Századok – 1951
RESUMÉE - 304
304 RESUMEE la production entraîna l'augmentation des travaux de surface exécutés par les serfs dans les mines et dans les forges et imposa de nouvelles charges sans cesse croissantes aux paysans. Cette situation fut aggravée par la limitation de plus en plus sévère de '/utilisation des forêts par les serfs. L'exploitation entama le produit nécessaire des serfs et la paysannerie y réagit par l'intensification de sa lutte de classe. En 1819, le mouvement dirigé par les mineurs de Bucium, fut sur le point de se transformer en révolte. L'étude nous présente d'une façon instructive les antagonismes qui opposèrent les diverses couches de la paysannerie, la paysannerie pauvre et la paysannerie riche, mais elle nous montre que ces antagonismes ne les empêchèrent pas de lutter en commun contre les oppresseurs. Les représentants des autorités féodales privées (le comitat, le gubernium de Transylvanie) et ceux des autorités fiscales de Vienne (le domaine, le Trésor) se disputèrent la meilleure part des produits résultants de l'exploitation de la paysannerie. Cependant, au seuil de la révolte, les féodaux mirent de côté leurs divergences, et, efforts réunis, ils étouffèrent à l'aide de l'armée le mouvement des mineurs, La lutte continua après la répression jusqu'en 1848, quand la révolution liquida le féodalisme et ouvrit une nouvelle période dans l'histoire de la paysannerie. ENDBE KOVÁCS: Mickiewicz et la guerre d'indépendance hongroise. Le 15 mars 1849 parut le premier numéro de la Tribune des Peuples (Trybuna ludow), journal de Mickiewicz publié à Paris. Pendant toute son existence, ce journal a servi l'idée de l'union des peuples et de la lutte commune contre la tyrannie. On sait dans quelle mesure les grands événements politiques du „printemps des peuples" avaient contribué au renforcement de l'esprit militant de Mickiewicz. Il n'est donc pas surprenant que le rédacteur de grande réputation de la Tribune se tourne avec un intérêt très vif vers les événements qui se déroulent en Hongrie dans la première moitié de l'année 1849. Cet intérêt, au lieu de diminuer, augmente sans cesse. Il n'y a que peu d'événements d'ordre international qui, dans ses articles, ne soient liés à la guerre d'indépendance hongroise. Mickiewicz attribue une importance primordiale aux efforts héroïques du peuple hongrois. Il sait que le mouvement d'indépendance hongrois ne constitue qu'une partie de la lutte générale des peuples et que la victoire du peuple hongrois pourrait avoir une influence décisive sur la situation de l'Europe entière. Mickiewicz se rend parfaitement compte des désavantages qui résultent du fait que les différents peuples luttent isolément pour leur indépendance. C'est pourquoi il réitère ses appels à l'union des peuples. A partir de mars 1849. la Tribune des Peuples s'occupe sans cesse des événements militaires de la guerre d'indépendance hongroise et des préparatifs de l'intervention tzariste. Dans son article du 23 mai, Mickiewicz estime que le nombre de l'armée tzariste atteint 500.000 hommes. Il s'occupe des conséquences militaires possibles d'une intervention dont l'échéance s'approche et, à ce propos, il parle de la menace qui pèse sur l'Italie. (Dans le cas où l'armée tzariste envahit la Galicie, l'Autriche peut se ruer sur les mouvements d'indépendance italiens.) Dans plusieurs de ses articles, Mickiewicz attire l'attention sur la collaboration de la réaction européenne et sur le caractère réactionnaire de la politique extérieure française. C'est surtout après le 14 avril (date de la proclamation de l'indépendance hongroise) que les articles se rapportant aux événements de Hongrie deviennent de plus en plus nombreux. Commentant les menaces d'interdiction proférées par le gouvernement français contre la Tribune des Peuples, Mickiewicz prend, le 20 avril, courageusement position pour les peuples luttant contre les tyrans. Dans cet article, l'auteur déclare que ce sont „les moments des plus grands efforts de lutte" et mentionne les nouvelles de Hongrie comme autant de marches qui annonçent les victoires hongroises et dont la voix pénètre jusque dans la rédaction de la Tribune. Dans le numéro du 22 avril de la Tribune, paraît l'Appel aux Hongrois: dans cet appel enflammé Mickiewicz, s'adressant aux combattants hongrois de la liberté, exprime d'une façon puissante son optimisme révolutionnaire. Il encourage les soldats hongrois — qu'ils considèrent comme „les combattants de toutes les nations opprimées" — à lutter jusqu'au bout. L'Appel passe en revue les champs du bataille européens, enregistre les combats et les pertes des différents peuples (Polonais, Allemands, Italiens) et invite les Hongrois, avec des paroles pleines d'enthousiasme, à mener la lutte jusqu'à la victoire finale. ,,La reconnaissance des nations va vous accompagner, leurs espérances vous montreront le chemin'' — écrit-il dans l'Appel. En mai 1849, il croit encore fermement à la victoire de la révolution hongroise; il suit avec une vive attention les événements et s'occupe des