Alba Regia. Annales Musei Stephani Regis. – Alba Regia. Az István Király Múzeum Évkönyve. 15. 1974 – Szent István Király Múzeum közleményei: C sorozat (1976)

Tanulmányok – Abhandlungen - Tóth E.: La survivance de la population romaine en Pannonie. XV, 1974. p. 107–120.

Après l'énumération des données prouvant la con­tinuité de la population, revenons à la détermination de la continuité pannonienne et examinons les dif­férents components. Le sujet de notre détermination: la population de la Pannonié au IV e siècle comporte déjà plusieures questions; cette population doit être déterminée. Etaient-ils «romains» parlant latin, où étaient-ils les descendants de la population primaire des temps romains, parlant celtique, illyrien? Quelle est la situation des Marcomans et des Carpes, les peuples d'Alatheus et de Saphrac ? Ces peuples formaient éga­lement partie de la population de la Pannonié au IV e siècle. Je présume que ces peuples établis seulement plus tard, à partir du III e siècle, ne romanisés que su­perficiellement oùpas du tout devaient se joindre les premiers aux «barbares» dévastant peut-être seule­ment une zone étroite du pays et fuyant ensemble avec eux, quittèrent la Pannonié. C'est en premier lieu à ces peuples-là que se réfère St. Jérôme en parlant des hostes Pannoniig 1 ). Une question plus essentielle est celle qui concerne la population originaire, pas établie en masses : il est nécessaire de préciser le degré de leur romanisation. Il faut déterminer la langue qu'ils parlaient : leur pro­pre langue ancestrale, où bien le latin. En ce qui me concerne, je considère avec un certain scepticisme l'hypothèse selon laquelle la langue de la population pannonienne au IV e siècle aurait été enco­re en premier lieu les idiomes de la population origi­naire( 62 ). Dans une Pannonié sous occupation mili­taire durant des siècles( 63 ), province d'où la milice fût recrutée et installée, avec leurs familles, dans une Pannonié garnie de peuples italiens et orientaux — une telle hypothèse nécessite des données à toute épreuve, car un examen théorétique de donne aucun support à cette possibilité. Au IV e siècle nous devons supposer au moins un bilinguisme — variant selon les territoires — : les idiomes locaux périssant et le latin; le latin et le grec, où d'autres langues orienta­les, car dans le cas contraire les rapports entre les différentes parties de la Pannonié auraient été impos­sibles. Nous pouvons aussi citer la différence entre la langue illyrienne et la langue celtique, mais les diffé­rents idiomes des différents tribus pouvaient aussi cau­ser de problèmes. Nous pouvons présumer que la lan­gue commune de la province était le latin, générale­ment répandu, y compris les Grecs et les Syriens en gar­nison où domiciliés à permanence. On ne pourrait pas nier théorétiquement que quelques communes plus clo­ses de la Pannonié intérieure auraient pu garder leur langue originaire, ni que les langues locales avaient pu influencer le latin de la Pannonié. Les analogies citées pour les langues subsistantes de la population autoch­tone — même provenant d'un proche voisinage — n'ont pas de signification. Pourquoi estimer comme preuve la donnée de St. Jérôme qui éventuellement pourrait être comprise de la manière à ce que dans les alentours du lieu de naissance de ce père d'Église (Strido, à la frontière de la Pannonié et de la Dalma­tie) on parlait encore au IV e siècle la langue de la population autochtone( 64 ). On pourrait considérer les données de St. Jérôme comme curiositées, plut que d'en déduire des généralisations valables pour la Dal­matie où même pour la Pannonié. De cette source on pourrait titer — avec bienveillance — tout au plus la conclusion suivante : il se peut qu'on ait parlé au IV e siècle la langue de la population autochtone en Dalma­tie et éventuellement aussi en Pannonié. En ce contexte les informations de Velleius Paterculus sont d'une grande importance, selon lesquelles on connaissait et (61) Hieronym. epist. 123, 16.: Innumirabiles et ferocis­simae nationes universas Gallias occuparunt. Quid­quid inter Alpes et Pyrenaeum est, quod Oceano et Bheno includitur, Quadus, Vandalus, Sarmata, Hala­ni, Heruli, Saxones, Burgundiones, Alemanni et о lugenda respublical hostes Pannonii vastarunt. (PL 22, 1057). (62) A. MÓCSY, Pannónia a késői császárkorban. (La Pannonié au temps de la haute empire.) Budapest, 1974, 199.; In., о. c, Pannónia and Upper Moesia, 358. (63) Le rôle de la milice dans la romanisation ne peut être nié, cependant i] faut mentionner les deux provinces les plus romanisées : Hispánia et la Gaule, dont le caractère était relativement démilitarisé sous l'empire. Il ne faut pas oublier pourtant, qu' après la conquête — causant un dépérissement considérable de la population — un grand nombre de soldats étaient stationnés dans toutes les deux provinces, même au début du I er siècle. (A. GARCIA Y BELLIDO, El «exercitus Hispanicus» desde Augusto a Vespasioano. Archivo Esp. de Arqueologia, XXXIV, 114; ID., Die Latinisierung Hispaniens. Aufstieg und Niedergang der römischen Welt. Berlin, 1:1, 462.) A la romanisation de la Gaule: F. VITTINGHOFF, Römische Kolonisation und Bürger­rechtspolitik. Abb.. d. geistes- und sozialwiss. Kl. 1951, Nr. 14, 1952, 64, 100. (64) Hieronymus écrit ce qui suit : Notandum quod pro lacunis LXX Çvrov transtulerunt, quod genus est potionis ex frugibus aquaeque confectum, et vulgo in Dalmatiae Pannoniaeque provinciis gentili barbaro­que sermone appellatur sabaium {in. Is. VII 19, PL 24, 260). A base du texte il est incertain si la remar­que prétentieuse concernant Çvrov — ce qui est en connection avec un mot de la population originaire, mais qui prit racine dans le latin —- peut prouver la survivance de la langue de la population originaire en sa totalité. Hieronymus écrit tout cela en connec­tion avec un breuvage ressamblant à la bière, qui — comme nous le savons par Ammien {Est autem sabaia eF hordeo vel frumento in liquorem conversis paupertinus in Illyrico potus, Amm. Marc. XXVI 8,2, éd. W. Seyfart, Bd. IV, 36) — était trés répandu en Pannonié, étant un brevage caractéristique pour la province et prenait ses origines d'avant la conquête romaine. Il est évident, que le nom du breuvage de la population originaire survécut, latinisé, jusqu'au IV e siècle où même après, ce qui pourtant ne signi­fie pas la survivance de la langue originaire, même pas dans les alentours de Strido, lieu de naissance d'Hieronymus. Il serait difficile à supposer que jus­tement sur le territoire de la formation d'une langue neolatiné — le dalmatien — la langue originaire d'avant la conquête romaine ait été parlée encore au IV e siècle par des groupes ethniques notables. D'ailleurs il n'y à aucune preuve concernant un rattachement direct de l'illyrien au slave. (I. 114

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