Századok – 1961
Tanulmányok - Wittman Tibor: A flamand posztóipar tőkés lehetőségei a manufaktúra-korszak küszöbén 236
2g0 WITTMAN TIBOB: A FLAMAND I'OSZTÖIPAR TŐKÉS LEHETŐSÉGEI villes, mais -— à l'époque de sa prospérité durant jusqu'au XVIe siècle — elle hérita les principales caractéristiques de l'<iancienne» draperie. Bien que le rôle dirigeant du système corporatif n'y entrât que très peu en ligne de compte, d'autant plus accentuée fut l'influence de la réglementation communale et de la politique industrielle, aussi rigoureuse que celle du rôle des corporations et des magistratures des grandes villes. Vu que la «nouvelle draperie» n'avait introduit dans la fabrication des draps que des changements technologiques plus ou moins importants, et qu'elle avait acheté les matières premières y nécessaires en Espagne et dans d'autres pays étrangers, elle fabriquait tout aussi cher que l'«ancienne» draperie, tout en étant, quant à l'acquisition des matières premières et la vente de ses marchandises, soumise aux conditions toujours changeant du marché international. La sayetterie et, avant tout, ses centres étaient seuls à surmonter les difficultés de la crise et à s'engager, précisément au XVIe siècle, dans la voie de la prospérité. Hondschoote, centre de la sayetterie en Flandre, ne manquait pas des conditions nécessaires pour le développement du capitalisme. Mais Hondschoote, lui, était plutôt une exception qu'une règle. Tout ce qui se présenta comme avantage dans la sayetterie de Hondschoote vis-à-vis de la «nouvelle draperie» renvoyait en même temps aux limites du développement de la draperie flamande. Il s'agissait là, d'une part, des cadres moins rigides de l'organisation industrielle que Hondschoote devait à sa libération do sous le pouvoir seigneurial et d'autre part — non en dernier Heu par suite de ces mêmes cadres moins restreints — il sut mieux profiter des avantages du milieu agricole que ne le faisait la «nouvelle - draperie». Il ne souffrait ni de la pénurie en main-d'oeuvre ni de celle en matières premières, la saye étant fabriquée du drap produit. C'est ce qui explique que Hondschoote était à même de fabriquer moins cher que l'«ancienne» et la «nouvelle» draperie, ce qui lui permit de soutenir la concurrence des marchandises aux débouchés étrangers. Le problème cardinal de l'évolution de la sayetterie flamande était de savoir si l'agriculture —• en présence d'une grande quantité de matières premières — était à même d'écarter les obstacles qui barraient la voie au capital commercial de s'introduire dans l'industrie? Le caractère passif du commerce flamand s'accentua encore davantage à la suite des transformations de grande envergure survenues au XVIe siècle au débouché mondial. Dans de pareilles circonstances ce n'est que l'évolution de type anglais de l'agriculture (baux capitalistes, grandes propriétés foncières s'occupant d'élevage) qui aurait pu faire sortir la draperie flamande de la crise. Cette ultima ratio fit, en effet, défaut: les propriétés foncières se trouvaient définitivement morcelées, fait dont les conséquences s'accentuèrent encore par la prédominance des petits baux paysans féodaux. La désagrégation de l'agriculture féodale ne fournit — par suite de la différenciation de la paysannerie — que de la main-d'oeuvre à la draperie, mais point de matières premières et aucune impulsion pour les entreprises capitalistes. Le développement relatif de l'industrie et de l'agriculture flamandes basées sur la production marchande simple largement répandue devint, lui, l'obstacle de l'épanouissement du mode de production capitaliste. La prépondérance des petits producteurs marchands et des petits entrepreneurs limitèrent sensiblement — dès avant le déclenchement de la révolution et l'arrivée de la ruine et de la réaction cléricale espagnole, à l'aube de l'ère des manufactures — les possibilités de l'évolution capitaliste de la draperie de Flandre et la crise générale qui s'ensuivait remplit d'éléments pauvres les villes, ce qui prêta une immense tension aux mouvements de masses en voie de développement. T. WITTMAN