Századok – 1955
Bibliográfia - A Magyarországon megjelent történettudományi művek jegyzéke (1955. január 1.–június 30.) 813
RÉSUMÉ IMRE WELLMANN: LA SITUATION DE LA PAYSANNERIE AVANT LA RÉGLEMENTATION DES REDEVANCES SERVILES AU XVIIIe SIÈCLE En dépit de l'effet paralysant du régime colonial des Habsbourg, les forces productives accusèrent dans la Hongrie du XVIIIe siècle un développement visible. Les surfaces de culture s'accrurent sans cesse, de nouvelles plantes productives furent acclimatées, et l'on vit s'accumuler des excédents agricoles considérables. Tout ceci était dû aux efforts pleins d'abnégation de la paysannerie. La terre, condition première du travail paysan, appartenait à la noblesse. Un tiers seulement du pays était disponible pour les^besoins propres de la paysannerie. Or, ceci eut pour effet de circonscrire l'exploitation paysanne dans des bornes étroites. Dans ces exploitations, la production, l'élevage et la culture des végétaux se pratiquaient selon la méthode extensive traditionnelle. Sans doute, la paysannerie avait également mis au point des méthodes nouvelles, adaptées à la culture des végétaux récemment répandus dans le pays, cependant, la culture des céréales prédominantes se poursuivait selon les coutumes ancestrales. L'exploitation paysanne suffisait presque entièrement à ses propres besoins, vu qu'elle produisait pour ainsi dire tout ce qui était nécessaire pour son économié, cependant, pour certaines denrées, sa production demeurait quantitativement insuffisante. C'était l'exploitation paysanne qui nourrissait la classe dominante et l'État. Les serfs spoliés étaient la classe fondamentale et la plus nombreuse de la société féodale : en 1780, ces serfs constituaient le 93% de la population. La paysannerie elle-même n'était pas homogène : elle se différenciait tant au point de vue du statut légal (serfs possédant des bêtes de trait et dotés d'une tenure [laboureurs], serfs sans bêtes de trait ni tenure, mais dotés d'une maison [brassiers], serfs sans bêtes de trait ni tenure, non dotés d'une maison, et enfin domestiques de ferme) qu'au point de vue de la fortune (dans la catégorie des serfs à tenure, la différenciation variait entre une tenure entière et 1/64 de tenure). A la suite des colonisations entreprises au XVIIIe siècle et soutenues par l'État, il y eut de nouvelles fondations. En l'espace de quelques dizaines d'années, l'accroissement naturel de la population aboutit à la saturation des régions colonisées ellesmêmes, incultes et inhabitées avant leur colonisation. C'est alors que, là aussi, l'on vit commencer un processus de différenciation. A la fin de la période en question, le centre de gravité s'était sensiblement déplacé vers les brassiers et les catégories dotées de tenures mineures. Ce processus était accéléré par la production marchande en développement et aussi par le système des fermes seigneuriales. La couche de la paysannerie aisée formait le premier groupe des exploiteurs de la paysannerie. Le groupe suivant était celui de la bourgeoisie des villes, qui profitait de ce que, pour s'acquitter de ses redevances seigneuriales et surtout des impôts perçus par l'État, les paysans étaient contraints à écouler leurs denrées sur le marché. Au regard de l'exploitation par l'élément urbain, pratiquée d'une manière plus discrète, l'exploitation poursuivie par l'Église s'affirmait sous une forme brutale qui ne manquait pas de se graver profondément dans la conscience paysanne (taxe ecclésiastique, casuel, entretien de l'église et de l'école, dîme, etc.). La machine d'État des Habsbourg imposa à la paysannerie des charges extrêmement lourdes. A partir de 1715, le service militaire fit peser sur la paysannerie pauvre un fardeau de plus en plus lourd. Les contacts avec les troupes étrangères stationnées en Hongrie grevaient, eux aussi, la paysannerie. Le forspont et la portio, c'est-à-dire l'obligation de fournir des attelages et de pourvoir en nature et en espèces aux besoins de la troupe, voilà les plus lourdes charges qui frappaient la paysannerie. Les prestations