Alba Regia. Annales Musei Stephani Regis. – Alba Regia. Az István Király Múzeum Évkönyve. 4.-5. 1963-1964 – Szent István Király Múzeum közleményei: C sorozat (1965)

Tanulmányok – Abhandlungen - †Csemegi József: Fragment d’une frise romane provenant de Szabadegyháza. IV–V, 1963–64. p. 129–133. t. XXXV–XXXVI.

capitation de Saint-Jean-Baptiste au côté opposé, ou bien, ait-il seulement fixé le moment où l'on apporte la tête coupée dans un plat? Dans ce cas-ci la droite d'Hérodiade indique cette tête sanglante, tandis que de sa gauche elle désigne le roi prêtant le serment mortel. En effet, en­visageant les compositions différentes de l'art roman sur le festin d'Hérode, nous avons à constater que, pour la plupart, elles sont ré­duites à trois scènes: le festin-même; les danses de Salomé; et enfin la décapitation de Jean­Baptiste. Puisque la disposition en est presque toujours telle, nous ne pensons pas trop nous tromper en supposant une même disposition pour notre relief de Szabadegyháza. Reste à savoir: la frise, a-t-elle représentée aussi d'aut­res épisodes sur la vie de Jean Baptiste, ou non; et quel était le thème central de l'architecture supposée auquel se rattachaient les scènes dif­férentes — le festin d'Hérode, les danses de Salomé, ou la décapitation de Saint-Jean-Bap­tiste. On n'en sait rien. Pour ne pas nous perdre dans de vaines conjectures nous allons plutôt nous occuper de l'âge et de l'appartenance de cette oeuvre d'art. Au premier coup d'oeil on y reconnaît le sty­le des ateliers français. Les plis aux creux profonds et parfois superposés trahissent le ciseau d'un imagier du XII e siècle, ayant appris le métier dans le midi de la France, de plus près au Languedoc. En ce lieu la sculpture mo­numentale se développe très tôt — il faut satis­faire les exigences toujours grandissantes de l'Église. Ce fut à Toulouse, à Moissac, et à Ls­Daurade — trois centres principaux des tail­leurs de pierre du Languedoc — où se trouvèrent déjà à la fin du XI e siècle, c'est à dire au tour­nant du XI e et XII e , de grands ateliers, vastes chantiers en pleine activité. En considérant la multitude des oeuvres provenant de ces lieux — qui sont pour la plupart des chapitaux de cloitres mosatiques — on y trouve bien des traits montrant une sensible affinité avec notre relief. Mais ce qui nous saisit surtout l'attenti­on c'est justement le thème analogue à celui du relief de Szabadegyháza que l'on retrouve sur quelques-unes de ces oeuvres. Ainsi revoit­on les mêmes figures sur un des chapitaux du cloître du monastère de Moissac: le festin d'Hérode et la décapitation de Jean Baptiste': mais on en connait une variation encore plus ancienne: celle de La Daurade, provenant de la fin du XI e siècle.* Le chapiteau de Moissac présente l'histoire bien plus sobrement. Les danses de Salomé n'y sont point représentées, ni la décapitation — la tête de Saint-Jean-Bap­tiste est déjà posée sur la table. Le chapiteau 6 J. BAUM: op. cit.: Planche 146. 7 R. REY- La sculpture romane languedocienne — Toulouse­Paris, 1936. p. 140. de la Daurode montre Hérode et Hérodiade, at­tablés l'un à côté de l'autre, avec un courtisan chacun de leur côté libre, et devant eux la table dressée du festin. À la droite du couple royal — du côté latéral du chapiteau — c'est Salomé qui danse; à la gauche c'est la décapi­tation de Saint-Jean-Baptiste que l'on voit. Mais enfin un des chapitaux du cloître de Tou­louse (premier quart du XII e siècle) fait courir toute l'histoire sur la pierre, la tournant sur trois faces du chapiteau, partant de la gauche vers la droite. On y voit Hérode portant sa couronne, qui tâche à se rendre agréable à Salomé qui exécute une danse, puis on l'aper­çoit s'étant mis à la table splendidement char­gée entre Hérodiade et un courtisan, et juste­ment on apporte, dans un plat, la tête de Jean­Baptiste. La scène de la décapitation-même n'a lieu que sur la face du côté droit de la frise couvrant la corbeille du chapiteau.'' En rapprochant ces trois chapiteaux, c'-est surtout la facture de la table qui attire l'atten­tion. Avant tout, il est à constater que ce n'est pas la table mise qui domine les reliefs repré­sentant le festin d'Hérode; on la trouve habi­tuellement moins longue que la table des Cè­nes, et ne sert pour la plupart que pour trois ou quatre personnes. Aussi n'a-t-on pas tou­jours représenté Salomé devant la table, com­me on la voit sur la porte de bronze de l'église San Zenon à Vérone, 10 mais à côté de la table, aussi la tête de Jean-Baptiste dans le plat ne se trouve pas toujours déposée sur la table — par­fois on ne fait que l'apporter justement. A en juger sur les indices il n'est donc nullement vérifié que dans le cas du fragment de Szabad­egyháza la table se serait prolongée le long de toute la frise, et que nécessairement, elle évo­querait la table de la Cène. Mais voici un fait encore plus curieux, mar­quant l'âge et le style, trait caractéristique du relief de Szabadegyháza que l'on retrouve aussi chez les oeuvres analogues de Moissac et de la Daurade (PI. XXXVI, 2). Notamment, Г imagier du Moyen Age a disposé les plats et tous les ustensiles de table, non à leur place ordinaire, mais d'une perspective primitive il les a rangé en vue tantôt verticale, tantôt la­térale — au bord de la table. Par contre la cor­beille du chapiteau de Toulouse ne présente pas ces gaucheries, le maître semble être plus ex­pert en perspective: il dispose aussi les plats et le pain à leur place convenable. La concep­tion caractéristique mentionnée de la table couverte est un phénomène assez surprenant, et comporte du point de vue de notre problème SR.REY: op. cit., p. 159, et 127. 9 R. REY: op. cit., p. 206-7, Fig. 156-158. 10 H. DAFFNER: Salome. München. 1912 p. V. 131

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