Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)

La Tragédie de l'homme (texte intégral)

En vous tremble une petite étincelle Déposée par quelque pouvoir géant Qui veut bien vous voir briller un instant, Comme les flots murmurants d’un ruisseau Avant de se fondre dans la grisaille Et les profondeurs de leur lit commun. Le pensée, encore engourdie en toi, Te mettrait peut-être au-dessus du ver, Au-dessus de l’aigle et des vaguelettes! Eveille-la: tu deviendras majeur. Tu connaîtras tes propres forces d’homme, Et tu pourras lucidement choisir Entre ce qui est bien, ce qui est mal, Secouer le joug de la Providence Et, de ton sort, devenir maître enfin! Mais peut-être estimes-tu qu’il vaut mieux Continuer de ramper, comme un ver, Dans la molle puanteur du fumier Et rester dans l’ignorance et l’infime? L’esclavage est confortable, après tout! On n’a qu’à suivre le guide en rampant... Moins facile, mais plus noble pourtant, Est d’oser marcher tout seul - et debout! ADAM Toutes ces grandes choses-là m’embrouillent... EVE (à Lucifer.) Moi, tout ce que tu dis m’enthousiasme! Ce sont là des nouveautés merveilleuses... LUCIFER Mais il ne suffirait pas de Connaître Pour accomplir une œuvre grandiose. 145

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