Levéltári Közlemények, 36. (1965)
Levéltári Közlemények, 36. (1965) 2. - Kumorovitz L. Bernát: A magyar közép- és nagycímer kialakulása / 209–234. o.
A magyar közép- és nagycímer kialakulása 233 LA FORMATION DES ARMOIRIES MOYENNES ET MAJEURES DE LA HONGRIE L. Bernát Knmorovitz Pendant près de 800 années, les armoiries mineures" (à fasces et double croix) étaient l'insigne de la souveraineté de la mère patrie, dont les rois hongrois s'efforçaient d'augmenter le territoire par leur politique de conquête. Les noms des provinces conquises ou rattachées au pays par des traités ont été inclus dans le titre des rois hongrois, et leurs armes s'intégrant progressivement, depuis le XV e siècle, aux armoiries mineures, finissaient par faire partie intégrante des armoiries majeures et moyennes. Même quand une partie considérable de ces territoires se fut déjà détachée ou séparée de. la Hongrie, pendant l'occupation turque, les Habsbourg, rois de Hongrie à partir du milieu du XVI e siècle, continuaient à souligner le maintien de leurs droits à ces territoires par l'inclusion des noms de ceux-ci dans le titre royal, et l'intégration de leurs armoiries dans les armoiries moyennes et majeures, en tant que titres et armoiries de prétention. . -'•'"' Ces armoiries réunies, devenues plus tard des armoiries de prétention, ont produit dans la pratique deux variantes d'armoiries moyennes et majeures, dont la première se caractérise par la disposition, autour d'un écu central, des armoiries des pays annexes et des provinces revendiquées, et la seconde par la réunion, sur un écu armoriai, de plusieurs écus superposés à partitions différentes. La première de -ces variantes apparaît au début du XV e siècle, et la seconde deux siècles plus tard. Dans la première partie de son étude, l'auteur examine comment, de ces deux modes de construction héraldique qui montraient, pendant longtemps, une évolution parallèle, le premier fut évincé par le second jusqu' au premier quart du XIX e siècle (parallèlement au développement toujours plus intense de la centralisation entreprise par les Habsbourg). La •disposition des écus des pays annexes autour d'un écu central devait être abandonnée non •seulement en raison de la petite surface du cachet, mais sans doute aussi parce qu'elle ne faisait pas suffisamment ressortir l'idée de la politique de centralisation et d'intégration suivie par la cour de Vienne. Or, après l'expulsion des Turcs, cette politique se manifestait avec toujours plus de force, à l'égard non seulement de la mère patrie hongroise et des' pays annexes, mais aussi de ses anciennes provinces féodales. Pour traduire cette nouvelle politique, on préférait adopter la seconde solution réunissant, par superposition, plusieurs petits écus tranchés et coupés de manières différentes. Mais ce lent processus de développement ayant abouti, au temps de Leopold II (1790— 1792) à la naissance des armoiries majeures et moyennes réunies, sur le sceau royal, en un écu armoriai régulier, comportait un danger réel. En mettant, en effet, les armoiries mineures symbolisant la Hongrie au même rang que les armoiries étrangères sans rapport avec elle, réunies désormais sur le même écu armoriai, on s'exposait à faire croire à la reconnaissance de droit d'une situation intenable, erreur que l'importance constitutionnelle des armoiries n'aurait fait qu'aggraver. Il s'agissait là, en fait, d'une formulation politique tendant à ravaler la Hongrie au rang des autres possessions des Habsbourg, tendance qui soulevait en Hongrie les protestations des ordres et des autorités supérieures (et particulièrement de la chancellerie bongroise). La seconde partie de l'étude décrit, comment la chancellerie hongroise luttant contre ces tendances avait défendu son point de vue en prenant argument des usages et lois anciens. Ces efforts qui l'opposaient en 1769 à Kaunitz, et en 1780 à Joseph II lui-même, ont abouti au rejet des armoiries réunies d'un accent impérial. La lutte s'accentuait encore au temps de la constitution de l'Empire d'Autriche (1806), quand il fallait empêcher la désintégration des armoiries hongroises et le mélange de ses éléments avec les armes impériales, destiné à traduire l'unité de la monarchie des Habsbourg. De cette nouvelle lutte ayant duré près de 50 années, le accords successifs de 1804, 1806, 1813, 1815 et 1836 marquaient les principaux étapes. Mais dans la phase préparatoire de la révolution bourgeoise de 1848, le nationalisme hongrois en éveil réclamait déjà des armoiries hongroises exprimant l'indépendance du pays. Celles-ci furent créées par l'article 31 de la loi 1848, qui supprimait tout élément des anciennes armoiries qui n'eut pas de rapports avec la Hongrie (tout en conservant les armoiries des pays annexes et les traditionnelles armoiries de prétention). Les ministères n'utilisaient désormais sur leurs -sceaux que les armoiries mineures; seul le ministère des Finances, dirigé par