Budapest, 1945. (1. évfolyam)

2. szám - VARGA GÉZA ERNŐNÉ: A Dunahidak jelentősége a főváros életében

tenue d'académicien. II a évidemment reconnu sa faute car il a suivi l'invitation inimédiatement. L'été de 1938 et 1939, de nouveau avec Valéry ä Geneve. Pendant les séances de la Coopération Intellectuelle, Valéry commence ä dessiner sur des bouts de papier, d'abord des points et des lignes, puis des bateaux et des pay­sages et quelquefois mérne des nus. И avait l'habitude d'appeler ces dessins : »des travaux de commission.« line fois, ensemble avec G. de Reynold, il a dessiné tout un petit tableau dont la signature est d'un style presque biblique : »Rey­nold qui fit la Terre et Valéry les Cieux.« * Encore ä Geneve, au cours de nos diners, Valéry me parlait souvent de ses souvenirs de Budapest. En 1936, par exemple, il s'était acheté, rue Váci, une paire de souliers magnifiques, les meilleurs qu'il ait jamais portés. Dans le mérne magasin, il avait vu le portrait en pied de Goering qui у avait acheté avant lui au moins deux douzaines de chaussures extraordinaires. — Voilä, m'a dit Valéry, mes relations avec les grands d'Alle­magne, relations pédestres et non pas cérébrales . . . * Au printemps de 1940, l'Académie des Sciences Hongroises ayant élu Valéry parmi ses membres correspondants, le poete m'a écrit la lettre suivante du sanatorium de Rueil : Cher ami, I'ai appris par le Figaro la nouvelle tres inattendue de raon élection ä l'Aca­démie Hongroise des Sciences. Votre lettre avec celle de l'Archiduc sont venues con­firiner hier ce télegramme du journal. Je pense que vous n'étes pas étranger ä cette distinction si flatteuse qui m'est attribuée et qui me montre que l'on m'a conservé ä Budapest la Sympathie que l'on m'a montrée pendant mon séjour. J'en garde le souvenir le plus eher. Je parle souvent de ce charmant séjour avec Duhamel. Pourrais-je jamais me replonger dans l'eau vivante des piscines du Gellért? Hélas, je suis pour le moment un vieux malade. La grippe, cet hiver, m'a durement traité et me voici, depuis 6 semaines, dans cette clinique, essayant sans grand succes jusqu'ici, de retrouver mes forces physiques et spirituelles. Je suis d'une faiblesse qui me rend le mouve­ment et le travail tres pénibles. »... Je vous serre les mains. . .« Béla Kerékjártó RECONSTRUCTION ET URBANISME A propos de la reconstruction de la Ville de Budapest, nous devons nous appliquer tout d'abord a l'achevement des restaurations les plus urgentes. Notre seconde täche, moins impor­tante, cependant pleine de responsabilité, est de dresser un nouveau plan d'urba­uisme, en part ant des destructions récentes et en songeant a Involution future. En d'autres termes, on devra décider ce qu'on va reconstruire et en quel endroit pour éliminer les fautes du passé et pour assurer une saine évolution. II faut placer tous les détails dans une grande per­spective d'ensemble pour qu'on puisse bien apprécier la signification de chaque probléme spécial. Budapest est situé au centre d'un terrain économique plus ou moins homogene, ä 1'endroit le plus important de la vallée du Danube, au point de contact précis del'Orient et de l'Occident et e'est cette situation géographique qui est la base de son évolution rapide. En dehors de sa situation centrale et de sa condensation commerciale et in­dustrielle, Budapest peut encore s'en­orgueillir de ses beaux sites et de ses bains thermaux. Par conséquent, le nouvel urbanisme devra songer, avant tout, ä la solution d'ensemble de la question des bains thermaux de mérne qu'aux décors architecturaux des sites les plus caractéristiques de la Ville. Tout cela d'ailleurs ne sera que le cadre d'un programme aussi large que moderne con­cernant la colonisation et la construction des appartements. Károly Szimély PROMENADE D'AUTOMN E AU MONT DE LA LIBERTÉ (Dessins de Gyula Hincz) L'ancien nom de ce mont — Mont Souabe — vient, parait-il, d'une dé­finition topographique erronée; on dit qu'en 1686, au moment de la délivrance de Bude, les troupes souabes faisant partie des armées chrétiennes assiégeantes auraient installé leurs camps précisément sur cette colline. Pendant des siecles, ce mont avait servi de terrain de chasse aux notables de Bude, puis il est devenu le vignoble des bourgeois de la mérne ville. Mais, vignoble ou terrain de chasse, il se trans­formait en champ de bataille toutes les fois qu'autour des murs du chäteau­fort de Bude on entendait sonner les trompettes de guerre. Des temps les plus reculés jusqu' ä nos jours, il a été la ceinture de siege extérieure de la capitale. Nous trouvons les traces de son role stratégique dans l'antiquité, au moyen äge, ä l'époque turque, dans la guerre