Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

SZILÁGYI ILDIKÓ: L'influence de la langue orale sur les vers libres de Jules Laforgue

L'influence de la langue orale sur les vers libres de Jules Laforgue 111 II nous par ait certain que les différents types de déréglement métrique relevés plus haut sont conscients, ils sont introduits « exprés », comme l'a remarqué Mallarmé (Crise de vers) : « Autre chose ou simplement le contraire, se décéle une mutinerie, exprés, 2 1 en la vacance du vieux moule fatigué, quand Jules Laforgue, pour le début, nous initia au charme certain du vers faux. >> 2 2 Le mélange des types de vers de différentes longueurs est déja utilisé au XVIP siécle, par La Fontaine ou Moliére, par exemple, pour créer im effet de langage parié (vers mélés). Dans les Dernier s vers, Laforgue combine volontiers des vers dont la différence n'est que d'une syllabe (9/10, 11/12, 12/13, etc.), ce qui était ä éviter — selon le principe de l'écart type (J.-M. Gouvard) ou la régle de la Discrimination (B. de Cornulier) — pour assurer la perception de l'alternance métrique. 2 3 On peut de nouveau se référer ä la chanson populaire ou pareils effets de brouillage sont fréquents. Leurs vers ne sont pas ressentis pour autant que boiteux parce que la musique équilibre les inégalités en nombre syllabique. 2 4 « La rime en ces derniers temps s'est rénovée ; elle s'adresse d'abord ä l'oreille [. . .], elle s'affaiblit mérne volontiers en assonances [. . .]. C'est un retour trés heureux ä la poésie orale. » 2 5 Rémy de Gourmont, aprés avoir traité la question du vers libre dans son Esthétique de la langue frangaise (1899), consacre un chapitre entier au « vers populaire ». II le caractérise comme « le pays de la licence, de toutes les licences >>. 2 6 La remise en cause de la rime classique commence par le non-respect du principe d'homographie des consonnes finales. Les régles qui interdisent de faire rimer une terminaison masculine et féminine (ténor :: encore, 2 1 DV, III, v. Un autre exemple : « Marié, je tuerais la bouche / De ma mie ! et ä deux genoux. . . » (XII, v. 26—28). Laforgue imite la langue parlée lorsqu'il insére la consonne [z] pour éviter l'hiatus (pataqués) : On tira z'a la courte paille (XLIII. v. 9). 21 C'est nous qui soulignons. 12 Mallarmé, S. 1985. CEuvres. Gamier, Paris, Crise de vers, 272. 2 3 Les quatrains (abab) de la piece XI ( Sur une ddfunte) comptent 7, 8, 9 ou 10 syllabes (v. 38-41. 9/7/9/8, v. 42-45. 10/8/9/9, v. 52-55. 8/9/8/9). 2 4 André Spire voit dans « le nombre inégal mais voisin de syllabes » l'un des traits caractéristiques de la chanson populaire. (Les autres critéres sont selon lui : « refrain avec répétition identique, analogue, ou antithétique, agrafages mnémotechniques ».) In : Spire, A. 1986. Plaisir poétique et plaisir musculaire. Librairie Jósé Corti, Paris, 130, note 68. 25 Gourmont, Rémy de, 1899. Esthétique de la langue frangaise. Société du Mercure de France, 222. 2 6 Ibid., 266. 27 Plusieurs conventions existent pour désigner les rimes. On adopte celle utilisée

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