Századok – 1964

Tanulmányok - Berend T. Iván–Ránki György: Infláció és elzárkózási irányzatok Magyarországon az első világháború után (1921–1924) 661

686 BEKEND X. IVÁN-BÁNKI GYÖBGY: INFLÁCIÓ MAGYARORSZÁGON I. T. BerencL—Gy. Bánki: L'inflation et le système d'hérmétisme en Hongrie au début des années 20 Résumé Les débuts de l'inflation en Hongrie remontent à la période do la première guerre mondiale. Après l'effondrement do la République Hongroise des Conseils le cours de l'infla­tion revêtit un rythme fortement accéléré; le niveau bas où se trouvait la production, le manque en matières premières, les troubles économiques qui se présentèrent à la suite des nouvelles frontières du pays, la désagrégation de la Monarchie Austro — Hongroise sont autant de raisons qui facilitèrent objectivement l'expansion de l'inflation. La séparation de l'unité monétaire autrichienne de celle hongroise agit dans le même sens. Ayant eu recours à l'estampille des monnaies on tenta au début de 1920 de mettre obstacle à l'exten­tion de l'inflation, moyen qui se révéla pourtant de caractère transistoire; le mise en cir­culation des monnaies fiduciaires s'avéra être indispensable quant aux besoins de l'écono­mie d'État. L'article s'occupe par le détail des essais de stabilisation attachés en 1921 au nom de Lóránt Hegedűs. Il s'oppose aux conceptions professées jusqu'à présent, concep­tions qui finirent par simplifier le rôle de Hegedűs sans mettre suffisamment en relief les forces qui se trouvaient à l'origine de l'échec essuyé par lui. L'étude ne manque pas de souli­gner que bien que Hegedűs entendît exécuter la stabilisationmonétaire enfaveur du grand capital, il se trouva opposé non seulement à la classe terrienne mais aussi à ce même grand capital étant donné que, adhérant de l'ancienne école financière (Heinrich Rau, Adolf Wagner, Lorenz Stein), l'inflation lui marquait uniquement un problème de budget et ses tentatives visant à la déflation conduisirent nécessairement au décroissement de la pro­duction. Dès lors ses projets se trouvèrent en contradiction avec les intérêts des capitalis­tes qui entendaient utiliser durablement les possibilités leur offertes par la conjuncture inflationniste. Hegedűs était loin de reconnaître que dans les conditions capitalistes le problème de l'inflation n'est point séparable de celui de la production, de l'ensemble de l'économie nationale. En automne 1921 l'essai de stabilisation de Hegedűs arriva donc à son effondrement et une inflation dépassant toute proportion connue jusqu'alors se vit développée, inflation due non seulement aux conditions économiques existantes mais bien à une politique économique suivie consciemment par le gouvernement. En 1922 la con­joncture inflationniste aboutit à son point culminant, la demande, elle, s'orienta, en premier lieu, vers les biens investis. Cependant le rythme de l'inflation s'accélère successi­vement: fin 1922 une couronne d'or équivaut à 466 couronnes-papiers; en décembre 1923 à 6442 couronnes-papiers, alors qu'en mai 1924 cette proportion s'élève à 18 416 couron­nes-papiers. A partir de la seconde moitié de 1923 le rythme de l'inflation s'accélère à tel point qu'il finit par mettre obstacle à la continuité de la production voire à celle de l'éco­nomie en général, si bien que son arrêt s'impose nécessairement. L'article s'oppose à ces conceptions qui renvoient uniquement à un effet de paupérisation exercé par l'inflation et ne manque pas de souligner que la spéculation n'était pas la seule à en accaparer de sérieux profits, mais en raison des crédits non valorisés une bonne part du grand capital, elle aussi «n fut la bénéficiaire. Pour continuer l'article se penche sur l'étude de la situation qui était «elle du petit et du moyen capital et démontre que la conjoncture inflationniste favorisait grandement les efforts visant à l'établissement et à la fondation d'entreprises. Enfin le regroupement, des biens finit par annuler les dettes des grands propriétaires et assurer des profits à ces derniers et aux paysans aisés, profits découlant des spéculations effectuées en connexion avec les denrées alimentaires. Au cours de l'inflation un important rôle revint dans la politique économique de l'État aux aspirations visant à l'hérmétisme du commerce «xtérieur, phénomène remontant d'une part à l'ancien tarif douanier austro—hongrois -n'étant point susceptible de protéger l'industrie hongroise et fut dû d'autre part à un fonc­tionnement insuffisant des tarifs ad valorem. A partir de l'été 1921 le gouvernement Beth­len se mit donc à développer le système de défense d'importations, moyen à l'aide duquel il réussit à assurer dans maints domaines un marché intérieur à l'industrie du pays. L'ar­ticle n'omet pas d'accentuer que dans la situation donnée, lorsque la grande propriété ne •disposait pas encore de surplus suffisant de produits agricoles destinés à l'exportation on ne saurait affirmer que ce système favorisait le capital industriel au dépens des intérêts de la grande propriété.

Next

/
Thumbnails
Contents