Századok – 1963
Tanulmányok - L. Nagy Zsuzsa: A „nemzeti állam” eszméje Beksics Gusztávnál 1242
1278 L. NAGY ZSUZSA: A „NEMZETI ÁLLAM" ESZMÉJE pas encore l'objet d'une analyse détaillée leur consacrée par l'historiographie bourgeoise et ne constituèrent pas, non plus, la sphère d'investigations de la jeune .historiographie marxiste. Son activité et le développement de sa conception qui mettent en lumière la formation de l'attitude politique et l'idéologie des classes dirigeantes hongroises et de la gentry, et soulignent les changements survenus dans la substance du nationalisme, méritent un examen plus touillé. Gusztáv Beksics, publiciste et homme politique, se proposa comme but final de réaliser dans la pratique «l'État national» hongrois. La première étape de sa carrière — les années 1880 — se voit consacrée à l'élaboration de ce programme, où l'auteur, suivant la position des centristes, de Ferenc Deák, mais au premier chef celle de Zsigmond Kemény — prend pour modèle l'évolution accusée par les pays occidentaux, programme qui à cette époque-là marque chez lui une exigence visant à l'accélération de l'évolution bourgeoise, à l'écrasement de l'idéologie de la gentry et à la répression des forces de nature conservatrice, cléricale et féodale. Après la mort de Kálmán Tisza son programme devient plus extensif et revêt un caractère concret. En tenant compte d'une transformation bourgeoise il n'est pas sans solliciter le développement rapide de l'industrie hongroise, les réformes à introduire dans l'administration publique, la liquidation successive des latif undia, seuls moyens à céer sur le plan politique et culturel l'État national hongrois uni et à sauvegarder, dans les cadres de la Hongrie historique, l'hégémonie des classes dominantes hongroises. Au cours des années 90 du siècle précédent, époque des débuts de la crise politique se présentant au sein du régime duaUste, Beksics se propose l'objectif de réconcilier les antagonismes surgis entre le libéralisme et le nationalisme, les classes dominantes et les nationalités, l'État et l'Église, entre ceux détenant le pouvoir et les opprimés, d'applanir les contradictions présentes au sein des classes régnantes. En effet, cette tentative fut d'ores et déjà vouée à l'échec, et finit par accentuer les antagonismes internes recelés déjà auparavant par son activité. Ces efforts portés pour la réalisation d'un «État national» ne sont pas sans approcher plus d'une fois l'attitude de la gentry, la conception impérialiste prêchée par les adhérents du Parti d'Indépendance en vue de la création d'un empire hongrois indépendant, bien que son programme assure, dès lors, une importante place aux réformes bourgeoises et libérales, mais en premier lieu, à celles d'ordre économique. Lors du tournant de aiècle, à la faveur des expériences acquises au cours des années 90 il revient à sa position originaire et, à l'encontre des aspirations visant à l'indépendance il ne manque pas de souligner la solidarité entre l'Autriche et la Hongrie. Tout en admettant les illusions rattachées à l'empire hongrois, il n'est pas sans prêter un nouveau contenu aux relations existant entre les deux pays et entend transformer le régime dualiste de manière à y assurer le rôle dirigeant à la Hongrie. Aussi évoque-t-il dans un de ses derniers ouvrages le royaume de Mathias, époque précédant la domination turque. Mais la crise politique de 1905 — 1906, ainsi que la faillite du Parlement, viennent de la secouer profondément et finirent par le ranger du côté de l'opposition. Étant en avant de ses contemporains il n'était pas sans entrevoir le caractère passager du régime dualiste et reconnaître les forces qui approfondirent sa crise et accélérèrent sa désagrégation. Partant de cette reconnsaissance il n'arriva pas cependant à en conclure sur de justes incidences historiques. H était d'avis que l'accélération de l'évolution bourgeoise serait susceptible de mettre obstacle au déclenchement des antagonismes d'ordre social et national. Le programme établi par lui se révéla tout aussi inacceptable pour les classes dominantes que pour les nationalités, étant donné qu'il réclama aux premiers une activité sur le plan social et le renouveau du régime bourgeois, alors que celles-ci n'entendaient changer en rien les rapports sociaux et de puissance en vigueur. Quant à ces derniers, il les sollicita d'admettre l'idée de «l'État national» dans une situation historique où celles-là parvinrent à enregistrer de notables succès sur le plan de leurs revendications touchant l'indépendance nationale. H va sans dire que ses antagonismes n'étaient pas sans se faire prévaloir dans la formation de la philosophie qui s'éloigna successivement du programme du libéralisme. Libéralisme national et réformisme libéral, voici devenus au début du siècle, chauvinisme rêvant d'un empire hongrois, chauviniste luttant pour la création d'un «État national». Zs. L. NAGY