Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

MÁTÉTELKI HOLLÓ MAGDOLNA: Les figures de l'argot criminel

174 Mátételki Holló Magdolna Pour ces deux derniéres catégories il faut signaler qu'il y a des differences entre les synonymes, puisque chacun correspond ä une spécialité particuliére de ces métiers, on y trouve mérne une certaine hiér archie [komme, mac, mec, costaud) pour le grand souteneur ; Julot est un emploi péjoratif et ironique de Jules pour le petit souteneur, par analogie ä l'expression petit Julot casse-croüte, petit voyou qui ne cherche que sa subsistance quotidienne, l'amant d'une prostituée occasionnelle qui se fait nourrir par eile ; le passeur est celui qui recrute les prostituées ; la taupe est la prostituée qui est la maitresse du proxénéte, Vamazoné est celle qui ne travaille qu'en voiture, mais la marcheuse et la bitumeuse racolent sur la voie publique, comme la chandelle (analogie de la forme et de l'idée de « station debout » pour la « grue »), la gagneuse est une fille d'un bon rapport du point de vue du proxénéte, qui « gagne » gros, tandis que Voccasionnelle ne lui assure pas un revenu permanent, la call-girl est « en haut de l'échelle » : une donneuse de luxe qu'on peut appeler par téléphone, la professionnelle est une prostituée expérimentée d'un certain áge : une vieille poule. Une autre métaphore apparente la grosse prostituée disgracieuse au boudin, terme ét ant ä la croisée de deux images : la viande, mais aussi le cheval, le bourrin. J'ajoute ä cette liste des locutions verbales connues construites ä l'aide d'une métonymie pour « racoler » : faire le trottoir, faire le bitume, bitumer. Le domaine de la prison fournit également un trés grand nombre de séries métaphoriques. Pour l'emprisonnement on remarquera que le theme de l'enfermement est hé aux petites dimensions. Pour la cellule nous avons le placard, la cage, le írem, le violon, la ratiere, Vours. Ajoutons le composé périphrastique péjoratif, le tas de pierre, évoquant ä la fois une idée d'étouffement et du heu tellement fortifié qu'il est infranchissable. Cet enfermement est aussi hé ä l'idée de la température basse de la cellule et ä la maladie qui donne heu ä une série métaphorique de verbes : descendre á Vombre, aller au frais, aller au frigó (dont une Variante diatopique : aller au chaud a Marseille) ; étre contaminé, étre malade, étre fatigué, étre á l'hőpital, étre á la clinique, se faire mal ou se raquer eher (avoir du mal ä supporter la détention). Pour rester dans le domaine de la prison, on signalera que les détenus ont inventé des dénominations métaphoriques pour le surveillant : le maton et le gaffe (venant des verbes faire gaffe, mater, c'est-ä-dire surveiller) ; le rondier et le porté-elé parce qu'il fait sa ronde avec son énorme trousseau de clés ; le chat dont l'appellation est l'aboutissement d'une série de jeux de mots : le chat, petit mammifére ä poil doux, mais aux griffes acérées, s'appelle en argot un greffier — déformation de « griffes » —, et comme le gar dien travaille parfois au greife, on l'a baptisé chat, de plus il est posté á la ratiére. . . ; le crabe : allusion ä sa fagon de se déplacer en crabe dans son

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