Budapest, 1945. (1. évfolyam)

2. szám - VARGA GÉZA ERNŐNÉ: A Dunahidak jelentősége a főváros életében

BUDAPEST REVUE HISTORIQUE ET SOCIALE ILLUSTRÉE PUB LIÉE PAR LA VILLE DE BUDAPEST LA FONDATION DE LA VILLE DE PEST Ce n'est que tout récemment qu'on a enfin éelairci les problemes concernant la fondation de la ville de Pest. C'est le plus antique chroniqueur hongrois, le notaire anonyme du roi Bela qui ra­eonte le premier que la prince Taksony avait fait don d'un fort nőmmé Pest (castrum quod dicitur Pest) aux notables bulgares Billa et Boksu venus en Hongrie, du cóté de la Volga, peu apres les Hon­grois. Les Hongrois ont trouvé ainsi une forteresse dans le pays, fondée déja avant leur conquete, entourée cependant, quant ä sa fondation et déja vers la fin du XIе siecle. des pénombres de l'histoire. Les fouilles archéologiques, commen­cées en 1932 sur le territoire de la Cité de Pest, ont mis au jour, ä la place de l'ancien couvent démoli des Piaristes, le mur septentrional d'un camp romáin (castrum) avec une tour, faisant saillie, en forme de fer ä cheval. En 1944, on a encore déterré une tour d'angle du mérne camp en forme d'éventail. Tous ces résultats nouveaux ont corrigé une ancienne erreur : la tour découverte en 1897, lors de la construction du pont Elisabeth, est également d'origine ro­maine et non pas un bastion de forteresse médiéval. En partant done de ces don­nées, les reclierches et les observations archéologiques les plus séveres ont réussi ä reconstrnire l'étendue exaete d'un fort romáin existant ä cet endroit, non pas d'une forme carrée réguliere, mais plutőt en forme de trapeze. On a mérne pu fixer son age, grace aux découvertes s\ip­plémentaires, ä savoir les monuments romains taillés en pierre et plus anciens, utilisés ä la construction des murs. Les briques romaines estampillées de mérne que les médailles mises au jour ont grandement contribué ä préciser l'époque de la construction et ä repérer les troupes militaires oecupées de cette construction. Au début du IIе siecle apres I. Ch., les Bomains ont construit un camp a l'endroit ou était situé Pestium, ville du peuple jazygue installé ä cette époque entre le Danube et la Tisza. On re­construit ce mérne camp au cours du IIIе siecle. A l'époque des grandes guerres sarmates. un empereur d'origine pannoné, Dioclét ien (285—304) fait construire un camp nouveau ä cet endroit précis et fortifie si puissamment ce seeteur de la ligne du Danube que mérne les ehroni­queurs, ses contemporains, en font men­tion dans leurs ouvrages. Un chroniqueur nőmmé Idatius d'une époque' romaine assez tardive raconte que, dans l'année 294, on a construit de grands camps romains sur la rive gauche du Danube, en territoire déja barbare, en face d'Aquincum et de Bononia. L'empire romáin en décadence voulait se fortifier de cette sorté afin que, passant sur ter­ritoire barbare, il pöt mieux résister a l'ennr mi. Ce fort, au bord du Danube moven, dévait défendre 1'Empire au nord, comme une base militaire de la rive gauche. II a gardé son importance jusqu' ä la chute de 1'Empire. Les puissants murs du fort, d'une épaisseur de 3 m 40 cm, ont survécu ä tous les orages de la migration des peuples. Les Hongrois 1'ont re<ju intact et c'est ce camp qui a servi de base ä une ville hongroise, a Pest. Cette ville a hérité son nom mérne, celui de l'antique ville des Jazygues, sauvé de l'oubli pour la postérité par le géographe Ptolémée (»Pestion«) Nous avons transformé en musée, aprés l'avoir cintrée au sous-sol, une tour de ce fort romain et c'est lä que nons gardons maintenant bien des mo­numents précieux, surtout ceux en pierre, de l'époque romaine. Lajos Nagy L'ARCHITECTUBE DE BUDAPEST AU PASSÉ ET A L'AVENIR La conception selon laquelle il fallait imiter les styles architecturaux du passé et que l'attachement aux styles anciens faisait partié du bon ton n'a pu surgir qu'au XIXе siecle. Schopenhauer qui influenzáit d'une maniere si décisive la mentalité de son époque, a déclaré ouvertement qu'il était impossible de créer un style nouveau et Henszelman a proclamé les mémes idées et principes chez nous. Limitation »seule sanetifiante« des styles architecturaux historiques est devenue un dogme esthétique plus ou moins exclusif et nous devons con­stater qu'elle tente encore nombre de nos architectes. Tout le monde, certes, ne pensait pas ainsi. Lorsque les canons autrichiens de Hentzi avaient détruit l'ancienne Redoute, l'une des plus belles oeuvres de Michael Pollack, située au bord du Danube, Frédéric Feszi, ne se souciant guere de l'oeuvre du maítre mort peu avant, a fait rebátir l'édifice conformément ä sa volonté et ä l'atmos­phere de son époque, de sorté