Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

S CHNELLER DÓRA: La figure d'Antonin Artaud Á partir du spectacle Histoire vécue d'Artaud-Mómo de Philippe Clévenot

74 Schneller Dóra gauche, unanimité pour éviter de penser la Chose. Or la Chose, pour Artaud, est une conjuration occulte contre le réel physique, contre le principe mérne d'individuation. » 7 Philippe Clévenot a repris le discours abandonné d'Artaud. Sa visée était de faire entendre les textes qu'Artaud n'a pas lus au cours de sa séance au Théátre du Vieux-Colombier, et de transmettre le message qu'il aurait voulu apporter au public : « Antonin Artaud s'en alia done, seul, comme il était venu — laissant trois cahiers d 'écolier remplis d'une éeriture fine, éblouissante. Essay er d'imaginer cette longue soirée qui tourna court, sans vouloir faire revivre ce qui fut sans doute une tentative, un essai, une audace. « Ce petit téte d téte » comme il dit. Justement essayer de faire entendre sa voix qui ne fut pas entendue, ou mai ou par si peu de personnes. » 8. Philippe Clévenot ne cherche ni á rationaliser ni á dramatiser le texte d'Artaud. II conserve le plan de la séance, il garde le mouvement cassé du texte, la fagon d'Artaud d'écrire par accumulations et par reprises. Ainsi les histoires d'Artaud : l'histoire de son internement et les voyages dans ses vies antérieures se répétent et se parlent. Parmi les thémes centraux de VHistoire vécue d'Artaud-Mómo Philippe Clévenot met l'accent dans son montage de textes, comme le titre de son spectacle l'indique sur l'évocation de la vie d'Artaud et sur Invocation de sa biographie mythique. II choisit aussi des extraits concernant les invectives d'Artaud sur la société, et des extraits concernant le théme de la révolte et le théme du corps. En revanche de la réflexion d'Artaud sur la mort Clévenot ne garde que quelques allusions. Dans un interview il parle de la conférence d'Artaud et de son spectacle : « Faire du théátre avec Artaud, cela peut amener de nombreux malentendus. C'est d'ailleurs ce qu'il dit dans cette conférence ; toute sa vie a été un long malentendu : le projet de refaire cette conférence qu 'il a essayé de faire un jour en 191^1 est d'abord un projet de théátre. Le malentendu tient dans l'idée que l'on se fait de ce qu'il voulait faire comme théátre, ce qu'il pensait comme théátre. Quand il éerit sur le théátre, c'est un peu comme s'il avait un peu apergu la chose théátrale comme sa propre crucifixion. Malgré la mauvaise fois des témoignages, qui insistent tous sur le cőté délirant de la chose ou sur son impuissance á le mener bien, on se rend compte qu 'il a vraiment tenté une crucifixion ce jour-lá, la réussissant tout en ne la réussissant pas, parce que c'est impossible, tout simplement. Son théátre, c'était lui. D'ou l'intérét d'en témoigner de nouveau, mais pas sur le mode d' incarnation. II s'agit plutót d'un témoignage comme au tribunal ou Von appelle un témoin, Philippe Sollers, L' Affaire Artaud in le Monde, le 16 septembre 1994. g Propos de Philippe Clévenot publié en 1994 dans le dossier de presse du Théátre National de Strasbourg

Next

/
Oldalképek
Tartalom