Századok – 1960

Tanulmányok - Lackó Miklós: Gyári munkásságunk összetételéről az ipari forradalom időszakában 595

624 LACKÖ MIKLÖS LA COMPOSITION DU PROLÉTARIAT INDUSTRIEL EN HONGRIE, DANS LA PÉRIODE DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE Résumé Les principaux facteurs qui ont influencé le développement du capitalisme en Hongrie — type prussien de l'évolution capitaliste de l'agriculture, dépendance du pays à l'égard de l'Autriche et son caractère multinational — ont marqué de leur empreinte la composition sociale de la révolution industrielle, aussi bien que la formation et la compo­sition du prolétariat industriel. Dans les années 50 du siècle dernier c'est dans un état arriéré que la Hongrie arriva au seuil de la révolution industrielle. Le nombre et la proportion de ceux qui travaillaient dans l'industrie était minime, et il manquait surtout ces formes d'établisse­ments industriels — déjà capitalistes dans leur essence — (artisanat producteur de mar­chandises, manufacture coopérative simple) qui, dans les pays occidentaux, avaient précédé et préparé la révolution industrielle. L'expansion considérable de l'artisanat en Hongrie (en 1884, le nombre des artisans dépassait encore 800 000), était liée à l'économie naturelle primitive, et non pas aux formes d'établissement industriel du capitalisme à ses débuts. La majorité des effectifs industriels, relativement peu importants, était consti­tuée non point par les producteurs de marchandises où les ouvriers industriels travail­lant dans des conditions plus ou moins capitalistes, mais par do simples artisans. Ainsi, il n'y avait en Hongrie que deux couches où se recrutaient les ouvriers industriels: l'artisanat corporatif et l'artisanat rural travaillant dans des cadres restreints, et le prolétariat agricole très nombreux. Le second facteur principal définissant la formation et la composition du prolétariat industriel fut la tendance spéciale de la révolution industrielle: développement des industries minotière et alimentaire, et manque presque total de l'industrie textile et de l'industrie produisant des articles de grande consommation. Par suite du rôle de l'industrie alimentaire n'employant qu'un nombre minime d'ouvriers (dans les années 1890, cette industrie fournit presque la moitié des valeurs produites par l'industrie manufacturière), dans la période décisive de la révolution indu­strielle (entre 1867 et 1890), l'effectif ouvrier industriel ne s'est pas accru dans une mesure notable (le nombre des ouvriers, qui était de 70 000 en 1870, avait passé à 102 000). Mais il ne s'agissait pas seulement du nombre limité des ouvriers industriels: l'industrie alimentaire (et l'industrie des matériaux de construction réalisant des progrès relativemént rapides) n'occupaient, pour la plupart, que des manoeuvres et des ouvriers saisonniers. Le type des ouvriers entraînés rattachés aux grandes entreprises et se recrutant aussi dans le prolétariat agricole, était peu connu en Hongrie. Ainsi, non seulement l'industrie manufacturière .avait à peine absorbé la population agricole, mais la transformation des ouvriers agricoles en un prolétariat industriel permanent rencontra aussi de grandes diffi­cult és. En ce qui concerne l'effectif ouvrier, la sidérurgie et l'industrie mécanique arrivai­ent, sous peu, au premier rang: en 1890 plus de 30% des ouvriers industriels travaillaient dans ces branches d'industrie. L'effectif ouvrier de la sidérurgie et de l'industrie méca­nique se répartit en deux groupes: un plus nombreux, constitué par les ouvriers quali­fiés, et un autre moins important, comprenant ouvriers auxiliaires et manoeuvres. Dans les conditions données du pays, les ressources dont on disposait se montraient insuffisan­tes pour faire face à la brusque augmentation des demandes en ouvriers qualifiés. Ni le prolétariat agraire, ni même l'effectif industriel n'étaient capables de répondre à ces exi­gences. En ce qui concerne les industriels, un autre fait reste encore à souligner: en raison de l'absence des formes d'établissements industriels du début du capitalisme, et d'une industrie textile, ces industriels, artisans pour la plupart, ne connurent en Hongrie ce processus rapide de déclassement par lequel devaient passer le tisserand anglais et l'in­dustriel koustar russe. L'expansion générale du capitalisme faisait augmenter dans maints domaines: dans la sidérurgie et l'industrie mécanique par ex., le nombre des artisans, et cela au cours même des décades de la révolution industrielle. Ce fait ralentit également la formation d'une base de recrutement des ouvriers qualifiés. Le rôle impor­tant que ceux venus de l'étranger (autrichiens et tchèques) avaient joué dans l'industrie manufacturière hongroise jusqu'à 1890, s'explique également par ces circonstances. Par la suite, la population industrielle devenait, en Hongrie aussi, la principale base d'où se recrutaient les ouvriers industriels. La plupart du temps, ce n'étaient pas les

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