Századok – 1949
Manhattan; A.: A Vatikán a haladás ellen (Ism.: Márkus István) 357
388 besumée bourgeois du XIXe et du XX s siècle (A. Szirmay, V. Fraknói, E. Mályusz). Les démocrates hongrois du XIX1' siècle ont considéré ce mouvement comme un exemple à suivre et comme une tradition progressive de la nation. Les libéraux ont bien vu l'aspect progressif du mouvement, mais ils étaient incapables de réfuter les allégations de l'historiographie réactionnaire. Leurs illusions libérales nourries à l'égard des Habsbourg les a empêchés de nous donner une image précise de l'arrière-plan historique du mouvement. En outre, ils se sont efforcés de présenter les faiblesses du mouvement comme des arguments propres à justifier leur propre politique opportuniste, c'est ce qui les a amenés à glorifier les hésitations des premiers républicains hongrois. On a essayé de renouveler cette tendance même après la libération (Barabás). Dès la fin du XXe siècle l'historiographie réactionnaire s'est fixée comme but de réfuter — un grand appareil scientifique à l'appui — les ouvrages des historiens progressistes et de dénigrer le mouvement républicain. Dans leur lutte contre les forces du progrès, ces réactionnaires, ont considéré comme nécessaire de détruire les traditions de ces forces. C'est pourquoi ils ont essayé de prouver que les premiers républicains hongrois n'étaient que des . aventuriers" politiques, des agents secrets sans principes, prêts à servir n'importe quel régime. Les représentants de cette tendance ont réussi à répandre leurs idées nuisibles dans un public très vaste surtout pendant la période contre-révolutionnaire, et ils ont ainsi relégué à l'arrière-plan la conception des historiens démocrates du XIXe siècle. C'est à l'historiographie matérialiste qu'incombe la tâche de donner, à l'aide de la critique des sources et d'une analyse précise des conditions de l'époque, une appréciation juste du premier mouvement républicain hongrois. On ne doit pas chercher des excuses pour les fautes qu'il a commises, comme l'ont fait les libéraux, au contraire, il faut adopter une attitude critique à son égard. Cependant cette critique ne doit pas procéder d'une conception de droite, comme c'était le cas des réactionnaires qui ont dénigré les premiers républicains, parce qu'ils étaient des démocrates et des matérialistes, elle doit être faite d'un proint de vue de gauche et par conséquent elle doit démontrer qu'ils n'étaient pas de démocrates et de matérialistes asséz conséquents. Une fois celte critique formulée, il faut souligner la grande importance historique du mouvement et il faut mettre en relief les mérites ineffaçables de ses dirigeants qui étaient les premiers en Hongrie d'avoir critiqué la société féodale et d'avoir propagé l'idéologie bourgeoise et républicaine-V. EMBEB: L'exécution d'Etienne Oláh à Orosháza en 1848. En 1848, la paysannerie hongroise a essayé en plusieurs endroits d'améliorer son sort par voie révolutionnaire. La libération des serfs proclamée en 1848 ne pouvait apporter remède à beaucoup de griefs de la paysannerie. Sa principale revendication était de récupérer les terres, les prés et les pâturages enlevés aux paysans par les classes possédantes au cours de l'accumulation primitive des capitaux, pendant les quelques dizaines d'années précédentes. Dans le comitat de Békés — de même que dans let autres* parties du pays — les paysans ont procédé, au cours du printemps et de l'automne 1848, à l'occupation des terres. Dans le comitat de Békés c'étaient les mouvements paysans de l'automne qui ont pris des dimensions considérables. Ainsi les paysans d'Orosháza, bourg qui se trouve dans le comitat mentionné, ont réoccupé la pousta Csákó appartenant à la famille des comtes Károlyi. Le gouvernement a envoyé un détachement important à Orosháza; ce n'est qu'ainsi qu'il pouvait étouffer le mouvement de la paysannerie. En même temps, le gouvernement a nommé un commissaire spécial pour celte région. C'est à ce moment qu'arriva à Orosháza Etienne Oláh, libraire ambulant qui vendait des publications populaires, des brochures défendant la cause de la paysannerie. Oláh se déclara ouvertement en faveur des paysans et fit appel aux habitants d'Orosháza de rester fidèles à la cause des paysans et de ne pas accepter les mesuras imposées par le commissaire gouvernemental. Le commissaire fit arrêter Oláh, il fut traduit devant la cour martiale qui le condamna à mort pour appel à l'insurrection. Le jugement fut exécuté sans délai: Oláh fut pendu. Les paysans qui avaient joué des rôles plus ou moins importants dans le mouvement furent condamnés à des peines de prison. Le mouvement des paysans d'Orosháza est une des manifestations de la lutte de classe menée par la paysannerie hongroise; Oláh est un des martyrs de cette lutte.