Imre Jakabffy (szerk.): Ars Decorativa 5. (Budapest, 1977)

BATÁRI, Ferenc: Art Nouveau 1900. Présentation des objets d'art acquis a l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris

Les pièces les plus remarquables de la collection achetés à l'Exposition Univer­selle sont dues à des maîtres français. A cette époque de la Monarchie Austro-Hon­groise, d'orientation nettement germani­que, cette tentative de Radisics de donner une orientation française aux arts décora­tifs hongrois peut être considérée en tant qu'une tendance politique positive. C'est dans l'art français que Radisics a trouvé l'expression, sous la forme la plus évoluée, du principe selon lequel ,,l'évolution n'est saine que dans le cas où elle prend ses racines dans l'esprit de la nation en ques­tion".' En choisissant la collection à acqué­rir, il avait soin d'acheter des objets qui soient ,,destinés à un but précis" 8 et qui, de point de vue technique et artistique, apportent quelque chose de nouveau. Un de ses non moindres soucis était que l'exécution de l'objet atteigne la perfection, car ses expériences lui avaient montré que dans ce domaine les artistes décorateurs hongrois n'ont pas tous atteint le niveau demandé. C'est partant de ces considéra­tions que les objets japonais exposés, géné­ralement remarqués pour leur finesse, ont été achetés. Prenons comme base de nos examens l'appartenance des objets à tel ou tel genre et nous verrons que parmi les acquisitions les meubles et les objets relevant de l'or­fèvrerie représentent le plus grand nom­bre. Ces achats, unilatéraux en apparence, s'expliquent par les tendances antérieures d'enrichir les collections et non en dernier lieu par les acquisitions faites en 1898, à l'exposition „Art moderne" 9 où les collec­tions du Musée s'étaient complétée d'un nombre considérable d'objets en textile, verre, porcelaine etc. Dans le matériel acquis à Paris, les plus remarquables sont les meubles. Deux d'entre eux ont encore des attaches très fortes avec les traditions. Le buffet acheté à la Cabinet Makers Co (No 7) est fait en chêne massif. Ses dimensions, ses lourdes, pesantes proportions évoquent l'esprit de l'art médiéval du meuble en Angleterre, et les ferrures de sa partie inférieure le mettent encore davantage en relief. Il y a du nouveau aussi, notamment, la lampe montée sur les quatre piliers d'angle où le jeu de lumière, haut en couleurs, des ampoules électriques allège un peu le ca­ractère austère du meuble. Dans le fau­teuil de l'architecte parisien Th. Lamberth, les détails remontent à des formes empire, mais les proportions particulières et les conturs de son dossier incurvé s'écartent déjà de l'esprit classicisant. Parmi les ob­jets en métal on trouve également de pareils objets de transition. La table de toilette, avec la chaise y appartenant (No 64), de la firme parisienne Plumet et Seimersheim, est un travail de premier plan. Ce meuble est dénué de pres­que tout ornement, son effet artistique est produit par les formes de caractère neuf mais adaptées à sa fonction, par les élé­ments structurels d'une tracée décorative, par le chaud éclat du bois et par la parfaite finition du travail, qui forment une unité close. Les ferrures sur les tiroirs de la table de toilette, ainsi que la tenture brodée du siège sont un travail de haut niveau mais dans l'effet d'ensemble elles ne jouent qu'un rôle secondaire. Ces deux meubles ont remporté un sérieux succès parmi les contemporains, aussi n'est-il pas dû au hasard que plusieurs musées des arts dé­coratifs en ont fait acquisition pour leurs collections. 10 Notre Musée a en outre acheté des oeuvres de Colonna, de De Feure et Gail­lard, dessinateurs-projeteurs de la firme „Art Nouveau" du parisien Samuel Bing, firme qui a fourni le nom le plus générale­178

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