Sources du passé de Budapest 1686-1950 - Budapest Főváros Levéltára forráskiadványai 5.(Budapest, 1971-1973)
culièrement apparent : les montants des dépenses et des rentrées du budget municipal approchaient du quart des postes identiques du budget de l'Etat, voire même dans certains domaines — comme ceux des prévisions sociales et culturelles — ils se situaient à peu près au même niveau. La fortune de la capitale se montait à plus de 1,2 milliard de pengoes (environ 300 millions de dollars). Dans les travaux publics, les entreprises de transport dans son réseau de banques communal, dans les institutions et les bureaux administratifs, dans les établissements scolaires et le réseau d'éducation nationale, la ville employait plus de 30 000 travailleurs, les membres de famille y compris plus de 100 000 habitants de Budapest étaient en rapport étroit avec la capitale. Le rôle de la capitale n'était pas de moindre importance sur le plan de la vie culturelle et de l'instruction publique. Les trois musées de Budapest, sa bibliothèque centrale — avec son vaste réseau de succursales — et ses archives ne le cédaient en rien aux institutions pareilles d'autres métropoles européennes. La capitale affecta des sommes importantes à l'assistance prêtée aux artistes, à l'achat d'oeuvres d'art, à l'organisation d'expositions et de concerts. Elles subventionnait régulièrement les théâtres de prose et les opéras qui furent, pour la plupart, bien déficitaires. Le personnel enseignant des écoles municipales a fait 15 pour-cent de l'effectif national et la capitale entretenait 30 pour-cent du total des écoles secondaires. La majeure partie des institutions et des actions sociales de la capitale remonte aux années d'avant la première guerre mondiale ou aux périodes de la guerre. Le nombre des nécessiteux s'accrut par la suite des crises économiques et des difficultés de production, il était besoin de dispositions sociales de plus grande envergure que jamais. En 1932, au point le plus bas de la crise économique qui s'était déclenchée en 1929, c'est le groupe Gömbös constituant l'aile d'extrême droite des classes dominantes qui parvint au pouvoir. En vue de supprimer le mécontentement des masses et de stabiliser le pouvoir de l'extrême droite, il s'amorça une démagogie extrémiste. Au cours de l'échange de personnes s'opérant dans le mécanisme du pouvoir, ce furent les éléments de l'extrême droite fascistes, ou sympathisant avec le fascisme, qui parvinrent dans les postes importants. La tendance droitière se manifesta aussi dans l'administration municipale : ce dont témoigna la suppression du parti communal spécial du Gouvernement, le Parti Bourgeois Communal, tandis que dans le Parti Communal Chrétien ce fut l'extrême droite qui passa au premier plan. Afin d'exclure la possibilité de l'opposition aux aspirations du gouvernement, on a continué à limiter en 1934 l'autonomie de la capitale et à accroître le rôle de l'Etat joué dans le contrôle et l'autorisation. Aux élections de l'année 1935, l'opposition de gauche fut encore reléguée à l'arrière-plan, ce qui reflétait que la propagande chauviniste, nationaliste, cléricale et antisémite des quinze ans écoulés et la lutte menée contre les organisations et les idées de la gauche n'avait pas manqué son effet sur la population. La classe dominante réussit à se tirer de la crise économique en poussant la politique vers la droite et en organisant des débouchés italiens, allemands et autrichiens. C'est dans ces années-là que les classes dominantes rattachèrent le sort du pays aux puissances fascistes agressives de l'Europe : à l'Italie de Mussolini et au Troisième « Reich » d'Hitler. Les partis nazis champignonnant dans le pays se conduisaient de manière de plus en plus agressive dans les rues de Budapest.