Századok – 1969

Tanulmányok - Hajdu Tibor: Az 1918 októberi polgári demokratikus forradalom és a Tanácsköztársaság története kutatásának újabb eredményei 287/II–III - L. Nagy Zsuzsa: Az 1918 októberi polgári demokratikus forradalom és a Tanácsköztársaság története kutatásának újabb eredményei 287/II–III

304 HAJDÚ TIBOB, comme d'un fait positif des efforts de M. Károlyi visant à conclure une paix séparée. En connexion de ce fait il convient de souligner qu'auparavant ce même M. Károlyi fut sujet à de nombreuses attaques pour avoir conclu — après Padoue — des conventions séparées à Belgrade. Nous nous devons cependant de prendre en considération que ce gouvernement a mené des négociations d'armistice à Belgrade par l'entremise des membres hongrois de la commission d'armistice déléguée antérieurement par la Monarchie Austro-Hongroise. Entre la politique étrangère hongroise et la politique nationalitaire des Etats limi­trophes une divergence existait pourtant, laquelle consistait en ce que M. Károlyi, du moins jusqu'à la signature du traité de la paix, considérait son gouvernement pour compé­tent à négocier au nom de la Hongrie historique. Les aspirations visant à l'autonomie de la part des différentes nations se sont avé­rées justifiées, dès lors la politique susindiquée ne fit que détériorer la situation de la Hongrie. Il est cependant indubitable que ces Etats s'efforçaient à acquérir des territoires, en conséquence le gouvernement hongrois se trouvait en face d'Etats bourgeois qui, tout en luttant pour leur droit de disposer d'eux-mêmes, ne respectaient point le droit à l'auto­détermination de la nation hongroise. En se penchant sur l'étude du développement inté­rieur de la révolution bourgeoise nous nous devons de souligner le processus de radicali­sation qui a eu lieu de novembre à mars dans le groupe dirigeant de la révolution, et d'autre part il faut signaler que certaines mesures — telle l'arrestation en février des chefs communistes — témoignèrent nettement d'un déplacement vers la droite. Etant donné que le gouvernement de M. Károlyi ne représentait pas une politique de classe unanime, il ne put donc rester au pouvoir que quelques mois, si bien qu'entre temps on dut assister à l'avènement de la dualité des pouvoirs. La crise gouvernementale de janvier 1919 montra une polarisation notable dans les rapports de forces, ce qui aboutit à un changement accentué subi par le caractère du nouveau gouvernement. Le début de l'année vit l'organisation de plus en plus vigoureuse des forces contre­révolutionnaires qui se mirent à lancer des attaques toujours plus aiguës contre le gouver­nement. Les rapports de forces sociales se trouvaient notablement influencées par la constitution, le 24 novembre 1918,,du parti communiste qui, témoignant d'une activité exceptionnelle, réussit à renforcer sa popularité en pratiquant une conséquente politique do classe. La date des élections fixée au 13 avril ne fit que stimuler les forces de gauche pour y mettre obstacle, forces qui refusèrent de créer un gçuvernement ouvrier allié à la Russie Soviétique. Vers le milieu de mars, les directoires des ouvriers prirent l'administration de nombre de localités. La proclamation, le 18 mars, de la Commune de Hongrie par les ou­vriers de Csepel marqua un tournant décisif. Ce fut dans de telles conditions que fut remise, le 20 mars, la note du lieutenant-colonel Vix, fait qui marqua l'aboutissement du processus découlé de novembre au milieu du mois de mars. La force dirigeante de la République des Conseils proclamée le 21 mars devint le parti ouvrier unifié; cependant ses assises se révélaient être beaucoup plus larges. L'union des deux partis — le Parti Social-Démocrate de Hongrie et le Parti Communiste de Hon­grie —fut inéluctable. Son trait négatif consistait en ce qu'il sauvegarda les directions social-démocrates, appartenant dans leur majorité à la droite, ainsi que le Conseil des Syndicats qui ne se réorganisa qu'en juillet 1919 sous le signe d'un déviation vers la droite. Au début — éblouis par les succès — les centristes sociaux-démocrates, voire certains chefs droitistes avaient leur part aux activités révolutionnaires. Cette situation dut se modifier à la suite de l'intervention. Les sociaux-démocra­tes de gauche furent résolus à se ranger du côté des communistes, par contre ceux de la droite — sous l'effet des premières défaites — ne tardèrent pas à suggérer la capitulation. Vers la fin de mars l'aile droite se mit à rechercher des contacts avec Freeman, l'agent anglais d'information à Budapest, mais en dépit de cette démarche le régime de la dictature du prolétariat ne subit pas d'autres secousses, ce qui fut dû à la cam­pagne victorieuse menée au nord du pays. Par contre un changement s'accomplit dans les assises non prolétariennes de la dictature, à cause des erreurs commises quant à la question agraire; à quoi vinrent s'ajouter des erreurs de nature «psychologique», telle l'exemption d'impôt, ce qui donna prise à des nouvelles alarmantes sur la suppression to­tale de la propriété privée. La politique suivie à l'égard des Églises s'avéra également être brusquée. Bien que la modification survenue dans la base de masse ne signifiât pas que la paysannerie pauvre eût abondonné la révolution prolétarienne, son activité de début se transforma cependant en une sympathie passive.

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