Századok – 1964

Tanulmányok - V. Windisch Éva: A magyarországi német nemzetiségi mozgalom előtörténete (1867–1900) - 1104

A MAGYARORSZÁGI NÉMET NEMZETISÉGI MOZGAI.OM ELŐTÖRTÉNETE 1129 La situation des Allemands du pays, en premier lieu celle de la bourgeoisie alle­mande, connut à l'ère des réformes (1825—1848) et à l'ère absolutiste (1849—1867) un changement accentué. Au cours du développement bourgeois et do l'évolution nationale hongroise déroulant en Hongrie à l'ère des réformes la bourgeoisie allemande perd succes­sivement de son importance économique, processus qui va de pair avec sa désagrégation sociale. Uno partie de cette bourgeoisie se rallie au mouvement national hongrois et à la guerre d'indépendance, attitude qui conduira un jour ou l'autre à son assimilation, alors que parmi certains éléments intellectuels allemands (leur nombre était assez réduit) la conscience nationale se voit éveillée, fait qui les oppose à la guerre d'indépendance hong­roise et finit par les mettre au service d'une oppression politique de teinture allemande. En conformité de la ligne générale suivie en Europe l'État bourgeois de Hongrie connaissant un développement rapide après le compromis de 1867 prétendait introduire dans l'État multinational l'emploi d'une langue unique. Les lois et les mouvements sociaux y relatifs (décrets portant sur l'introduction de la langue hongroise dans l'enseignement, la magyarisation de l'administration publique, celle de la législation et de la vie ecclésias­tique, mouvements visant à la magyarisation des noms de famille, création des associa­tions pour la vulgarisation de la langue hongroise) ne se révélaient point susceptibles de provoquer une assimilation extensive. Cependant quant aux nationalités ces mesures arri­vèrent à excercer un effet accentué précisément sur les Allemands et notamment sur leur couche urbaine qui de par sa situation se trouvait en étroit contact avec la société hongroise et qui en cherchant sa place au sein de l'État hongrois s'empressa de se magyarisor. Cette magyarisation se trouve accélérée par une attitude outrancière témoignée par ceux déjà assimilés et par une position traditionnelle anti-allemande (encore que non aggressive) se manifestant dans cert aines couches de la société, posit ion due au rôle joué par les Habs­bourg en Hongrie. Les Allemands de Hongrie témoignaient au cours du XIXe siècle une opposition bien faible à l'encontre de ces aspirations. L'éveil national des Allemands se rattache à cette époque uniquement au nom d'Edmund Steinacker (personnage allemand né en Hongrie, employé de la chambre de commerce, député parlamentaire) qui entendait d'abord organiser les Allemands de Hongrie en clamant des slogans bourgeois contre les éléments féodaux occupant une place prépondérante dans l'appareil d'État, puis ses essais voués à l'échec il se prononça, comme député, pour les droits des nationalités et pour des relations plus étroites à établir entre la Hongrie et l'Autriche témoignant par cette attitude de considérer la situation des Allemands de Hongrie du point de vue de la bourgeoisie autrichienne et de tenir compte dans son organisation des aspirations de centralisation fomentées par cette môme bourgeoisie. Pour terminer l'étude décrit les essais poursuivis à la fin du XIXe siècle par les mouvements nationalistes allemands dans le but de se gagner les Allemands de Hongrie (Fr. v. Löher, les pamphlets de R. Heinze, l'intervention de l'Allgemeiner Deutscher Schulverein de Berlin en faveur des écoles allemandes de Hongrie). Les Allemands de Hongrie refusent en général l'immixtion du Schulverein et Bismarck se trouve lui aussi obligé de démentir les nationalistes allemands préférant les bonnes relations bungaro­allemandes à la résolution des problèmes qui préoccupaient les Allemands de Hongrie. Le gouvernement hongrois finit par se contenter de ces mesures et ne se soucia point de rémédier aux griefs de la nationalité allemande. Dès lors l'Alldeutscher Verband formé à la fin du siècle s'adressa avec une légitimité factice aux Allemands de Hongrie tout en préparant en réalité le sol aux aspirations de l'impérialisme allemand visant à une hégémonie en Est et en Sud-Est. Tout en comprenant que les Allemands de Hongrie ne seront, en eux-mêmes, jamais capables d'organiser le mouvement nationalitaire alle­mand Steinacker s'adhéra à l'Alldeutscher Verband, attitude qui fit que le mouvement des Allemands de Hongrie, malgré ses revendications légitimes et des objectifs justes dans leurs détails, se mît, dès ses débuts, à la remorque de l'impérialisme allemand.

Next

/
Thumbnails
Contents