Levéltári Közlemények, 59. (1988)
Levéltári Közlemények, 59. (1988) 1. - FORRÁSKÖZLÉS - Varga János–Miskolczy Ambrus: Egy prefekt halála / 111–112. o.
Egy prefekt halála 171 Sur proposition du commissaire Vay, le Gubernium se montre preţ â arréter le recrutement — ce que le premier ministre a déjá fait sans cela —• et donne son agrement â la mise en liberte provisoire et sous caution des détenus politiques, tout en se refusant â autoriser la tenue de l'assemblée nationale. Les participante de la réunion de Balázsfalva qui ont déja signale leur refus de reconnaítre l'union de la Hongrie et de la Transylvanie, déclarée malgré eux, ne se contentent pas de la prise de position du Gubernium. Maintenant tous les points de leur requéte precedente, ils font dépendre de la réalisation de ees derniers leur obéissance â l'ordre de dissolution émis par le Gubernium. De plus, ils ajoutent â leurs revendications la demande de sauf-conduits â ceux qui rentreraient chez eux apres la réunion et la garanţie de ne jamais devoir fournir de soldata â la Hongrie. Usant de son pouvoir personnel, Vay faite droit â la demande de sauf-conduits, tandis que le Gubernium, sous le conseil de Vay, autorise la tenue, dans un mois et demi, en un Heu et dans des conditions bien définis, d'une assemblée nationale roumaine, avec la participation de deux délégués par district eeclésiastique. Ceux de Balázsfalva acceptent les sauf-conduits, tout en refusant les conditions posées â la tenue de leur assemblée nationale, declarant qu'ils adresseront leurs revendications directernent a l'empereur. Leur nouvelle pétition, rédigée sous forme de protocole résumant leurs doléances et leurs exige nces est, â l'insu des autorités, soumise â Puchner, commandant en chef des armées de Transylvanie, acquis a la tactique temporisatrice. Dans ce texte, ils résilient par décision l'union sanctionnée â deux reprises par le souverain et — par une fausse interprétation de la déclaration de Ferdinand — ils instituent une garde nationale roumaine de Transylvanie ce qui est synonyme d'armement du peuple. Puchner recoit la députation avec compréhension, promet de soutenir les souhaits roumains et, non sans équivoque, recommande aux Roumains de suivre le conseil de ceux-memes qui les ont menés â Balázsfalva. Par la est scellée l'alliance definitive de la contre-révolution imperiale avec le mouvement national roumain. Les participante de la réunion de Balázsfalva, forts du sauf-conduit de Vay, se dispersent un peu partout en Transylvanie et se mettent â organiser militairement le peuple et á l'armer. Tout cela selon un plan débattu â Balázsfalva, mais resté inconnu des autorités: la Transylvanie est divisée en préfectures et subdivisée en unités territoriales plus petites; des préfets sönt placés â la tete des préfectures, ceux-ci ont les mains Ubres pour désigner leurs sous-chefs. Les préfets et leurs subordonnés tiennent des réunions de masse dans des lieux désignés pour un certain nombre de localités et font préter serment â ceux qui у viennent comme soldats de l'empereur soi-disant attaqué et défenseurs de la nation roumaine menacée. Ils exhortent ces derniers a l'organisation armée et â la désobéissance aux autorités legales hongroises. L'administration transylvanie est ainsi démantelée, puisque en province les préfets et leurs sous-chefs prennent le pouvoir avec le mot d'ordre de se préparer â l'autodéfense, alléguant que les Hongrois se proposent d'exterminer la nation roumaine. La nouvelle de ce dessein prétendument génoeide des Hongrois trouve d'autant plus de credit parmi les larges masses que le commissaire du gouvernement, László Berzenczey, outrepassant ses pouvoirs, convoque, sans Г agrement des autorités, une assemblée nationale sicule (székely ou szekler) â Agyagfalva (Lutita) pour le 16 octobre. Vay et le Gubernium eommencent par interdire cetté réunion, mais, devant l'impossibilité de faire respecter cet ordre sans le risque de perdre la principale alliée des forces révolutionnaires hongroises qu'est la nation sicule, ils finissent par l'autoriser sous certainea conditions. Mais les Roumains voient dans cetté autorisation le signe que les autorités emploient deux poids et deux mesures, selon qu'il s'agit de Hongrois ou de Roumains. C'était donc jeter de l'huile sur le feu. Les premieres atrocités ne se font pas attendre: les Roumains agressent les gentilhommieres, persécutent les fonctionnaires et emmenent de force a Balázsfalva les Hongrois «en pantalon». Or, la raison d'étre de la réunion de Agyagfalva s'est justifiée entre temps: on a su que Latour, le ministre imperial de la guerre avait, des avant la dissolution de l'assemblée nationale hongroise, donné ordre â Puchner de mettre fin au pouvoir du parti hongrois en Transylvanie. De quoi convaincre les autorités transylvaines de la nécessité de recourir â la politique de dissuasion, par pure autodéfense. Elles mettent donc en oeuvre les tribunaux d'exception institués précédemment ou en toute urgence, afin de statuer, en vertu d'un décret du 21 septembre de Batthyány, sur les meneurs et les insoumis. II est manifeste qu'aux yeux des autorités legales les chefs de file de l'organisation roumaine armée rentrent dans cetté categorie. Le tribun Vasile Pop est le premier a étre traduit devant la cour marţiale â Marosszék, le 12 octobre. Ne pouvant prononcer que ou l'acquittement ou la peine capitale, celle-ci l'envoie á la potence.