Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)

József Ruszt: Notes pous le montage de la Tragédie

c’est-à-dire Lucifer, la matière, dotée de conscience, qui se dissèque et pose la question: ,,A la fin, cette crdation-là, qu’est-ce donc?’’ S’il n’y a pas de Dieu le Seigneur, la Tragédie de l’homme est une vraie tragédie. Mais s’il y a un Dieu le Seigneur, il y a aussi possibilité de choix. Le paradoxe final de l’oeuvre, c’est que la tragédie de l’homme matérialiste n’est qu’un mélodrame. Mais, comme nous savons que nous sommes aussi, nous-mêmes, Dieu le Seigneur, nous fuyons la tragédie, c’est-à-dire que nous ne voulons pas nous rendre compte de la tragédie matérialiste et que nous recherchons dieu, dans les mêmes termes bébêtes que trouve le Seigneur pour consoler Adam dans le dernier tableau. Le pro­blème est insoluble et c’est là que réside justement le caractère génial, non pas philosophique mais dramatique, de l’oeuvre. Structure dramaturgique La sturcture dramaturgique de l’oeuvre n’est accessible que par l’intelligence de la profondeur de la pensée madáchienne. C’est créer le rite du mythe de la création et cela s’impose parce que c’est le mythe en vigueur de l’époque et aussi parce que c’est justement la cible de Madách. Mais c’est aussi un piège: refuser le mythe, c’est se priver de cible. „Et la Négation saura pousser et croître tellement que, ton monde, elle pourra l’abattre.” Qui dit cela? Qui peut dire cela? Sur la plan dramatique, n’importe qui peut le dire. Sur le plan de la réflexion, qui peut le dire et à qui? Est-ce Lucifer? Est-ce Madách? Est-ce le Seigneur? Est-ce l’expression de l’obligation d’une vision religieuse du monde? Si c’est Lucifer qui le dit, c’est Moi qui le dis et c’est à Toi, Adam, de décider si tu vas me croire. Lucifer dit à Adam qu’il n’y a pas de Seigneur, il n’y a que Toi et Moi Seulement, le Toi sans Moi cherche toujours une alternative, comme je cherche, Moi aussi, toujours une alternative. Car, il y a autant d’Adam qu’il y a d’hommes et autant d’Eve qu’il y a de femmes. L’essence, c’est moi, Lucifer et, c’est moi également le saint Esprit, c’est-à-dire le „secret” entre le Père et le Fils dans la Trinité de la mythologie chrétienne. 72

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