Századok – 1956
BIBLIOGRÁFIA - A Magyarországon megjelent történeti munkák (önálló kötetek; tanulmányok; cikkek) jegyzéke (1955. július 1. — december 31.) 292
320 .RÉSUMÉ charges additionnelles qui, elles aussi, venaient grever en tout premier Heu la paysannerie'. L'ampleur de ces charges n'a point encore fait l'objet de recherches systématiques. Toutefois, nous possédons d'innombrables documents attestant qu'au fur et à mesure que se prolongeait la guerre d'Indépendance, les prestations imposaient à toutes les couches de la paysannerie un fardeau toujours plus écrasant. Voyant les fruits de ses sacrifices, la paysannerie s'affermit de plus en plus dans la conviction que la victoire marquerait aussi le jour où ses légitimes revendications obtiendraient leur pleine et entière satisfaction. Après un hiver passé dans la défensive, le printemps apporta un revirement favorable à l'armée hongroise : aussitôt, on vit se multiplier les signes de la reprise des activités paysannes. Au début de l'été, ces actions s'étaient déjà amplifiées au point d'engendrer de sérieux mouvements, particulièrement importants parmi les paysans des régions libérées de la domination ennemie. Ces actions exprimaient avec une force redoublée, et dans une mesure qui dépassait de loin les cadres du décret rendu le 19 avril, les vieilles revendications de la paysannerie concernant l'affranchissement des terres allodiales, la réparation des torts causés lors des réglementations antérieures, et le transfert, à la paysannerie, de l'exercice des droits régaliens. Les actions en question indiquaient qu'en tout heu, les paysans voyaient une corrélation naturelle entre la libération du pays et les vieilles revendications de la paysannerie, et qu'aux premières heures de la liberté reconquise, üs entendaient, en contrepartie de leurs souffrances et sacrifices, faire valoir leurs revendications, en empruntant le chemin le plus court, sans interposition d'une tierce partie. Cette ferme résolution de la paysannerie s'affirma le plus clairement au comitat de Somogy, d'où l'ennemi avait été expulsé par le soulèvement massif de dix mille paysans placés sous le commandement de Gaspard Noszlopy, commissaire du gouvernement, et où le peuple en armes s'était jugé qualifié pour châtier les traîtres, et aussi pour faire triompher ses propres revendications que le gouvernement avait promis de satisfaire après la victoire. Ainsi donc, parallèlement aux luttes de libération, le comitat de Somogy vit se déployer des mouvements paysans dont l'ampleur égalait, voire même dépassait par endroits celle des actions des années précédentes. Des symptômes alarmants qu'étaient les actions de la paysannerie, le gouvernement ne tira pas la conclusion qu'il était temps do satisfaire les revendications paysannes et de mettre à exécution la réglementation législative, promise par le décret du 19 avrü. Barthélémy Szemere, président du nouveau cabinet constitué après la promulgation de la Déclaration d'Indépendance, n'insista pas sur la confection do la loi, mais se prépara plutôt à réprimer les mouvements par la violence. Toutefois, les mesures envisagées ne furent point mises en oeuvre : en juin 1849, la situation militaire empira rapidement, et l'on eut à résoudre, en Transdanubie, tout un ensemble de nouveaux problèmes. Cependant, dans les autres régions du pays, l'on voyait également se multiplier les avertissements indiquant au gouvernement que des signes de fatigue commençaient à se manifester parmi les paysans, et ceci au moment précis où la guerre entrait dans sa phase la plus décisive : il eût fallu accorder à la population rurale des avantages à la fois prompts et concrets, susceptibles de rendre la paysannerie hautement intéressée . à la conclusion victorieuse de la guerre d'Indépendance. Enfin, dés avertissements de plus en plus pressants à l'adresse du gouvernement se firent aussi entendre de la part îles gauches, dont certains s'étaient, depuis mars, graduellement désolidarisés d'avec la façon partiale dont le ministère entendait interpréter la politique du front d'imité nationale, et que demandaient avec insistance l'amplification de l'émancipation des serfs. Dès la fin du mois de mars, le Cercle de l'Égalité, composé de radicaux, réclama le partage des terres des grands propriétaires coupables de haute trahison. Fin mai, Paul Vasvári remit au gouvernement un long mémoire où il proposait queda bravoure militaire fût récompensée par des attributions do terre. Quant à Michel Táncsics, le plus sincère des amis de la paysannerie, ü ne cessa de publier des tracts et des articles réclamant le partage des grandes propriétés et l'abolition radicale des survivances féodales. Cependant, ces avertissements ne furent point suivis de mesures promptes, et, dans cette période critique, la politique indécise et düatoire du gouvernement indisposa la paysannerie et refroidit son ardeur combative. Kossuth fut, lui aussi, l'un des responsables de cette attitude du ministère Szemere : en effet, même après le 19 avril, il demeura incapable de remanier la politique du front d'unité nationale, telle qu'elle avait été conçue en automne, et, en sa quahté de gouverneur, n'usa pas de son autorité sans doute diminuée, mais toujours réelle et incontestée, pour hâter la solution de la question paysanne. Toutefois, on aurait tort de prétendre que le gouvernement ne fit rien pour remplir l'engagement pris en avril. L'abolition, par voie législative, des survivances du cens