Drăgan, Ioan (szerk.): Mediaevalia Transilvanica 2001-2002 (5-6. évfolyam, 1-2. szám)
Etnie şi confesiune
Le culte de la croix au cœur de l’ensemble peint à Săntămarie Orlea 69 datation particulièrement haute des peintures de la nef de Sântămărie Orlea, au début du 14e siècle, tandis que les ensembles alentour qui présentent aussi des caractères byzantins, datent essentiellement du 15e siècle19. Le problème de la signification de l’ensemble n’a jamais été réellement envisagé, alors que les images, en dépit d’un désordre apparent, semblent bien répondre à un projet déterminé20. L’histoire de l’édifice permet de considérer les peintures de la nef comme constituant un ensemble cohérent, réalisé par un seul atelier sur l’initiative d’un ou plusieurs commanditaires au début du 14e siècle. Cet ensemble forme donc une entité homogène, sur laquelle les peintures plus tardives se greffent et dont elles modifient l’orientation de lecture (apôtres du chœur). Sur la base des peintures conservées, est-il possible de formuler des hypothèses concernant le message que l’ensemble peint dans la nef transmettait de l’histoire du Salut ? Quels indices fournit-il sur son inscription dans un courant spirituel ? Dans quelle mesure ces indications nous permettent-elles d’appréhender les mentalités des commanditaires ou donneurs d’ordres? Disposition du décor. Au-dessus d’un registre de draperies feintes, l’ensemble peint dans la nef s’organise autour des récits de la vie de la Vierge et de la vie du Christ, se clôt par le Jugement dernier et est complété par plusieurs images isolées. A l’origine, la composition narrative était disposée sur trois registres sur les murs gouttereaux, dont deux seulement sont conservés dans leur totalité. Les scènes qui entourent l’arc triomphal, bien que fortement dégradées dans le registre supérieur, sont encore identifiables. Quelques fragments subsistent aux registres supérieurs des deux murs, où l’on distingue uniquement la Majestas Domini au centre du mur sud21. La disparition de ces scènes entrave l’appréciation d’un programme unifié mais n’empêche cependant pas de déceler, à partir de l’observation des autres registres, l’existence d’un réseau de relations qui assurait la cohésion de l’ensemble et qui révèle l’intervention d’une forte personnalité. Le récit de l’Enfance de la Vierge se déroule sur le registre inférieur du mur nord dans un mouvement d’ouest en est progressant vers le chœur. Il débute 19 Les peintures de l’église orthodoxe de Strei (Zeykfalva) remontent certes aux années 1313-1314 mais leur exécution ne présente aucun point commun avec les peintures de Sântămărie Orlea, puisqu'elles signalent un processus contraire de pénétration d’éléments italiens dans cette région. Cet ensemble précis est en cours d’étude par Elena Dana Prioteasa (Cf. Western Influences on the Iconography of Medieval Orthodox Painting in Transylvania. Murals in the Sanctuaries, MA dactyl., CEU, Bp., juin 2002, p. 14 et ss.). 20 Anca Bratu indique rapidement les trois grandes thématiques qui structurent les peintures: la mise en valeur de l’essence divine du Christ (cycle christologique du mur nord), la sainteté de la Mère de Dieu (cycle mariologique du mur nord et Koïmesis du mur sud), ces deux thèmes accentuant l’idée de l’Incarnation, condition essentielle de la Crucifixion, représentée dans l’axe de l’édifice, thème qui s’achève dans une ambiance eschatologique (Jugement dernier du mur sud). 21 Du registre supérieur du mur nord restent uniquement quelques fragments de silhouettes. Sur le mur sud, le dessin d’ensemble exécuté en 1873 par Ottó Sztehlo garde la trace de fragments à peine plus étendus que ceux qui sont encore aujourd'hui visibles (Budapest, K.ÖH, tervtár, FM455/a).