Imre Jakabffy (szerk.): Ars Decorativa 5. (Budapest, 1977)
BATÁRI, Ferenc: Art Nouveau 1900. Présentation des objets d'art acquis a l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris
teindre était assigné de présenter à leurs expositions des objets de haut niveau qui puissent servir de modèle et d'étalon pour les artistes et qui, en même temps puissent former le goût du grand public. C'est en 1857, à Londres que le premier musée des arts décoratifs du monde fut fondé, l'actuel Victoria and Albert Museum. En 1864 lui succéda à Vienne un établissement de même genre, l'Osterreichisches Museum für Kunst und Industrie. Le Musée des Arts Décoratifs de Budapest fut fondé en 1872. Ses nouveaux statuts, adoptés en 1878, lui attribuent la tâche de former des artistes décorateurs et de développer le goût du public. En 1896 la direction du Musée fut confiée à Jenő Radisics (1856—1917). Radisics était tout particulièrement préoccupé des arts décoratifs hongrois des temps modernes auxquels il mit un grand soin de frayer les voies et, collaborant avec la Société Nationale des Arts Décoratifs, il fit du Musée un foyer et un guide pour les arts décoratifs contemporains. Les expositions où le Musée présentait les arts décoratifs modernes à l'étranger, jouissaient d'une grande popularité et étaient très fréquentées. Selon Radisics, elles avaient pour but que ,,nos artistes décorateurs soient constamment informés de la fin fleur de ce qui occupe les arts décoratifs à l'étranger".'* La première exposition moderne 4 fut organisée en 1898 dans le nouvel édifice rue Üllői, achevé en 1896, et l'on y voyait les affiches de J. Chéret, A. Mucha, H. de Toulouse Lautrec, une cinquantaine d'objets de verre de L. C. Tiffany, des tentures murales faites d'après les dessins de Walter Crane, des textiles de Frida Hansen (Christiania) et d'Otto Eckmann (Scherrebek), les produits de la ,,Kongelige Porcelainsfabrik" de Copenhague, du ,,Forening for boghaandvaerk", de la fabrique de porcelaine de Rörstrand, etc. L'exposition était ,,appelés à faire connaître au public les principes de notre établissement, la tendance lancée par Van de Velde et ses compagnons, l'aurore du style du XX e siècle" (Radisics) 5 . Dès 1900, Gyula Wlassics, ministre des cultes et de l'instruction publique, a consenti au Musée des Arts Décoratifs 40.000 couronnes afin d'acquérir, à l'exposition universelle, des objets modernes d'art décoratif. Pour les achats de grande envergure faites à Paris pour le compte du Musée des Arts Décoratifs, le mérite est en tout premier lieu à J. Radisics. Il voyait clairement l'importance de la nouvelle tendance et se rendit compte que l'Exposition Universelle offrait une occasion unique pour compléter à un haut niveau d'objets modernes les collections contemporaines de notre Musée. L'autorité dont jouissait Radisics dans la profession, son talent d'organisateur et son influence personnelle ont grandement contribu à pouvoir obtenir la somme, très élevée, qu'exigeaient les achats. A Paris, il procéda en personne aux achats, soulignant que, de son avis, il était infructueux de créer des oeuvres en se tenant strictement aux règles des styles historiques, car cela ..empêche nos artistes de s'adonner à la recherche d'expressions artistiques correspondant à notre culture et à nos conditions de vie. et à la fois cela étouffe les aspirations à mettre dûment en relief le caractère national. Le Musée des Arts Décoratifs auquel incombe en tout premier lieu la tâche de cultiver et de développer le génie artistique hongrois, ne pouvait pas rester sourd devant ce courant qui embrassait le monde entier, et par conséquent, il ne pouvait, lui non plus, prendre en considération que les objets d'art conçus dans l'esprit de notre temps". 0 176