Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

VARGA RÓBERT: Métissage et « maghrébinité ». Quelques problémes des écritures francophones d'aujourd'hui

Métissage et « maghrébinité ». Quelques problémes des écritures. 63 errants qui emergent ä la surface. « L'identité » se révéle étre également un probléme d' analyse textuelle : quoique le concept soit véhiculé avec autant de succés principalement dans l'interprétation de l'arriére-plan culturel au niveau de V énonciation, 1 1 les interrogations pourraient étre pertinentes également pour les modéles littéraires, et, en derniére instance pour les genres. 1 2 Langue(s), critique et canon A part les modéles et les genres littéraires, il reste une autre question trés complexe ä développer, notamment la problématique de la langue d'expression et du métissage linguistique. Dans le champ metis, choisir sa langue d'expression, c'est donner sa langue au chat : ce choix étant parfois un « tiers exclu » de la conscience linguistique entre adoption et refus, entre « francophonie » et « francophobie ». Avec Edouard Glissant, 13 nous pouvons affirmer l'établissement d'une Relation qui se constitue entre l'instance culturellement divisée et la langue et qui change avec les cadres sociaux et symboliques dans les quels elle s'effectue. Dans la littérature maghrébine d'expression frangaise, sans dresser ici un bilan historique, on peut également parier de paradigmes de la Relation. Si, dans les années de la décolonisation, le recours ä la langue francaise a signifié 1'« arme tournée contre l'oppresseur », les phénoménes migratoires et le « cosmopolitisme » littéraire contemporain permettent de percevoir l'émergence francophone sous un angle différent. Par le choix de la langue, les conditions de la réception du texte changent également. Le lecteur, d'un cőté, en guise d'interprétation, est invité ä déchiffrer les éventuelles nuances pragmatiques sur l'arriére-plan culturel, alors que, de l'autre cöté, il dóit répondre ä une « provocation » de son horizon d'attente, 1 4 car la problématique de la langue d'expression concerne aussi celle du canon et de la critique. Certes, une théorie littéraire francophone, congue comme fonction­nelle i r° par rapport ä la littérature francaise, est loin d'etre aussi élastique pour étre automatiquement adaptable aux « périphéries ». A ce moment-lä, la critique aurait une táche nécessairement négative, dans la mesure ou elle 1 1 « Process of enunciation of culture », cf. H. K. Bhabha, Cultural Diversity and Cultural Differences, in : ASCHROFF, Bill—GRIFFITHS, Gareth—TIFFIN, Helen, The post­colonial Studies Reader , Routledge, London, 1995. 12 Moura (1999), op. cit., p. 148 et Beniamino, op. cit., p. 207. 13 Nous le citons ici comme auteur de la Poétique de la Relation. 1 4 Nous pensons ä la notion devenue classique de H. R. Jauss. 15 R. Jouanny et de M. Tétu, cités par Beniamino, op. cit., pp. 83—91.

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