Végvári Lajos: Szalay Lajos (Miskolc, 1990)

Résumé Durant 6 décades L. Szalay nous a versé en grand abondance ses des­sins. Son oeuvre est capable de nous transmettre l'héritage du vingtième siècle (d'un âge de l'humanité et de la société) dont les crises furent les plus inhumaines, les plus désespérées et en même temps les plus héroï­ques de l'histoire. Szalay peut déclarer à la base de ses expériences, avec le grand poète Hongrois Vörösmarty, „l'homme cause la douleur à la Terre, il est une boue démentée". L'oeuvre de Szalay est le mirage d'une humanité déformée, un cri désespéré jaissant de la misère et la passion. Pourtant il n'a pas souhaité ce rôle. Son rêve d'enfance fut un idylle buco­lique. Son sort le conduit dans la misère du prolétariat des banlieux, puis il subit les tragédies de la deuxième guerre mondiale, dont une partie dans l'armée. Lés horribles massacres, puis la situation hongroise d'après 1945 l'effrayait. Il avait préféré de choisir Paris, puis l'Argentine pour do­micile. Les changements politiques dans cet état et l'opinion artistique en rapport, de la Révolution d'Hongrie en 1956 le forçait de changer de pays. Il opta pour New York ou il aquérit la nationalité Américaine, mais il fut in­capable de s'acclimatiser complètement. Son caractère trop droit, son franc-parler et surtout l'incapacité d'être son propre „MANAGER" ne lui apportèrent ni le succès mérité pécunèrement, ni moralement. Picasso l'apprécia en plusieurs occasions, mais le commerce d'arts, jaloux de son profit, démentit toujours les déclarations du grand Espagnol. C'est une des causes de la nostalgie douloureuse et du complexe Picasso de L. Szalay. Il fait sur ce sujet l'aveux suivant: „Picasso matérialise le désir de l'éternel languissement hongrois, le désir de contempler le monde, la beauté, calme et classique - mais nous n'y sommes pas capables. Picasso le fut, le don du sang et tempérament latin lui permit de passer sur une corde tendue audessus des crimes les plus atroces du monde (c'est à dire le ta­chisme V. L.) . . . Nous avons pu grimper à traves cette corde, mais ja­mais en se tenant debout, les mains saignant pour atteindre le but. C'est pour cette joie, qui chez Picasso se manifeste avec la légèreté latine de la création, de l'érotisme méditerrain, que je l'envie. J'aurai bien voulu le su­ivre, mais je ne l'étais capable que dans quelques cas, en imitant son coté supercifiel . . . Picasso pouvait revivre la pureté concrète des Grecs, qui n'ont jamais dis la même chose ni deçà et ni delà." Szalay n'est pas l'homme de l'harmonie. Sa vision mondiale, rappelant l'enfer du Dante, ne jaillit pas uniquement du sort tragique du peuple hongrois, mait l'incapabilité de surmonter les atrocités de son âge. Il

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