Századok – 1985

Tanulmányok - Pálmány Béla: Nógrád vármegye nemességének átrétegeződése (1542–1848) I/3

40 PÂLMÂNY BÉLA Béta Pálmány: RESTRUCTURATION DE LA NOBLESSE DU COM ITAT DE NÓGRÁD (1542—1848) Résumé La stratification sociale de la noblesse hongroise à l'époque tardive du féodalisme, les différences dans les conditions matérielles et les revenus, ne nous sont connues que d'après quelques études faites avec des méthodes de statistique-historique, mais aucun ouvrage de synthèse n'existe. Pourtant, la noblesse était composée, dans une proportion sans égale en Europe, de strates d'état matériel extrêmement divergent, dont la composition, la structure une fois établies, l'analyse de la modification, survenue au cours des siècles, du poids des différentes strates sociales, contribuerait certainement à connaître plus à fond les causes du long règne des Turcs (1526—1699), de l'évolution sociale dynamique au 18e siècle, et de la crise sociale dans la première moitié du 19e siècle, à expliquer les positions politiques des différentes strates de la noblesse hongroise. Il est bien connu que pendant dite l'époque des réformes (1825—1848) c'est la noblesse libérale elle-même qui prit la tête de la lutte politique pour liquider les privilèges féodaux, pour réaliser l'égalité totale de doits, pour faire triompher la société civile. L'auteur de cette étude esquisse, pour des raison déterminées par les sources documentaires disponibles, la macro-structure de la société d'un comitat nobiliaire, en tant que collectivité unie par l'organisation territoriale autonome de la noblesse. Il cherche, en dépouillant et analysant les rôles de contributions contenant une masse de données en chiffres relatives aux conditions financières et aux revenus de la noblesse, à présenter les transformations sociales survenues au cours de 300 ans. L'ancien comitat de Nógrád s'étendait sur les deux bords de la rivière Ipoly, formant frontière entre la Hongrie et la Tchécoslovaquie actuelles. Après l'occupation de Buda, la capitale de l'Hongrie par les Turcs à l'assemblée nationale de 1542 à Pozsony (Presbourg) les Ordres hongrois édictèrent une loi selon laquelle tous les propriétaires nobles sont obligés de payer de leurs propres moyens une certaine somme (67 deniers) d'après chaque tenure servile, comme impôt, afin de couvrir les frais des campagnes contre les Turcs. Les gentilshommes n'ayant pas de serfs et possédant une seule tenure (nobiles unius sessionis) et les curés payaient aussi cet impôt compté d'après leur tenure, leurs biens mobiliers ou leurs revenus. Cette imposition, appelée contribution (subside) extraordinaire à la guerre, vu l'immunité fiscale, droit fondamental de la noblesse hongroise, fut introduite au nom de la principale obligation des nobles, de la défense de la patrie et appliquée déjà plusieurs fois sous l'occupation turque de cent cinquante ans. Parallèlement à la levée de la noblesse (insurrectio), l'imposition du subsidium s'était maintenue après l'organisation de l'armée régulière (1715) aussi. En 1741 et pendant les guerres contre Napoléon, entre 1797 et 1809, il fut quatre fois imposé, proportionnellement aux biens possédés par les nobles (tenures de serfs, dans la suite revenus allodiaux). Les registres établis dans de tels cas, conservés par chance au comitat de Nógrád, fournissent une base au dépouillement statistique. En 1542, date de la première imposition de subsidium, la noblesse du comitat comprenait 234 gentilshommes propriétaires fonciers, 78 gentilshommes à une tenure, et 49 paroisses. Bien que, au comitat, seulement 7 aristocrates et 2 prélats fussent propriétaires fonciers, ils possédaient 52,74% des tenures serviles habitées en nombre de 3326, et 56,33% des 213 desertae portae. Par contre, 69,34% des 225 gentilshommes propriétaires (nobilis possessionatus) ne jouissaient que de la rente de 1-5 tenures. Les armées turques occupèrent jusque 1552 les places fortes des confins sud du comitat de Nógrád et avancèrent vers le nord. Vu la guerre incessante, le recensement des tenures de 1597 montre déjà des changements considérables dans la structure de la noblesse du comitat. Les gentilshommes possédant une tenure devaient quitter leurs propres maisons et ceux qui n'ont pas péri se retiraient, appauvris, dans les places fortes et s'engageaient dans l'infanterie. En 1597 aussi trois grandes propriétés laïques du comitat dépassaient le niveau général des revenus, mais la situation, et aussi l'influence politique de la noblesse simple, aisée, était également renforcée. Au 17e siècle il était fréquent d'annoblir sans dotation de propriété foncière, et ainsi au comitat de Nógrád

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