Fitz Jenő (szerk.): The Celts in Central Europe - István Király Múzeum közelményei. A. sorozat 20. A Pannon konferenciák aktái 2. (Székesfehérvár, 1975)
M. Szabó: Sur la question du filigrane dans l'art des celtes orientaux
connut une grande prospérité à la fin du (3e siècle av. n. è. sous l’influence des ateliers de la Grèce septentrionale. Mais les objets de Szárazd— Regöly, comprenant tous les types de bijoux, doivent être beaucoup plus récents comme les montre l’histoire des perles segmentées, des perles à masque et des amulettes anthropomorphes. Comme les trésors forment un unité de point de vue de la fabrication, il faut accepter la datation fournie par les éléments les plus récents. Ce qui signifie que les pièces des trésors ne sont guère antérieures au 3e on plutôt au 2e siècle av. n. è. et qu’elles furent probablement enterrées, comme l’a déjà démontré A. Alföldi au 1er siècle av. n. è(62 63). Au point de vue stylistique, il est incontestable que ces pièces présentent surtout des compositions d’éléments d’origine balkanique et de motifs celtiques, d’une façon qui est d’ailleurs caractéristique des bijoux filigranés et granulés des mobiliers celtiques orientaux dont nous avons parlé ci-dessus(C3). Il faut donc les prendre pour les produits d’un atelier de l’époque de La Tène qui, à cause de ses caractéristiques géographiques et historiques, eut la possibilité d’assimiler tout ses éléments. Il faut remarquer cependant que nous arrivons dans le domaine de la spéculation historique, qu’on peut plutôt penser, comme aux territoires les plus possibles, au territoire balkanique des Scordisques ou bien, à cause de ses traditions du premier âge du fer, au Sud de la Transdanubie(64). ha localisation exacte reste une question ouverte; il est cependant clair (62) Und. (63) Voir les pièces citées sous les notes 30 — 34. (64) M. Szabó, o. c., EC, pp. 757 et suiv. (Avec un choix de la littérature.) J. Todorovic, Skordisci. Beograd, 1974. pp. 81 et suiv. —Sur la trouvaille de Curuq contenant les pièces filigranèes et granulées voir Ibid, pp. 17 et suiv., Pl, I —II. que les pièces viennent d’un atelier celtique d’influence illvrienne ou bien, d’un atelier de tradition illyrienne travaillant sous l’autorité celtique, ce qui rend en même temps possible d’expliquer par ce circuit de civilisation le rôle du pseudo-filigrane dans l’art de La Tène moyenne. Il y a intérêt à accorder de l’attention à certains objets celtiques en bronze à pseudo-filigrane (par exemple des fibule de type de Bölcske) qui sont les imitations beaucoup plus fidèles des objets d’orfèvrerie à spirale en filigrane thracoillyrienne que des perles à masques de Szárazd — Regöly. Nous pouvons peut-être compter avec des objets de vrai filigrane de l’époque de La Tène qui étaient même des imitations plus fidèles des objets en métal des Balkans que les trouvailles de Szárazd — Regöly(65 * *). Enfin, au point de vue de la perspective, citons A. Alföldi, qui formulait déjà l’idée que le style des pièces de Szárazd—Regöly avait influencé l’art des Germains. Le torque en or de Budapest fournit un nouvel argument à cette hypothèse: on peut rapprocher cet objet des perles filigranèes provenant des ensembles du Nord datés de la fin du 1er siècle av. n. è. Il faut donc se demander si la transmission du filigrane et de la granulation vers le Nord ne doit rien au milieu celto-illyrien des Balkans au cours des événements consécutifs à la migration des Cimbres(68). Budapest M. Szubó (65) Voir par exemple les pièces citées sous les notes 15— 16. Cf. encore de Montenegro: O. Veuimirovic-ZiZic, Starinar, XV — XVI, 1964 — 65, p. 199, fig. 40/f. (66) Cf. E. Nylén, JRGZM, XV, 1968, pp. 75 et suiv. et PL 28-29. - Il faut encore noter qu’ une décoration semblable en filigrane reste vivante sur les bijoux de Thrace et des environs de la Mer Noire même à l’époque romaine. Voir par exemple I). Dimitrov—A. Kxjsev, Archäologisches Museum Vania. Sofie, 1965, Pl. 53, p. 137. 155