Századok – 1976
Tanulmányok - Székely György: Törzsek alkonya – népek születése (Közép- és Kelet-Európa a magyar honfoglalás után) 415/III
TÖBZSEK ALKONYA - NÉPEK SZÜLETÉSE 431 Nous nous proposons d'examiner ici la façon dont les Hongrois ont rencontré au cours de leurs migrations les groupes slaves ayant trouvé une patrie définitive et en train de faire développer les Etats voisins, et sous quels noms ils les connaissaient. Il serait intéressant de savoir si les Hongrois, vivant alors les derniers jours de leur organisation tribale et passant peu à peu à la structure étatique et au statut de peuple connurent les Slaves en tant que tribus ou en tant que peuples. Pendant très longtemps, c'est l'univers des tribus que nous voyons sur les territoires où la formation des peuples progressa à bonne allure au 10e siècle, ainsi que la structuration étatique. En hongrois, de nombreux noms de peuples sont issus directement de noms de tribus: orosz (russe), lengyel (polonais), cseli (tchèque), rác (serbe), horvát (croate), ou bolgár (bulgare). Parmi eux, cette étude traite plus particulièrement des noms de lengyel et de cseh, ainsi que de l'ancien horvát, de la localisation de ceux qui le portaient et de leur histoire. Dans le cas des Slaves du sud aussi, les tribus qui donnèrent leur nom aux autres se distinguèrent de très nombreuses autres tribus, et le processus par lequel elles prirent la tête du groupe et devinrent «marraines» du peuple et fondatrices de l'Etat était toujours assez lent. Les sources écrites du 9e siècle décrivent de petites unités politiques peu étendues, tandis que celles du 10e siècle présentent les tribus et les groupes de tribus slaves de l'ouest sous une forme plus regroupée. Les survivances tribales et le développement différent de la vie économique dans certains territoires se reflètent pendant des siècles entiers dans l'autonomie des provinces polonaises. En examinant les origines de ce phénomène, notre étude passe en revue les problèmes de l'existence nationale tribale en Pologne et analyse l'histoire et la structure du pays des Vislans, du territoire des Croates du nord (Croates blancs), la féodalisation et le rôle de créateurs d'Etat des Polans, le rôle des Lendzans et le nom de lengyel désignant en hongrois les Polonais. En outre, l'étude analyse les noms de tribus tchèques, dont l'univers complexe vit naître l'empire de la Grande Moravie et, en tant que fragment de celui-ci, l'Etat tchèque. Les tribus slaves qui les formaient apparaissent dans la Chronique de Kosmas de Prague en des temps reculés et mythiques, mais on les retrouve en tant qu'éléments archaïques dans le document épiscopal de Prague de 1086, dans la description des frontières ouest et nord. Bien que l'on n'ait pu démontrer par des moyens relevant de la linguistique ou de l'archéologie qu'il existait des différences de culture linguistique ou matérielle entre les différentes tribus tchèques, il faut voir en elle à l'époque précédant l'apparition de leurs noms une unité ethnique. Par contre, en territoire morave proprement dit, il n'est pas resté de traces de noms de tribus, ou de traditions tribales. La structure de l'empire morave déborda donc les cadres des conditions tribales. Les auteurs de chroniques voyaient davantage en Svatopluk un souverain régnant sur des unités territoriales qu'un chef d'alliance tribale placé au-dessus des chefs de tribu. Les noms collectifs relatifs aux Tchèques et relevables à partir de 791 désignent les Slaves, les Wendes (ou Sorabes) vivant sur le territoire de la Bohème. Ceci n'équivaut pourtant pas en l'occurrence à un état de développement égal à la formation d'un peuple proprement dit. Pourtant, la formation d'un peuple devait déjà avoir démarré chez eux à l'époque de l'empire de la Grande Moravie, d une part par la transformation en structure territoriale de la structure tribale, et par leur rattachement aux châteaux forts, d'autre part par l'émergence des familia tribales dirigeantes. C'est dans ce contexte que se déroulèrent la lutte qui opposa les chefs des Tchèques et des Luians et celle où s'affrontèrent les dynasties respectives des Premysl et des Slavnik. Ce fut la consolidation féodale rattachée à la dynastie des Premysl qui l'emporta. Enfin, en s'appuyant sur la comparaison de la chronologie du développement étatique hongrois, polonais et moravo-tchèque et en partant des événements qui se déroulèrent vers l'an 900, l'auteur parvient à la conclusion que ce ne furent pas les tribus hongroises qui défirent et décimèrent des peuples plus développés et des structures plus concrétisées. Ce type de différence n'existait pas entre les niveaux de développement des organisations hongroises et slaves occidentales. Les luttes anti-moraves et les aspirations à la domination sur la Tchéquie des Francs de l'est coïncidèrent avec la percée vers l'ouest des Hongrois, que l'on peut aussi considérer comme les premières escarmouches de la conquête magyare. Les Hongrois n'étaient pas les seuls à représenter une force extérieure destructrice pour l'empire morave; les margraves francs s immiscèrent dans la querelle qui opposait les fils do Svatopluk (898). L'Etat tchèque naquit des ruines de 1 empire morave. L'agonie de l'empire morave dura de 900 à 906. Pour les Francs de l'est, leur influence sur le territoire tchèque et le maintien de l'ouverture des voies commerciales qui le traversaient étaient très importantes. C'est dans ce contexte que notre étude place l'analyse des registres de douane de Raffelstetten, que l'on peut faire remonter à 903 — 906. L'attaque hongroise qui infligea le coup de grâce aux restes en décomposition de l'empire de la Grande Moravie était en réalité dirigée contre l'empire des Francs de 1 est 2*