Drăgan, Ioan (szerk.): Mediaevalia Transilvanica 2000 (4. évfolyam, 1-2. szám)
Cruciada Târzie
52 Emmanuel C. Antoche Le 25 septembre avant l’aube, Sigismond se présenta au camp de la chevalerie française pour convaincre ses alliés d’accepter le plan qu’il avait envisagé à la veille en compagnie du prince de Valachie, du voivode de Transylvanie et des autres capitaines du contingent hongrois. La scène nous fut décrite dans la chronique du Religieux de Saint-Denys: “Le lendemain, avant le lever du soleil, le roi de Hongrie se rendit seul à toute bride dans le camp des Français, les informa de cette nouvelle98, et les supplia encore une fois de placer à l’avant-garde les quarante mille hommes d’infanterie qu’il avait amenés avec lui. Les plus sages appuyaient cette proposition. Mais le connétable et le maréchal repoussèrent leur avis avec plus d’acharnement, et s’emportèrent jusqu’à leur dire d’un ton insultant: Puisque de vaillants hommes que vous étiez, vous êtes devenus temporisateurs, laissez aux plus jeunes le soin de combattre. Fos paroles sentent la peur et la lâcheté. Le roi, déplorant cette obstination, se retira pour ranger son armée en bataille. Il pressentait bien qu’une entreprise, commencée la veille sous d’injustes et de funestes auspices, n’aurait qu’une mauvaise fin.”99 Schiltberger affirme en échange que la proposition de la première attaque concernait plutôt le prince de Valachie que “les quarante mille hommes d’infanterie”, évaluation sans doute fortement exagérée. Quant à la réplique du commandement français, elle fut donnée par Jean de Nevers qui avait répondu qu’en tenant compte du fait qu’il avait amené de loin une armée de six mille hommes avec des grosses dépenses, c’était à son honneur de mener la première charge contre les forces ennemies100. Aussi importante nous semble la relation postérieure appartenant au moine allemand Johann Trittheim présente dans son ouvrage Annales Hirsaugienses. Même s’il reproduit la version de Schiltberger, il ajoute certains détails non dénués d’intérêt101: “Cumque inter principes oriretur contentio, qui eorum belli cocteris praeberet ducatum, Sigismundi sententia fuit preficiendum aliquem ex iliis qui et mores consuetudinesque novissent hostium et antea cum iis dimicassent. Et propterea constituit belli ducem Walachiae principem, virum bellicosum, industrium et fortem, qui saepius cum Tureis dimicans gloriose triumpharet. Joannes igitur Burgundiáé princeps nimium indignatus, quod sibi hunc honorem videret praeruptum, quem se multitudine exercitus sui et longo itinere simul et multis impensiis jure promeruisse putabat, contra voluntatem regis Sigismundi et omnium qui aderat principum cupiens sibi usurpare honorem, cum sex millibus armatorum quos adduxerat, ante omnes in bellum contra Tureas prorupit et nimis infeliciter dimicavit, ipse namque cum suorum pluribus in Turciam captivus abducitur, caeteri paene omnes quos adduxerat, ab hostibus trucidantur.”102 98 Le fait que l’armée turque se trouvait à proximité des lignes chrétiennes. 99 Religieux de Saint-Denys, loc. cit. 100 Schiltberger, loc. cit. 101 Papacostea, Mircea la Nicopol (1396): o mărturie ignorată, p. 697. Trittheim fut l’auteur de plusieurs autres écrits: Catalogus illustrium virorum Germaniae (1491), De scriptoribus ecclesiasticis ( 1494), Steganographia ( 1500), Polygraphia (1518), Papacostea, p. 696. 10/ Johannis Trithemii Spanheimensis tomus secundus Annalium Hirsaugiensium, p. 298, apud Papacostea, p. 698.