Folia Theologica 9. (1998)
Antal Molnár: L'Eglise catholique dans la Hongrie ottomane (15e-17e siecles)
L'EGLISE CATHOLIQUE 165 diocèses, chapitres, monastères, couvents et un réseau des paroisses.5 Au 16e siècle, les institutions ecclésiastiques furent complètement détruites en Hongrie méridionale et centrale par les Turcs et assez bouleversées au Nord et à l’Ouest du pays par la réforme protestante. Les couvents et les églises des territoires occupés furent ruinés ou transformés en mosquées, le clergé s’enfuit ou mourut victime du ravage des conquérants. La réforme protestante bénéficia de ce vide et, par suite du retrait de l’Eglise catholique, gagna (surtout sous sa forme calviniste et antitrinitaire) du terrain dans la Hongrie ottomane où la majorité de la population hongroise se rallia aux Eglises réformées. La culture et l’embourgeoisement des paysans et commerçants riches des bourgades hongroises assujetties au Croissant sont absolument liés au calvinisme.6 L’expansion de l’antitrinitarisme (sa version hongroise, l’unitarisme) rayonna de son lieu de naissance, la Transylvanie, et se propagea parmi les Hongrois au sud de la Hongrie ottomane.7 A la fin du 16e siècle il y avait très peu de fidèles au catholicisme parmi la population hongroise, puisque, selon certains estimations, on en comptait à peine dix pour cent.8 L’expansion du protestantisme fut facilité certainement par l’attitude des Ottomans, qui ne suscitèrent pas d’obstacles à la diffusion des différentes branches du christianisme. L’assujetissement des chrétiens dans l’Empire ottoman est un phénomène bien connu de tout le monde. Il se manifestait sur les plans juridique, économique, social, et en général il signifiait une insécurité des conditions de vie pour les rayas. La religion chrétienne et juive (comme religions du Livre) furent tolérées dans l’Empire, mais cette tolérance pouvait toujours se modifier au gré des puissances locales. La position juridique des catholiques de la Hongrie ottomane fut assurée par les conclusions de la paix et par les firmans des sultans; les autorités locales, cependant, ne se soucièrent pas beaucoup 5 HERMANN, op. cit., pp. 19-206, passim. 6 HERMANN, op. cit., pp. 209-229; SZAKÁLY (Ferenc), Mezőváros és reformáció, Budapest, 1995, pp. 9-32. 7 BENDA (Kálmán), „Unitáriusok a hódoltság-kori Dél-Baranyában”, Baranya, 4, 1991/1-2, pp. 87-97; SZÁSZ (János), „Az Erdélyen kívüli unitárius egyháztörténet forrásai és problémái a XVI. és XVII. században”, in Egyházak a változó világban, Esztergom, 1991, pp. 255-259; BALÁZS (Mihály), „Die radikale Reformation unter der Türkenherrschaft. Die Lehren einer Episode”, in Kultura staropolska — Kultura europejska. Prace ofiarowane Januszowi Tazbirowi w siedemdziesiqtq rocznicç urodzin, Warszawa, 1997, pp. 93-103. 8 HERMANN, op. cit., pp. 218-221.