que rien n'y est resté des formes et des motifs de Pollack. Yoilä une legon salutaire pour nous qui nous trouvons aujourd'hui devant la täche grandiose de la reconstruc­tion de Budapest. »Ce n'est pas ä la restauration de la quatrieme Bude que nous devons viser, mais ä la création de la cinquieme Bude«. Nous devons construire d'une part notre ville pour les besoins de notre vie, et de l'autre, si nous la construisons, c'est nous-memes que nous devons exprimer, tout comme nos aieux l'avaient fait ä leur époque, dans le passé. Et nous ne savons que trop bien que notre vie, notre goüt, notre esprit qui s'y trouve exprimé sont absolument diflerents de ceux du passé. Nons devons у ajouter encore ceci : la dialectique hégélienne fondée sur la pensée humaine est valable aussi dans ce domaine et tandis que jusqu'au début du XIXе siecle on estimait peu ou point 1'architecture du passé, le XIXе siecle a piacé au-dessus de tout ce mérne passé jusqu* ä se reniant soi-méme dans le cidte tout extérieur des monuments anciens. Quant ä nous, hommes du XXе siecle, nous nons plaqons ä un troisieme point de vue. Quelques exemples suffiront pour éclairer notre position. Les in­struments modernes de la guerre ont déterré des murs épais de bien des maisons anciennes dans le quartier du Chateau un bon nombre d'éléments artistiques origin aux aussi intéressants que précieux dont jusqu' ici nous ne savions rien, car dans les reconstructions antérieures on les avait emmurés et aveuglés. A la nouvelle reconstruction, nous vondrions sauver »in statu« ces pierres aux formes nobles et appartenant au style ogival, ou bien, faute d'une meilleure solution, nons voudrions leur réserver un emplacement secondaire. Nous voudrions les utiliser d'une maniere bien visible, car nous estimons sincere­ment leur beauté et leur valeur multiple, beaucoup plus que le XIXе siecle avec son culte des styles tout extérieur qui, par exemple, ä l'Eglise de la Cité, avait fait placer une construction faussement gothique devant la série de niches pure­ment gothiques restées intactes ä travers les siecles. Mais ce n'est pas seulement ä l'égard des formes séculaires, taillées dans une matiere noble, que nous dé­sirons représenter cette conception qui est la notre. Tandisque, ä son époque, Frédéric Feszi n'avait rien laissé de la facade facilement reconstruisible de la Redoute de Pest, nous voulons sauver, au contraire, la faqade de ce mérne Feszi puisque nous la considérons comme une partié intégrante et pittoresque de la vue de notre ville et que nous estimons en eile, bien qu'elle ne nous touche plus guere, la volonté artisticpie qui s'y manifeste. Cependant, au delä de notre point de vue qui estime les choses anciennes pourvu qu'elles aient de la valeur, par­tout ou l'état des ruines nons offre une entiére liberté (par exemple au palais Ilaas, place Vörösmarty) ou bien par­tout oü, sur des terrains libres, nous pouvons construire ä neuf, nous con­struirons uniquement en servant la vie de nos jours avec une sincérité complete. Nous espérons que la catastrophe qui s'était abattue sur notre ville, a du éteindre en nous tous — constructeurs et autorités — la nostalgie du siecle passé concernant les styles dits his­toriques. Virgile Borbíró FRAGMENTS DES MÉMOIRES D'UN РОЕТЕ Dans ces lignes, je recueille quelques souvenirs de la visite de Paul Valéry ä Budapest et de nos rencontres ä Paris et ä Geneve. Iis ne sont que des fragments, quelques pieces d'une mosai'que, mais il se peut qu'ils intéresseront ceux qui connais­sent les oeuvres de Valéry ou qi l'ont connu. Au mois de juin 1936, le Comité des Lettres et des Arts de la Commission Internationale de Coopération Intellec­tuelle (appartenant ä la Société des Nati­ons) a organisé un Entretien ä Budapest, sous la présidence de Paul Valéry, avec la participation de Duhamel, Huizinga, Thomas Mann, Piaget, Paul Teleki et de plusieurs autres savants, écrivains et artistes éminents. Le sujet de l'Entretien était le rőle de l'humanisme dans notre époque. Valéry est arrivé ä midi ä Budapest et le méme soir il a donné une conférence dans la grandé salle de l'Académie de Musique devant un auditoire distingué, mais peu enthousiasmé. La voix de Valéry est faible, un peu rauque, ses paroles assez difficiles ä comprendre et les haut-par­leurs de la salle ne fonctionnent pas bien. Valéry ne vise ä aucun succes oratoire ; il me semblait que lapplaudissement. éclatant ä la fin de la conférence s adres­sait plutót au poete célébre qu'a la con­férence. Dans la chambre d'artistes, des centaines de personnes viennent pour demander sa signature : Valéry éerit son 79

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