Századok – 2011
KÖZLEMÉNYEK - Tóth Ferenc: Magyar ügynökök a francia király szolgálatában Kelet-Európában az orosz-osztrák-török háború korában (1736-1739) V/1183
MAGYAR ÜGYNÖKÖK A FRANCIA KIRÁLY SZOLGÁLATÁBAN... 1203 lem engedélyezésének veszélyeiről.7 1 A két diplomata barátságának szilárd alapot biztosított a magyar függetlenségi mozgalmakban játszott szerepük, illetve az a „közös hazaszeretet", amelyet Delaria tolmács érzékletes módon írt le Villeneuve márkihoz intézett 1737. június 22-i levelében: „Ibrahim efendi nagy segítségünkre van. A közös hazájuk iránt érzett szeretetre való tekintettel Totte [sic! J Urat teljes bizalmával tünteti ki. Az egyik nap tréfásan, de szívből jövő szavakkal illette: Magából francia lett a haza szabadságáért, belőlem meg török." [kiemelés tőlem - T. F.]72 Tóth András rendszeres levelei folyamatos híráramlást biztosítottak a nagyvezír tábora és a konstantinápolyi francia nagykövetség között. Ezt az információs előnyt Villeneuve márki ügyesen használta fel nemcsak a hírszerzés, hanem a befolyásolás terén is. Tóth mellett a francia követség említett tolmácsa (Delaria) is nagyon jó kapcsolatban volt Ibrahim Müteferrikával, aki régebben tanítója (nyelvmestere) volt, és nagyon szívélyes volt mindkét ágens irányában.73 Rajta keresztül könnyen elérhették a legbefolyásosabb oszmán mi-71 Uo. fol. 229-230. Részlet Villeneuve 1737. május 15-i leveléből: „J'en ai reçu depuis ce temps-la, de M. de Totte en datte des 29 avril et 5 de ce mois, par lesquelles, il m'accuse la réception des instructions que je luy ai donné, en conséquence de la lettre de M. de Chauvelin du 15 janvier dernier. Il se flatte que la familiarité avec laquelle il continue de vivre avec Ibrahim effendy luy donnera le moyen de faire à la Porte des insinuations conformes aux vues du Roy. La confiance que ce nouveau drogman a pour luy va jusqu'à le prier de le soulager dans les traductions de certaines lettres que les Ministres luy donnent à interpreter. M. de Totte ajoute que par les conversations qu'il a eu avec luy, il a lieu de conjecturer que les Ministres de la Porte sont ainsi obstinés à recouvrer Azoph que disposés à céder aux Moscovites le commerce de la mer Noire et qu'ils croiront sauver les inconvénients qui pourroient en résulter contre cet empire en fixant le nombre et la qualité des bâtiments Moscovites qui pourront naviguer dans cette mer. M. de Totte observer très à propos qu'il avoit été à souhaiter que les ambassadeurs des puissances maritimes, ne se fussent pas désunis dans un temps qu'ils devoient le plus agir de concert pour s'opposer aux vues des Moscovites sur le commerce de la mer Noire. Il apprehende ou que leur mésintelligence ne soit un obstacle aux démarches qu'il auroient pu faire en cette occasion, ou qu'elle ne rende inutiles celles qu'ils feront par la vue de confiance que les Ministres de la Porte auront en eux. Il sent qu'il seroit dangereux de s'ouvrir à ces ambassadeurs sur les vues que Sa Majesté à d'empêcher secretement que les Moscovites ne parviennent à obtenir la liberté du commerce de la mer Noire et me demande à cet égard mes instructions; je luy marqueray que le secret que je luy ai recommandé dans cette affaire ne permet pas qu'il leur fasse une pareille confidence qui d'ailleurs pourrait bien être inutile, s'il étoit vray comme on continue de l'assurer que les ambassadeurs des puissances maritimes ne fussent pas admis aux conférences, mais qu'il peut seulement dans les conversations qu'il aura occasion d'avoir avec eux tâcher d'amener le discours sans affectation sur cette matière pour pénétrer les instructions qu'ils peuvent avoir de leur cour à cet égard et leur insinuer d'un air indifférent et comme de son chef qu'une pareille concession ne pourroit etre que très préjudiciable aux nations qui commercent dans les états du Grand Seigneur." 72 CADN, Constantinople série A fonds Saint-Priest 135. fol. 200. Részlet Tóth és Delaria 1737. június 22-i közös leveléből: „Ibrahim effendy nous est d'un grand secours. L'amour de sa patrie qui est commune avec celle de Mr. Totte fait qu'il a une entiere confiance pour luy. Il luy dit un jour fort plaisamment et avec un epenchement du coeur: Vous vous est fait françois pour la liberté de la patrie et moy Turc." 73 BNF, Ms. Fr. 7181. fol. 247. Részlet Delaria 1737. június 8-i leveléből: „Le jour de mon arrivée nous fumes rendre visite M. de Totte et moy à Ibrahim effendy qui fut charmé de me voir, parce que je le connois de longue mainet qu'il avoit été autrefois mon Kodjea; il paroit avoir une entiere confiance en M. de Totte qui par ses manières engageants a sçu le mettre dans nos interests." Delaria segítségével készítette el Ibrahim Müteferrika a Holderman-féle első francia nyelvű török nyelvtankönyvet 1730-ban.