Századok – 1966
Közlemények - Szinai Miklós: Bethlen István a Szkoropadszki kapcsolatai 1218
BETHLEN ÉS SZKOROPADSZKI KAPCSOLATAI 1231 qui surgirent au commencement de la révolution en Russie du Nord tout aussi bien qu'en Ukraine n'avaient ni de traditions ni de racines profondes dans la population. C'était la cause de leur impuissance. C'est pourquoi j'ai taché en 1917, secondé de mes adhérents, de m'appuyer non pas sur un jeune parti nouvellement éclos mais sur une ancienne organisation professionnelle des propriétaires agraires. Elle unissait la classe des agriculteurs déjà longtemps avant la révolution. Pour la même raison les bolchévistes cherchaient le soutien des anciennes Unions professionnelles ouvrières. Les Unions des propriétaires agraires tout aussi bien que les Unions professionnelles ouvrières ne poursuivaient que des buts économiques, le gouvernement russe d'avant-révolution n'avait donc pas de raisons de leur être hostile. Ces Unions existant pendant des dizaines d'années eurent le temps de s'entourer d'une certaine tradition et de devenir familières à la population qui s'habitua à travailler sous leur direction. Cependant, au commencement de la révolution, la situation des bolchévistes qui s'appuyaient sur le prolétariat était beaucoup plus favorable que la nôtre, celle des agriculteurs, s'appuyant sur la masse politiquement passive des paysans. Le prolétariat est toujours plus mobile, plus actif, s'intéresse vivement à la politique et s'adapte mieux à un mouvement organisé. D'autant plus le prolétariat russe et ukrainien était-il actif pendant les premiers mois de l'enthousiasme révolutionnaire. C'est pourquoi les chefs du prolétariat organisèrent plus vite les masses de leurs adhérents que nous les nôtres, et ils s'emparèrent avant nous des centres politiques et du pouvoir. Cependant le développement postérieur de la révolution amena avec lui une anarchie économique, une désagrégation générale de l'industrie et du commerce et enfin l'exténuation complète des villes et du prolétariat. Les dix ans de révolution montrèrent aux paysans que la révolution ne ménage ni leur vie ni leurs biens, que de rtulle part ne viendra le secours, qu'ils doivent enfin eux-mêmes organiser leur propre défense. Nous nous sommes actuellement approché de la deuxième phase de la révolution: le prolétariat exténué ne veut, ni ne peut plus soutenir le Parti Communiste. D'autre part la masse des petits propriétaires-paysans et des bourgeois savent qu'il faut lutter activement et risquer la vie pour assurer à leur famille le bien-être et la félicité dont ils sont déchus par les bolchévistes. Dans cette deuxième période entreront en lice deux nouvelles forces: le petit propriétaire rural et le petit bourgeois, tous deux réclamant et s'il le faut défendant activement leur droit de propriété individuelle méconnu et piétiné par les bolchévistes. De plus la révolution posa à l'ordre du jour le problème national — la question de la séparation plus ou moins complète de l'Ukraine de la Russie du Nord. Le développement général de la révolution et surtout le maintien du régime rouge en Ukraine par la force de l'Armée Rouge a exaspéré encore plus le sentiment national des Ukrainiens en les raffermissant dans leur volonté de devenir libres. C'est ainsi qu'en 1918 déjà la classe agraire ukrainienne en abandonnant l'idée de ,,la Russie une et indivisible" proclama l'indépendance ukrainienne, me donna l'ancien titre de mes, ancêtres de l'Hetman de toute l'Ukraine et me confia ainsi le pouvoir suprême du jeune État. Les dix ans du régime communiste qui suivirent, étaient une dure leçon à ceux qui en 1918 étaient contre notre indépendance, aussi cette leçon était-t-elle dure à ce groupe de ,,1'intelligentia" ukrainienne, qui dans son élan de passion chauviniste déchaînée aida aux bolchévistes à détruire l'ordre basé sur le droit qui nous avons réussi avec tant d'efforts de rétablir, sans avoir, elle rien donné de positif ^pour atteindre son idéal national. La deuxième période de la révolution sera caractérisée par l'idée de l'indépendance de l'Ukraine et celle de la nécessité vitale du retour de l'influence prépondérante dans l'État à notre nombreuse classe agraire, prépondérance à laquelle elle a droit. Ce n'est pas au nom des intérêts de parti ou d'un groupe de partis dont la valeur juste dans les conditions d'émigration ne peut être ni contrôlée ni fixée, mais c'est au nom des intérêts de la classe agraire ukrainienne, formant 90% de toute notre population, et dont je suis l'élu, que je m'adresse au Gouvernement de la Hongrie agricole avec la prière de prêter une aide à ma Patrie. Je le fais au nom de l'affinité agraire de nos deux pays, au nom des relations amicales qui existaient toujours dans le равзё entre le peuple Ukrainien et le peuple Hongrois, enfin au nom de la communauté de nos intérêts et de nos buts politiques dans le présent et dans le futur. Au moment le plus critique pour mon peuple, à la veille des événements formidables et menaçants dans ma Patrie, je m'adresse au Gouvernement Hongrois avec la prière de prêter une aide morale et matérielle à la classe agraire de l'Ukraine.