Századok – 1967

Tanulmányok - Berlász Jenő: A pest-budai céhes ipar válsága és a Ferenc-kori céhszabályozás (1790–1840) 546

A PEST-BUDAI CÉHES IPAR VÁT.SÁGA 581 J. Berlász: La crise de l'industrie corporative à Pest-Buda et le statut des corporations à l'époque de François Ier (1790—1840) Résumé Le premier chapitre de l'étude brosse un tableau général sur le processus au cours duquel Pest-Buda (nom moderne Budapest) s'était développé en une grande ville. Pour commencer l'auteur de l'étude expose les facteurs de géographie des commu­nications qui firent que Pest-Buda devienne le centre naturel des transports du pays. Au début du XIXe siècle Pest-Buda fut une ville jumelle comprenant deux autono­mies municipales: Pest et Buda. De ces deux villes c'était Pest, situé dans la plaine, qui accusa un développement plus rapide tant du point de vue de son étendue que de celui de sa population. L'expansion de Buda, acculée contre les montagnes, se trouva vite arrêtée. Se chiffrant à 21.000 en 1781 la population de Pest s'est élevée jusqu'en 1840 à 84.000 têtes, alors que le nombre des habitants de Buda ne monta dans la même période que de 24.000 à 54.000 âmes. Le caractère économique de Pest fit, lui aussi, ressortir l'aspect de grande ville: depuis l'époque des guerres napoléoniennes il devint successive­ment le centre non seulement des exportations des produits agricoles, mais aussi celui des importations des produits industriels arrivés dans le pays de l'étranger, en premier lieu de l'Autriche. Et voilà que dans cet emporium économique on assiste à l'élargissement du système du commerce capitaliste. C'est à juste titre que les contemporains désignent Budapest par le nom de «Londres hongrois» ou «la porte de l'Orient». Cette activité du commerce de gros augmentant en flèche finissait nécessairement par désagréger à Pest le régime médiéval de l'économie municipale; la ville devint le centre du débouché du pays. Le deuxième chapitre se consacre à l'analyse des étapes de crises que subissait dans la période du passage au système capitaliste l'organisation féodale des industries à Pest-Buda, c'est à dire les corporations et la production marchande de celles-ci. L'auteur de l'étude cherche à préciser le niveau d'évolution et le caractère de l'artisanat corporatif, tels qu'ils se présentèrent dans leur proportion avec les couches industrielles et commerciales de Pest-Buda et avec la stratification professionnelle de l'artisanat. De ces examens il ressortit que l'appareil artisanal de Pest représenté par 140 branches d'industrie montra un aspect assez varié susceptible de couvrir non seulement les besoins quotidiens de la ville, mais de satisfaire aux exigences de luxe et culturelles. Par con­traste la productivité de l'industrie se trouva à un niveau'peu élevé ainsi qu'il n'y avait que deux ou trois branches d'industrie où le nombre des maitres s'élevât au-dessus de 100. Chose curieuse, ce n'est que les 30% du total des industries qui travaillaient dans le cadre des corporations, les autres dites libres (freie Künste) devaient fonctionner sans pouvoir employer de personnel auxiliaire. Des grandes entreprises, des manufactures étaient fort peu fréquentes à Pest, mais la grande industrie nouvelle représentée par les dépôts de l'industrie et les maisons de grands commerçants d'Autriche avait toute fois un important rôle à jouer dans le débouché industriel de la ville. Quant à Buda ces mêmes phénomènes accusèrent des proportions bien plus modestes. En fin de compte on est à même d'affirmer que l'artisanat corporatif de Pest-Buda se trouvait incontestable­ment dans une situation de crise: les forces de production n'y suffisait qu' à satisfaire l'approvisionnement du marché local. Dans le troisième chapitre les raisonnements de l'auteur visent à décrire, avec les faits à l'appui et entrant dans les détails, cette situation de crisë où se trouvait l'in­dustrie. La prédominance des différents modes usiniers (embauche, travail pour commande, production pour stockage, travail pour vente) attestent fort bien que l'apparition à Pest-Buda des articles de manufacture ne marque aucunement dans chaque branche d'industrie la décomposition des cadres artisanaux de la production. L'évolution n'en­traina que les industries du vêtement et celle produisant des instruments de travail. Dans les branches d'industrie-par contre où les produits étaient à préparer selon le voeu du consommateur l'artisanat supporta bien la concurrence de la manufacture et celle du commerce. Ayant trouvé les moyens de coopération avec le capital commercial les artisans de Pest, producteurs de marchandises, purent en effet s'assurer l'existence et placer leurs produits sur les marchés de la Hongrie méridionale, de la Transylvanie et de la Turquie. Tout en se développant le côté commercial l'industrie de Pest-Buda fit des efforts pour être au pas du développement que présenta d'une part la consomma-ö Századok 1967/3—4

Next

/
Thumbnails
Contents