Petőfi gyüjtemény - B sorozat / 45-ös doboz

/ JÓKAI * Elle est fort touchante, l’unanimité parfaite avec laquelle la Hongrie s’apprête à fêter les noces d’or de son poète national avec la littérature.” La cour, par l’intermédiaire des archiducs, prend à cette fête un intérêt que les lettrés partagent et auquel le peuple tout entier s’associe. Celui qui provoque de pareilles démonstrations est certes un écrivain de talent, et il lui a fallu déployer bien des qualités incontestables pour avoir pu pendant cinquante ans de labeur littéraire se concilier tant de sympathies. Jôkai est avant tout un écrivain national ; il aime sa patrie, il aime la race magyare à laquelle il appartient, et dans presque toutes ses pro­ductions, on sent vibrer un sentiment patriotique très intense. La Hongrie, avec ses traditions, ses légendes, ses glorieux souvenirs, ses catastrophes, ses types originaux, lui offrait une mine inépuisable de récits pleins d’intérêt. Il sait l’exploiter et la liste de ses ouvrages formerait à elle seule un petit volume. Ce fut à l’âge de dix-sept ans qu’il remporta son premier succès lit­téraire; un prix d’un ducat récompensa une petite nouvelle intitulée : le Jugement de Dieu. A ce sujet, il s’exprime lui-même ainsi : Ce ducat et surtout la parole qui l’accompagna : « Travaillez » eurent une influence décisive sur ma vie; je n’ai jamais oublié le conseil, je n’ai jamais dépensé le ducat. El pourtant il y a eu dans ma vie un jour où je n’avais pas mangé depuis la veille et où je n’avais que ce ducat. C’était après Vilâgos; j’avais des banknotes, mais elles n’avaient plus cours ; je rencontrai heureu­sement un ami, car eussé-je dû mourir de faim, je n’aurais pas dépensé mon ducat. Il se trouve aujourd’hui encore parmi mes objets précieux. Je crois que les concours littéraires ont du bon et que les récompenses qu’ils distribuent sont capables de réveiller l’instinct créateur qui sommeille au fond de bien des jeunes esprits. Pourtant, à cette époque, sa vocation n’était pas encore bien ferme. Tout en étudiant le droit, il se croyait appelé à devenir le Raphaël de la Hongrie. Son ami Petœfl, dont il faisait le portrait, l’encourageait dans cette voie. Mais Petœfi lui-même se trompait sur sa propre vocation, il

Next

/
Thumbnails
Contents