Imre Jakabffy (szerk.): Ars Decorativa 1. (Budapest, 1973)

LÁSZLÓ, Emőke: La verdure d'Aubusson au Musée des Arts Décoratifs

EMŐKE LÁSZLÓ LA VERDURE D' AUBUSSON AU MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS D'après les légendes, les débuts des tapisseries d'Aubusson remontent à une époque qui se perd dans le temps. Prétendument, quelques Sarrazins de ceux qui ont poussé leurs con­quêtes jusqu'à la Gaulle — après la bataille de Poitiers en 730 —, se sont installés là et ont créé des ateliers de tissage. Nos recherches, cependant dans ce domaine n'apportent aucune preuve à ces suppositions. La base de cette tradition est certainement dû au groupe de tapisseries du Moyen-âge, appelle ,.oeuvres sarrazinoises", mais nous savons déjà, de nos jours, que cette appellation était donnée aux broderies faites sur un matériel de base, oriental. Il est plus vraisemblable, cependant, que la floraison de l'art de la tapisserie d'Aubusson est dû à l'immigration de tisserands flamands. Au début du XIV ème siècle, Louis de France, comte de La Marche parcourt la Flandre et il est saisi par l'évolution industrielle et artistique qu'il y trouve. Rentrant de son voyage, en 1331, il fait don à Aubusson de nombreux privilèges qui aident l'évolution et l'initiative à Aubusson. On peut supposer que son épouse, flamande, a fait venir à Haute-Marche des tisserands flamands. L'identité des termes techniques, l'utilisation de la bordure bleue ainsi que la patronne commune — Sainte Barbe — peuvent justifier cette hypothèse. 1 Les premiers documents de 1457 et 1473, mentionnent les tisserands felletinois. C'est égale­ment de tapisseries felletinoises que parle le premier inventaire qui nous est resté et qui a été fait après la mort de Charlotte d'Albret, princesse de Valentinois, en 1514. On a trouvé, dans son legs, 75 tapisseries felletinoises, ,,à champ doré, à verdure, feuillages et bêtes" et ,,à menus feuillages sur bandes rouges, blanches et vert-brunes". 2 Nous pouvons supposer sur cette base que les premiers ateliers ont été créés à Felletin, près d'Aubusson, puis à Aubusson même et au dernier tiers du XVI eme siècle, à Bellegarde qui est également près d'Aubusson. Ainsi si nous parlons de ,,tapisseries d'Aubusson", nous y comprenons l'art de la tapisserie de Felletin et Bellegarde, tissées avec les mêmes méthodes et concep­tions. On ne peut d'ailleurs pratiquement pas discerner l'une de l'autre. Dès le XVI eme siècle, nous trouvons de nombreuses références relatives aux tapisseries marchoises. A côté des thèmes prises de la Bible et de la mythologie, les plus belles tapis­series de cette époque précoce sont les verdures à grands feuillages, tout à fait typiques. Nous trouvons dans l'inventaire de 1537 de la cathédrale de Bourges ,,sept pièces de tapis­serie de verdure à grands feuillages", et l'inventaire du château de Turenne dans le Li­87

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