Levéltári Közlemények, 47. (1976)

Levéltári Közlemények, 47. (1976) 2. - FORRÁSKÖZLÉS - Chastain, James: Iratok Franciaország magyarországi politikájának történetéhez 1848-ban / 269–294. o.

288 James Chastain qui ne l'éloigné pas sans doute de celui de certaines réformes, mais qui la rapproche beaucoup, aujourd'hui surtout, de la noblesse, parce que ses intérêts matériels l'y obligent. Or, cette classe est aujourd'hui débordée : elle crie contre les Juifs, affranchis depuis 6 mois, qu'elle accuse, avec quelque raison, d'être les fauteurs de l'anarchie; contre les étudiants, qu'elle dénonce comme de jeunes brouillons, contre les avocats et les médecins qu'elle regarde comme des raisonneurs ou des matérialis­tes dangereux, enfin contre les littérateurs, journalistes, pamphlétaires et écrivains de toute sorte, qu'elle considère comme des meurt de faim à la solde de tous les partis. Comme il n'y a plus de Gouvernement à Vienne depuis le 13 Mars, c'est-à-dire, comme l'autorité, le pouvoir sont aux mains de l'Empereur, de la Constituante, du Ministère, des étudiants, de la garde nationale, et des ouvriers tout à la fois, l'ordre est à chaque instant menacé; la confiance et le crédit ont disparu, et avec eux, le travail et le numéraire. Cet état de choses grossit tous les jours le parti qui préférerait encore l'ancien système à celui qu'une minorité incontestable, mais hardie, a fondé depuis 7 mois. Telle est la situation dans la capitale de l'Empire. Du jour où elle sera sérieusement menacée de devenir une ville de province, ce qui ne sera peut-être pas long, ce jour-là, je crois que la révolution y courra de grands dangers, et que la réaction militaire ne s'y fera pas attendre. En effet, chaque séance de l'Assemblée nationale, qui y siège, est un nouveau témoignage de son impuissance. On sait que les Slaves y ont une majorité imposante, que la plupart d'entr'eux sont de véritables paysans, ignorant le premier mot de la langue qui s'y parle; qu'il n'y a pas un homme de talent; que le 1 er article de la constitution n'a jamais pu être voté, attendu que les allemands voulaient qu'il contînt: «l'union intime de l'Autriche avec Г Allemagne,» comme premier principe, tandis que les Slaves n'en veulent point; enfin que dans cette Diète, déclarée Constituante, le Ministre de la Justice est venu déclarer que les délibérations pourraient avoir force de lois sans la sanction de l'Empereur. Il importe encore de savoir que la centralisation administrative n'existe point en Autriche ; que tout son système administratif est concentré dans les mains d'une bureaucratie très réactionnaire, très influente, très nombreuse et entourée, aux yeux des populations, du même mystère que celui dont s'enveloppaient les prêtres d'Isis. Situation des Provinces L'État des esprits dans les provinces est agité sans doute, mais il est profondément dynastique; sauf en Gallicie et en Lombardié parmi la noblesse. On connaît celui de la Hongrie. En Bohême, il y a la grande race des Czechs, qui dépasse de plus du double la population de race Germanique; tandis que celle-ci ne compte environ que 2 millions d'âmes, y compris la Moravie et la Silésie; l'autre en a plus de 4 dans ces trois provinces. Les Czechs sont panslavistes, ils sont dévoues à Г Empereur et à sa famille, mais ils s'efforcent d'avoir un Gouvernement et une administration séparés. L'argent et les Bibles de la Russie font en Bohême, ainsi qu'en Gallicie, en Hongrie, en Transylvanie, dans la Bukovine, dans les principautés de Moldavie, Valachie et Servie, en Croatie, Esclavonie, Dalmatie, et Illyrie une propagande incessante et redoutable. Le célèbre Tatischeff est le fondateur de ces intrigues que le chancelier connaissait, sans avoir l'air de s'en inquiéter. Il a tracé, autour de la partie germanique de l'Autriche, un cercle de Popilius formé par le Panslavisme. Celui-ci s'étend aujourd'hui par le Balkan (sic), jusqu'à Athènes, où la crois grecque est, il est vrai, son seul auxiliaire, mais un auxiliarie puissant. Ressources de l'Autriche Les limites de ce travail ne nous permettent pas d'entrer dans tous les détails relatifs à la situation intérieure des Provinces. Il suffira de savoir qu'en masse elle fournissent une population de plus de 35 millions d'habitans, sur lesquels il y a environ 19 millions de slaves, 6 millions et demi d'allemands, 5 millions d'Italiens, 2 millions et demi de Roumains (ou Moldo-Valaques) ; le reste Armeniens, Juifs, ou étrangers naturalisés. Cette population donne une armée de 436 000 hommes, non compris la landwehr, ou la levée en masse, telle qu'elle se pratique en Hongrie (personalis insurrectio). En voici le détail: Infantrie 270 000 Cavalerie 48 000 Artillerie 23 000 Corps spéciaux 20 000 Employés militaires et frontières 75 000 total 436 000

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