pour la liberté, et mérne dans les parodies militaires des nazis et des Croix-fléchées. C'est au cours de l'automne dernier que la police politique des Croix-fléchées s'était installée sur le mont ayant été mise au service de la Gestapo allemande. Plus encore, les gars de la Gestapo, a l'air effrayant, aux traits mauvais, s'étaient également établis la-haut, dans les hotels et villas évacués. C'est lä qu'ils ont entrainé leurs victimes ; le bruit incessant des autós en marche pleines d'hommes et de trésors volés ne pouvait pas assourdir les eris d'thorreur des tortures ni les hurlements des noceurs nazis dont l'avidité et la goin­frerie ne connaissait plus de bornes. Le 5 juillet 1945, le bourgmestre de la capitale de Budapest a voulu décider ainsi par son arrété 222/397'1945—XI : »Le plateau sis au XIIе arrondissement de la ville de Budapest et conmi jusqu' ici sous le nom de Mont Souabe, en souvenir des luttes victorieuses pour­suivies en 1945 pour la liberté hongroise, sera appelé désormais le Mont de la Liberté.« Sándor Lestyán LA DESTRUCTION DE BUDE ET DE PEST PENDANT LES SIÉGES DU PASSÉ Les époques de l'histoire de Bude sout marquées par les pierres liminaires des sieges. Pendant les cent cinquante ans, apres la catastrophe de Mohács, de la conquéte ottomane, les armées chré­tiennes avaient assiégé au moins sept fois le cháteau-fort de Bude sans avoir pu occuper autre chose que Pest, mais seulement a titre provisoire. En 1686, avec les forces réunies de l'Europe, on a enfin réussi ä reprendre Bude toute entiere des paiens passablement affaiblis. Cependant ce siege a détruit le magnifique palais gothique de nos rois médiévaux de mérne que les splendides ornements renaissance du bon roi Mathias. Des gravures franqaises, hollandaises, alle­mandes et italiennes témoignent éga­lement de la vue désolante de la ville en ruine. La ville reconstruite a grandi en beauté, puis la guerre pour la liberté en 1848/49 l'a exposée ä une nouvelle épreuve. A l'approche des armées autrichiennes, plus nombreuses que les nötres, le gouvernement hongrois leur a remis toute la ville pour en éviter la destruction. Mais lorsque, pour finir leur campagne victorieuse, les honvéds hongrois ont vonlu reprendre Bude, le commandant autrichien s'est décidé ä son tour de défendre la ville jusqu'an bout. Görgey, le commandant eu chef hongrois, a bien voulu tenir sa promesse, tandis que Hentzi, pendant plusieurs jours, a fait jeter sur la ville malheureuse des bombes destructrices et incendiaires. Ainsi ont péri le Quai du Danube avec ses palais classicisants, puis la Redoute et les magnifiques édifices de la Ville dite intérieure. Une série de belles composi­tions représentent des palais en ruines, puis les incendies et mérne l'ultime assaut qui a enfin terminé les souffrances de la ville jumelle. Les plus lumineuses de toutes ces oeuvres sont les vues de Frédéric Feszi qui a construit dix ans plus tard la nouvelle Redoute, ce pur chef-d'oeuvre du romanticisme hongrois. D'autres compositions en conleurs mont­rent plutőt le goüt du public sans pouvoir trop prétendre ä une exactitude topo­graphique. Pendant les cent ans qui suivent, Budapest se transforme en grande métropole. De nouveau eile est détruite par suite d'une résistance stupide, avec ses palais magnifiques, avec ses ponts d'une architecture parfaite. L'histoire de ces sieges et les vues qui les accompagnent nous rappellent les belles paroles du grand monographe de la Ville : »Le destin a manifesté par des coups extraordinaires les faveurs de la nature et la vitalité de la nation«. Lajos Vayer LES PREMIERS PAS DE BUDAPEST VERS UNE POLITIQUE SOCIALE Apres les années 1870, Budapest aussi voit se former la classe prolétarienne urbaine issue du capitalisme en plein déve­loppement en mérne temps qu'elle voit surgir des problemes dans la vie sociale de sa population. Les problemes sociaux des ouvriers sont accueillis d'abord avec indifférence dont la raison est simple­ment l'absence de mentalité sociale. Ce n'est qu'en 1902 que Mór Gelléri, le champion ä cette époque de la question ouvriere, fait les premieres initiatives dans la politique sociale moderne. Le résultat de ces initiatives est la création du comité de secours ouvrier, mais qui, pendant quatre ans, n'aboutit a aucun travail sérieux. La question so­ciale ne se maintient que gräce aux interpellations aux assemblées générales de la ville. Malgré la misere croissante des ouvriers et malgré les réclamations permanentes, les premieres réforines de politique sociale ont toutes les peines du monde ä naitre. En 1910, sous la pression du bourgmestre István Bárczy, 81

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