Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

MAJOROSSY IMRE GÁBOR: Les chansons d'amour de Guiraut Riquier - á qui ?

122 Nagyné Schmelczer Erika deviennent signes dans un sens voisin de eelui que lui préte Saussure — dit Parris — signes sans majuscule, grace auxquels l'artiste recrée le monde ». Le grand dilemme de Ramuz est done en rapport avec la peinture : comment concilier la volonte d'etre peintre et le souci de raconter une histoire, le goüt des choses, la description, d'une part, et la narration d'une suite d'événements, d'autre part. La nécessité de la coherence, d'une unité ä assurer aux mondes créés, devient la grandé préoccupation de l'artiste. II s'agit de déterminer, y compris au point de vue de l'unité stylistique, la place de la perception des choses, c'est-ä-dire de la description dans le discours narratif. « Ne chercher l'unité que dans le ton qu'on pourrait définir d peu prés : le sentiment général. Si le ton est parfaitement soutenu, l'unité y sera par la mérne — sinon non ». (153) Ramuz est convaincu que son style dépend de la « maniére de voir et de sentir les choses » (153) et la citation suivante montre que, dans sa recherche d'un style personnel, il accorde la primauté á la description : « La description qui est de mots , la narration qui est du verbe ; le style plus vite acquis dans la description. » (145) Les peintres lui apprennent done ä voir les choses. « Ne pas regarder, mais voir. » (148) — dit-il dans une maxime en 1908. Ramuz préte ä l'instance narrative deux regards : celui du peintre qui appréhende le monde par les sens, et celui de l'écrivain qui parle des siens : d'humbles montagnards, de vignerons, de servants, de tout cet univers paysan auquel il raméne sa généalogie. 7 Dans ses romans, il met en scene une communauté confrontée ä quelque événement qui bouleverse sa vie. L'homme simple au regard naif ou superstitieux essaie de déchiffrer les signes du monde des apparences. Les romans sont fortement focalisés, d'oú le recours ä un langage marqué par l'oralité, mais aussi un emploi du temps qui rompt la continuité. Nous avons déja vu dans quelle mesure celle-ci s'avére problématique pour le peintre. Ramuz appelle ses romans des « tableaux », ce qui n'a d'ailleurs rien de trés original, tout en dénotant chez lui un souci de se définir par rapport ä la peinture. Dans la période de sa maturité, Ramuz retrouvera l'équihbre entre le deseriptif et le narratif, la description et la continuité diégétique, en particulier dans des oeuvres telles que Derborence, Si le soleil ne revenait pas ou La grandé peur dans la montagne. En ce qui concerne le langage, nous savons le poids qu'a fait peser sur lui sa fidélité ä son peuple. 8 En réalité, il n'utilise qu'un nombre réduit A ses yeux, les influences de son milieu familial et de son education bourgeoise n'étant pas déterminantes, il a designé sa place dans la lignée des ancétres paysans. II fut accusé par la critique frangaise de mai éerire. Contre ces attaques dont celle d'Auguste Bailly, il dresse un long argumentaire dans une lettre éerite ä Grasset, a son

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