Századok – 1951

KRÓNIKA - 285

RESUMEE à Szentbenedek les Kouroutz remportèrent une victoire considérable sur les troupes sicules (Hongrois de Transylvanie) de Rabutin. A l'époque du séjour de Rákóczi à Doma­hida, les Allemands de Szatmár tentèrent de réoccuper la ville de Nagybánya, mais sans succès. Revenu près de Szatmár, Rákóczi ordonna l'assaut et, le 28 septembre, il conquit la ville; le 4 octobre, il dirigea un autre assaut contre la forteresse, mais il ne réussit pas à la prendre. Etant donné qu'à cette époque déjà le centre de gravité des opérations se déplaça dans la Haute-Hongrie, Rákóczi confia la conduite des opéra­tions militaires contre Szatmár au général Sennyey et, le 9 octobre, il se mit en marche afin de préparer le siège de Tokaj. Avant son départ, il publia, le 28 septembre, un décret concernant le problème des serfs: les serfs qui luttèrent dans les rangs de l'armée, de même que leurs femmes et leurs enfants mineurs, furent exemptés d'impôts et de toutes les charges seigneu­riales. Ce décret régla les problèmes du rapport entre les serfs et les nobles. On en avait besoin, car la noblesse se rallia au soulèvement. Ainsi fut réalisé le projet social de Rákóczi: l'alliance des serfs et des nobles donna naissance à l'union nationale. Examinant le développement de la question paysanne, l'étude suit de près le processus de la transformation d'une troupe de paysans soulevés en une armée natio­nale Kouroutz grâce à l'activité organisatrice de Rákóczi et au ralliement de la noblesse. IMRE RÉVÉSZ : Contribution à l'histoire de l'inïluence du socialisme utopique oïl Hongrie. C'est au début des années 1830 — qui marquent le commencement de la période des réformes bourgeoises démocratiques — qu'on s'intéresse, en Hongrie, aux idées des grands socialistes utopiques. Des comptes-rendus, des études sont publiés qui reflètent tous le point de vue de la bourgeoisie progressiste en face des problèmes sou­levés par le socialisme utopique. On y trouve moins de compréhension à l'égard de ces idées que des prises de position purement négatives. Cependant, Miklós Jósika, romancier extrêmement fécond et très populaire de l'époque, présente d'une façon sympathique, dans deux de ses nouvelles (parues en 1844 et en 1847), le phalanstère de Fourier tel qu'il serait réalisé — d'après l'auteur — par des Hongrois. C'est au seuil même de la révolution hongroise en 1847/48, que fait entendre sa voix le premier porte-parole hongrois du socialisme utopique, un jeune pasteur protestant nommé Péter Litkei Tóth (1813—1878). Il expose dans une longue série d'articles parue dans la presse périodique protestante son idée centrale d'après laquelle „la période de la civilisation touche à sa findet le monde se trouve au seuil d'une nouvelle période, de celle du socialisme". Cest, d'une part, l'étude de Hegel et, de l'autre part, celle de Fourier qui a contribué à la naissance de cette idée: Litkei a pu lier la conception dialectique de l'histoire aux objectifs du phalanstère. Pasteur et hégélien d'avant Marx, il a adopté naturellement une conception idéaliste du monde, mais il est resté fidèle pendant toute sa vie à certains enseignements d'Holbach dont il a lu. dans, sa jeunesse, les oeuvres avec un grand enthousiasme. Dans sa vieillesse même, il a présenté les matérialistes comme des modèles dignes d'être suivis à beaucoup d'égards par les chrétiens! La série d'articles que nous avons mentionnée est restée sans écho pendant la révolution et sous l'absolutisme des Habsbourgs qui l'a suivie. Litkei ne fut persé­cuté ni par l'Etat ni par l'Église, ce qui s'explique avant tout par le fait qu'il n'a déployé aucune activité politique ni pendant la révolution ni après. Cependant il a été toujours considéré comme un excentrique suspect, car il est resté fidèle aux idées du socialisme utopique, et à l'appréciation positive du matérialisme. Plus tard il a quelque­fois exposé ses idées bien qu'avec les atténuations propres à l'époque de François-Joseph. Même les dirigeants d'esprit plus progressiste de l'Eglise l'ont considéré avec méfiance à cause de ses idées. A cette époque, entre 1840 et 1870, le protestantisme hongrois a adopté de plus en plus la conception sociale des éléments féodal-capitalis­tes et koulaks dont il avait besoin pour l'entretien des Eglises et des pasteurs. La grande majorité des pasteurs protestants a vécu à cette époque dans une pauvreté proche à la misère. Cependant cette situation n'a pas développé en eux le penchant et la compréhension envers le socialisme, mais plutôt une attitude servile envers les pro­tecteurs féodaux et bourgeois de l'Eglise. De ce point de vue Litkei fut également une exception: quand en 1874, dans une assemblée ecclésiastique d'un esprit d'ailleurs assez progressiste, on lui reprocha d'avoir des idées identiques à celles des Commu­nards de Paris, il admit la justesse de cette comparaison — mais, étant vieux et malade, il ne s'engages pas dans une lutte plus ouverte. En Hongrie son cas est presque unique t

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