Századok – 1966

Tanulmányok - Boros Ferenc: Adalékok a kisantant létrejöttének történetéhez és jellegéhez (1919 augusztus–1920 november) 816

848 BOUOS FETtENC F. Boros: Contributions relatives à la formation et au caractère de la Petite Entente (août 1919—novembre 1920) Résumé La présente étude se propose de mettre en lumière les côtés et connexions de la formation de la Petite Entente, phénomènes auxquels les ouvrages historiques d'inspiration marxiste s'occupant de la question ont négligé, à quelques exceptions près, de porter l'atten­tion qui leur était due. Tel est par exemple le problème qui se pose par rapport à une certaine hostilité que la Petite Entente éprouvait vis-à-vis de la France et des raisons de cette même hostilité. Le tableau que l'auteur en brosse se trouve opposé à cette ancienne conception suivant laquelle la Petite Entente se serait créée sous l'égide français comme un bloc anti-soviétique. L'étude démontre que cette conception se révèle être contraire à la réalité, ou du moins se contente de la simplification de la question. La vérité en effet est que, en s'appuyant des Etats dits successeurs formés dans les territoires de l'ex-Monarchie Austro — Hongroise, la politique française se mit après 1918 à développer son hégémonie en Europe centrale, afin de se protéger à la fois contre l'Est et l'Ouest (Allemagne). Mais en fait ce n'était qu'un point de départ pour forger un bloc plus élargi, ce qui, en raison des anta­gonismes surgis entre les pays de l'Europe centrale, s'avéra être irréalisable. La lutte menée contre le «bolchévisme», les points de vue d'une intervention anti-soviétique entrèrent, eux aussi, pour beaucoup en ligne de compte quant au développement des rapports de la bourgeoisie française avec ses anciens alliés. Tout cela prévaut pour l'an 1920, période où la vie politique française se vit dominée par une tendance d'extrême droite. La position de la Tchécoslovaquie — organisatrice et facteur principal de la Petite Entente — fut débilitée du fait que le renforcement dans le pays du mouvement révolutionnaire et les antagonismes polono-tchécoslovaques mirent obstacle à son ralliement à la troisième intervention anti-soviétique organisée par les Français au printemps et en été 1920. L'Armée Rouge ayant lancé une contre-attaque la politique française s'appliquait sérieu­sement à rallier à cette intervention la réaction contre-revolutionnaire de la Hongrie et à préparer un bloc anti-soviétique réunissant la Pologne, la Hongrie et la Roumanie. Ces tentatives n'étaient pas sans temoigner de ce qu'un ébranlement — encore que passager — se produisit dans les rapports d'alliance franco-tchécoslovaques. C'est dans de telles conditions que E. Benès prit des initiatives afin de former la Petite Entente, initiatives qui connurent leur conclusion dans une alliance de défense conclue à Belgrade le 14 août 1920 entre la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, alliance qui venait de jeter les fondements de la Petite Entente. Cependant en raison de la pression française on ne réussit alors à signer avec la Roumanie que les documents d'un procès-verbal qui obligea les parties contractantes à une aide à fournir mutuellement. Quel était l'effet exercé par la politique révisionniste hongroise sur le rapproche­ment des pays, membres de la Petite Entente, de quel point de vue la politique révision­niste hongroise marquait-elle un danger pour les États successeurs et dans quelle mesure s'affirmait-elle une entrave pour jeter les fondements de la Petite Entente, voici la seconde séries de problèmes examinés par l'auteur de l'étude. Les raisonnements concernant cette question se résument dans ce qui suit: le danger de la politique révisionniste hongroise se trouvait attaché sous maints rapports, voire en dernière analyse, au problème de savoir dans quelle mesure la réaction hongroise réussirait à se gagner l'appui de l'Entente pour équiper son armée quelles seraient les possibilités qui lui permettraient de se rallier à l'intervention anti-soviétique, démarche que le haut commandement hongrois considérait comme une excellente occasion pour exécuter ses projets révisionnistes. Étant donnée que dans la période de la contre-attaque soviétique des aspirations de ce genre ne manquaient pas de se présenter de la part des Français le danger hongrois devint de plus en plus sérieux, ce qui ne fit qu'encourager et accélérer l'union des États successeurs, union qui antérieurement se heurtait encore à des obstacles. Cependant l'effet de l'existence de la Petite Entente agissant à l'unisson avec la pression de la diplomatie italienne et anglaise n'influençait que par la voie indirecte, par l'entremise d'une pression exercée sur les cercles militaires français, les revendications révisionnistes de la Hongrie. La situation réclamait en effet à la bourgeoisie tchécoslovaque de s'opposer, en consolidant sa position interna­tionale, à «l'esprit de concession» témoigné par les Français.

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