Századok – 1949

Manhattan; A.: A Vatikán a haladás ellen (Ism.: Márkus István) 357

392 BESTTMÄE I. DARVAS: Souvorov et son armée en Hongrie. Ecrite à l'occasion du 150e anniversaire de la mort de Souvorov, l'étude nous pré­sente d'abord un portrait sommaire du génial chef militaire dont l'activité fit époque dans le développement de l'éducation militaire et de la stratégie russes. Elle examine ensuite des documents hongrois jusqu'ici inconnus qui se rapportent à la personne de Souvorov et à sa dernière campagne. L'auteur s'occupe particulièrement d'un ouvrage sur Souvorov publié encore de son vivant, en 1799. par les Presses Universitaires de Bude (Buda). Ce fait prouve que les Hongrois de cette époque témoignèrent un très grand intérêt et une vive sympathie à l'égard du chef militaire russe. Lors de la guerre de coalition déclenchée contre l'es Français en 1799, une partie de l'armée de Souvorov traversa la Hongrie et sa capitale. Une colonne composée de 11 000 hommes se dirigea vers les champs de bataille de l'Italie. Le peuple hongrois fit partout un accueil très chaleureux et amical aux soldats russes. Leur passage à travers la Hongrie dura à peu près un rr.ois. La partie documentaire de l'étude, où l'auteur publie des art'cles de presse en extraits ou en entier, n'a pas la prétention de donner un tableau complet de ces événements. On pourrait encore faire de découvertes intéres­santes si l'on entreprenait de nouvelles recherches surtout dans les archives militaires soviétiques et dans la presse russe de l'époque, J. VÉGH: Le mouvement des mineurs hongrois des environs de Pécs en 1893. Vers la fin du XIX e siècle, l'antagonisme de classes revêtit en Hongrie aussi un caractère de tension aiguë. Dans les années 1890, la classe ouvrière commença à mener toute une série de luttes véhémentes contre les exploiteurs capitalistes. Célébrant pour la première fois la fête du travail, 60 000 ouvriers défilèrent à Budapest le l31 ' mai 1890. En même temps, les centres ouvriers de province s'agitèrent et les prolétaires agraires et les paysans pauvres reprirent leur lutte dans la Grande Plaine Hongroise. A la même époque, les mouvements des mineurs éclatèrent avec une véhémence accrue. Dans l'industrie minière des sociétés anonymes avaient été fondées. Ce capital, étroitement iié au cap tal bancaire, s'est servi des moyens les plus cruels pour exploiter les mineurs. Leur salaire variait entre 0'30 et 1 '50 florin; toutefois, le salaire moyen n'atteignait — dans le cas même des abatleurs — que 60 ou 70 krajcár. La journée du travail se composait de 12 heures, mais on a saisi tous les prétextes pour la prolonger. Le salaire n'était payé que dans de longs intervalles, et, le jour de la paie, il y avait des ouvriers qui, à cause de toutes sortes de réductions effectuées à divers titres, n'obtenaient rien ou quelques krajcár seulement. Le système du travail à la tâche qu'on a appliqué dans les mines, a entièrement livré les ouvriers à l'exploitation avide des capitalistes. Il faut encore ajouter à tout cela le caractère extrêmamrnt dangeureux du travail: la mine exigeait chaque année ses victimes et souvent des catastrophes bouleversantes s'étaient produites. Les barons des mines, dans leur chasse effrenée au profit, ont négligé délibérément les mesures et les inslallations de sécurité. En même temps, ils ont empêché les ouvriers h s'organiser pour pouvoir défendre leurs intérêts. Les „caisses de secours" se trouvaient dans les mains des capitalistes et de l'inspection générale des mines. Tout mouvement de grève fut qualifié d'acte de „violence contre les particuliers". C'est dans des conditions aussi difficiles que fut déclenché le premier mouvement de grande envergure des mineurs hongrois. En mai et juin 1893 3000 mineurs, exploités par des n'élhodes colon'a'istes dans les mines d'es environs de Pécs appartenant à la Société Autrichienne de Navigation, cessèrent le travail. Le cahier de revendications des mineurs, réclamant un salaire et un traitement honnêtes, fut rejeté par la direction. L'Etat bourgeois fit marcher toute une armée contre le village Szabolcs, centre des grévistes. Les mineurs luttèrent avec courage jusqu'au moment où ces „ouvriers agités et exaspérés" — comme le dit un rapport „prudent" de l'inspecteur des mines, Kauf­mann — ,,ne furent chassés du village par la force armée". Ainsi, en 1893 le mouvement des mineurs des environs de Pécs a échoué. La cause essentielle de cet échec fut le manque d'un organisme, d'un parti militant et révolutionnaire qui eût pu diriger le combat. Cependant cette défaite momentanée ne signifie nullement que le mouvement des mineurs ait été inutile. C'est dans des luttes semblables que les mineurs ont été trempés et rendus capables de renverser le pouvoir des barons des mines et de commencer l'édification du socialisme sous la direction du Parti.

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