Századok – 1948
Klima; J. Arnošt: Počatky českého dělnického hnuti; Rok 1848 v. Čechách (Ism.: Kovács Endre) 382
410 rrsi'mée conservé leur valeur jusqu'à nos jours et qui pourraient être considérées par nous comme dignes d'être suivies. On sait que l'historiographie officielle constilue toujours et partout une sorte de monopole exercé par la classe dominante. Dans un pays comme la Hongrie d'avant 1945 où ce rôle fut joué par une couche privilégiée devenue de plus en plus anachronique par suite de l'évolution historique, l'historiographie dictée par cette couche sociale devait fatalement donner une particulièrement faussée du passé. En effet, l'historiographie hongroise officielle — surtout sous le régime contre-révolutionnaire de Horthy — s'est mise avec une brutalité inouïe et sans aucun camouflage, d'une façon directe et concrète au service des classes dirigeantes qui se sont opposées de plus en plus ouvertement à l'évolution et qui ont perdu petit à petit tout contact avec les grandes masses de la nation. Ce fait devait avoir de graves conséquences en ce qui concerne l'authenticité et le niveau scientifique de cette historiographie. En face de cette situation, nous devons déclarer — quelque soit la gravité de cette constatation — qu'à plusieurs égards et notamment dans les domaines les plus importants, nous autres historiens et la Société Historique tout entière devons reprendre le travail dlès le début. Il faut que nous sachions qu'en Hongrie on ne peut pas même parler d'une historiographie bourgeoise au sens propre du mot, puisque l'historiographie officielle y est restée jusqu'aux derniers temps une historiographie d'inspiration avant tout féodale et cléricale qui ne voulait même pas reconnaître les thèses fondamentales do la conception bourgeoise de l'histoire. Elle a nié le principe de l'évolution sociale, elle voulait ignorer délibérément la division en classes de La société, elle a séparé le développement historique de la Hongrie de l'évolution européenne, elle a essayé de justifier avant tout l'utilité du système des grandes propriétés et de la classe des propriétaires fonciers, elle a écarté de ses recherches l'examen de l'histoire des mouvements dirigés contre la féodalité par les masses populaires et elle a négligé l'étude de l'époque moderne et surtout celle de l'époque contemporaine. Par conséquent, l'historiographie hongroise n'était pas capable d'élucider les problèmes de l'évolution de la société hongroise et de découvrir les vrais mobiles de ses grands tournants. Au fait, elle à écarté les problèmes les plus ardus et voulait expliquer nos catastrophes nationales et notre retard fatal sur les autres pays par des facteurs purement extérieures-comnie p. ex. notre position géographique défavorable ou la supériorité numérique de l'ennemi. D'autre part, cette historiographie a refusé d'attribuer un rôle quelconque dans la formation du destin de la Hongrie aux forces sociales intérieures. Cependant le sort du peuple hongrois a suffisamment prouvé que si nous avions liquidé la féodalité et si nous nous étions engagés dans la voie de l'évolution bourgeoise à un moment propice, notre peuple aurait pu éviter un grand nombre de malheurs. En dépit de ce fait incontestable, l'historiographie officielle a soutenu que la Hongrie avait déjà fait trop de progrès dans le chemin de l'évolution bourgeoise. Les expériences de plus d'un siècle ont largement prouvé que la révolution de 1848 avait commis une erreur fatale en renonçant à la poursuite de la lutte contre la féodalité. Or, nos historiens, dans leur majorité, s'efforçaient à prouver à rencontre de ce fait, que la guerre d'indépendance et la révolution n'étaient qu'une erreur historique, une aventure sanglante. En outre, c'est également un fail historique que le second terrible malheur qui s'est abattu sur notre peuple était dû à sa situation de peuple colonial. Nous en subissons encore aujourd'hui les conséquences néfastes tant au point de vue économique que politique et culturel, et nous avons encore beaucoup à faire pour iious en débaresser. Par contre, l'istoriographie hongroise a fait l'éloge de la dynastie des Habsbourg et de sa politique coloniale. On connaît les dommages que l'orientation allemande de notre politique extérieure nous a causés, et pourtant nos historiens n'ont pas hésité à présenter cette orientation comme la seule voie possible.