Levéltári Közlemények, 46. (1975)

Levéltári Közlemények, 46. (1975) 1. - Kubinyi András: Királyi kancellária és udvari kápolna Magyarországon a XII. század közepén / 59–121. o.

120 Kubinyi András objective. Tandis que les personnes privées rédigent les diplômes en leur nom personnel, mais dans la plupart des cas, ils sont corroborés par le sceau du roi. Quand il s'agit des dispositions prises par des personnes privées, pendant le règne du roi István III, les diplômes sont délivrés déjà au nom du roi et non pas au nom de la personne privée. Sans compter le nom, figurant dans l'intitulation, — s'il y en a une — une part des diplômes indique les noms des personnes qui participaient à leur délivrance, c'est à dire le nom de celui qui y mettait le sceau et le nom de celui qui les écrivait. Le pre­mier est le cornes capellae ou le notaire du roi, l'autre est le scriptor ou scriba. Ce sont le comes capellae ou le notaire du roi qui sont chargés de sceller les diplômes, le scriptor ou scriba qui écrit les diplômes, est toujours le notaire. Leurs noms figurent dans le texte. Sous Géza II, c'est Barnabás, et sous István III, c'est Becen qui est chargé de la fonction du notaire, tandis que le comes capellae de Géza II se nomme Miklós. Le fils de Géza a trois personnes différentes qui se succèdent pour cette fonction. Il est évident que le cornes capellae est le chef qui ne peut être remplacé par le notaire qu'en son absence. En premier lieu, le notaire est chargé d'«écrire» au sens concret du mot. Mais comme l'écriture des diplômes est différente, déjà en 1930 Szentpétery prêta à l'expression «scribeie» le sens de «dictare». Malheureusement il manqua de comparer les rédactions. C'est l'étude présente qui entreprend de faire cette analyse. II y a lieu de remarquer que parmi les 16 diplômes authentiques de Géza II, ce sont 10, c'est à dire 62,5%, alors que parmi les 14 diplômes authentiques de István III ce sont 11, c'est à dire 79% tout rond qui indiquent le notaire. Sous István III on assiste à une augmentation de 40% à 64% de la proportion des diplômes scellés par le comes capellae. En faisant une dernière analyse de l'écriture des diplômes, on peut constater les faits suivants. Tous les diplômes écrits par le notaire Barnabás de Géza II montrent une ressemblence dans l'emploi des mots, bien qu'ils soient l'oeuvre des mains différentes. Mais ils diffèrent en style des autres diplômes du roi. Cette constatation s'applique de même au notaire Becen du roi István Ш. Pour ainsi dire, c'est le notaire qui rédige les diplômes. Dans le cas où son nom n'est pas mentionné dans le diplôme, il n'a aucun rapport avec lui. De toute évidence, ce diplôme était présenté pour sceller par Г «Empfänger». En outre, la différence qui se montre parmi les diplômes écrits par Becen, est produite toujours par le fait qu'ils remontent à l'époque des «cornes capellae» différents. Par conséquent, le chef de la chapelle royale a le droit d'intervenir dans le travail du notaire, et en plus de sceller. Il contrôle la délivrance des diplômes ou il donne des principes pour la rédaction. Il y a en petit nombre certaines expressions qui figurent également chez tous les deux notaires mais qui sont absentes dans les autres diplômes royaux de l'époque. Tout cela porte à supposer que dans les chancelleries une tradition commence peu à peu à se dégager. (On peut penser à un livre de for­mules.) Le plus caractéristique est que l'intitulation des diplômes, n'indiquant pas le nom du notaire, est presque sans exception pourvu du titre royal complet (avec les noms des provinces accessoires), comme il figure sur le sceau du roi. Les notaires, au contraire, se contentent du titre simple de «тех Hungáriáé» ou «Hungarorum» et de plus, quelquefois ils mettent le «rex» sans le nom du pays. La différence la plus importante entre Barnabás et Becen consiste dans le fait que le premier, notaire de Géza II, souligne le règne «iure hereditario» de son roi, tandis que ce dernier, notaire d'István III qui s'oppose à ses oncles dans la lutte pour le pouvoir, évite avec prudence cette expres­sion. Barnabás, au contraire, n'emploie jamais la formule „Dei gratia" auprès du nom de Géza II, quoi qu'elle figure sur le sceau du roi. Mais dans la plupart des cas, Becen l'emploie auprès du nom d'István III Ici il faut se référer à la constatation de M. Fritz Kern: «der Grundsatz der kirchenrecht­lichen Idoneität lehnt insbesondere das Geblütsrecht ab» et «So wenig wie das Dei Gratia angeerbt ist, so wenig ist es auch unverlierbar ... Gott also kann den Herrscher seine Gnade und damit die Herrschaft entziehen und wieder zuwenden.» Une autre différence se produit entre les deux notaires. Dans les diplômes, Barnabás renvoie régulièrement au conseil et au consentement des dignitaires du pays. De même, il préfère à l'indiquer par les expressions «consensu (ou assensu) totius regni». Parmi les 11 diplômes de Becen, il n'y a qu'un où une telle référence se trouve, mais non pas avec l'expression «totum regnum» employée par Barnabas. Pour pouvuir expliquer la cause de ces différences, il faut jeter un coup d'oeil sur l'état de la chapelle royale de cette époque. C'est l'archevêque d'Esztergom, titulaire de la juridiction canonique, supérieur à la maison royale, qui préside au clergé de la Cour, uni dans la chapelle royale. Ce clergé jouit du bénifice des chapitres associatifs royaux. (P. ex.: Barnabás devient chanoine de Székesfehér­vár puis prélat de Buda.) Ces chapitres qui ont pour supérieur l'archevêque d'Esztergom et non pas la juridiction de l'evêque diocésain, constituent la base du pouvoir royal. C'est le cornes capellae qui est en tête du clergé de la cour, suivant le roi, et étant donné que c'est lui qui garde le sceau il est responsable de la délivrance des diplômes. La rédaction des diplômes devient peu à peu le devoir d'un membre de la chapelle, qui reçoit le titre du notaire, et qui a le droit de remplacer son chef absent. Le brouillon, rédigé par le notaire ou déposé par les clients, corrigé par le notaire, est recopié

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