitat de Zala que l'étude présente, mais une partie du territoire du département actuel de Veszp­rém a appartenu dans cette époque administrativement au comitat de Zala. Il nous incombe encore la tâche d'éclaicir, dans tous ses détails, la lutte menée pour la langue hongroise sur le territoire entier du département de Veszprém de nos jours. Ferenc Poor 432

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