Századok – 1955

Krónika - A történészfront hírei - 530

546 RÉSUMÉ : suite, en raison de l'entrée en jeu des forces sociales nouvelles et de l'aggravation des antagonismes entre oppresseurs et opprimés, la crise des classes dominantes prit un caractère chronique. Dans les premières années du XXe siècle, les luttes de la classe ouvrière hongroise étaient marquées du sceau de la crise économique. Le nombre des chômeurs croissait avec une extrême rapidité, et les salaires des travailleurs diminuaient. Avec, à sa tête, le prolé­tariat de la grande industrie, la classe ouvrière s'efforçait d'entraver l'altération rapide de ses conditions de vie. Aux grandes grèves des années 1900 et 1901 vinrent s'ajouter les manifestations de masse des chômeurs, manifestations réprimées sans pitié par le gouvernement. Les informations concernant l'essor du mouvement révolutionnaire de Russie contribuèrent dans une large mesure à l'intensification des luttes de la classe ouvrière. En 1902 et 1903, les mouvements s'élargirent, et l'on vit se déclencher des grèves affectant des branches industrielles et des villes entières. L'essor que le mouvement ouvrier connut au début du siècle était caractérisé avant tout par le fait que même dans les conditions engendrées par la crise économique, l'on vit se renfrocer la lutte économique, les mouvements de grève. La vague de grèves avait également pour caractéristique que la plupart des grévistes se recrutaient parmi les ouvriers non syndiqués, parmi les couches et dans les entreprises négligées par le Parti social-démocrate. Autre trait caractéristique essentiel : le mouvement se renfor­çait au point de vue de l'organisation. Au tournant du siècle, le déclin temporaire du mouvement paysan céda bientôt le pas à une reprise des activités. En effet, avec le déploiement de l'impérialisme, la situa­tion des masses laborieuses paysannes était devenue plus pénible encore. La grande pro­priété terrienne s'attaqua avec plus de violence encore aux conditions de vie de la paysan­nerie travailleuse, et surtout à celles de la paysannerie pauvre, et, de plus, la paupérisation se trouva aggravée par des facteurs nouveaux, tels que l'agiotage des monopoles du capital financier, l'introduction de prix industriels monopolistes, la pénétration de plus en plus profonde de l'agriculture par le capital financier, et, en conséquence, l'accrois­sement des charges grevant la paysannerie. Au cours des dix années qui suivirent le tour­nant du siècle, les exploitations paysannes s'endettèrent plus que jamais, et l'on enregistra une prolétarisation particulièrement rapide des couches inférieures de la paysannerie. A partir de 1903, la paysannerie laborieuse rengagea un violent combat contre le régime des gros propriétaires et du capital financier. Les centres des mouvements en question s'étaient formés dans les régions centrales et méridionales de la Grande Plaine hongroise. En 1903 et 1904, l'agitation de la paysannerie devint particulièrement'profonde. Après une pause de cinq ans, on vit renaître en 1903, dans de vastes régions, les grèves de mois­sonneurs. Pour la plupart, ces grèves furent couronnées de succès, ce qui est d'autant plus significatif que, pour protéger la grande propriété, les autorités avaient engagé la gendarmerie, et même la troupe. L'essor du mouvement paysan était caractérisé avant tout par l'influence des luttes du prolétariat de l'industrie, de même que par le fait qu'il n'exprimait plus uniquement les revendications des travailleurs agricoles et de la paysan­nerie pauvre mais, aussi celles de la paysannerie tout entière, et surtout la distribution des terres. Enfin, une autre caractéristique de l'essor : celui-ci se manifestait pour la plupart dans les régions nationalitaires ou habitées par des nationalités mixtes. Dans ces luttes, la couche inférieure de la paysannerie, c'est-à-dire la couche paysanne la plus opprimée, demeura, en alliée fidèle et combative, groupée autour de la classe ouvrière. Bien que la majorité de la paysannerie possédant des terres subît déjà l'influence des partis politiques des propriétaires terriens et de la bourgeoisie, les mouve­ments paysans du tournant du siècle ont démontré qu'outre les masses travailleuses de la paysannerie possédant des terres, en de nombreux endroits, la paysannerie aisée était susceptible, elle aussi, d'être ralliée à la lutte antiféodale. Tout ceci était particulièrement significatif au point de vue des possibilités de la création de Valliance de la classe ouvrière et de la paysannerie. En ce qui concerne la lutte des classes opprimées, la création de l'alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie, de même que la préparation de la révolution bourgeoise-démocratique mûrissante, le cractère et la tactique du parti de la classe ouvrière ont une importance particulière. Jusqu'au bout, le développement du mouvement social-démocrate de Hongrie était fortement influencé par le Parti social-démocrate autrichien qui, conformément à ses chefs appartenant à l'aristocratie ouvrière s'éfforçait de sauvegarder la Monarchie et appuyait la bourgeoisie impérialiste autrichienne. Le Parti social-démocrate autrichien refusait de prendre acte de la dictature du prolétariat, problème le plus essentiel de l'en­seignement marxiste et, en ce qui concerne la question nationale, d'importance capitale pourtant, il prônait une »variante affinée« du nationalisme. Au lieu d'éxiger le droit

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